11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 09:28
Tourne tourne le temps passe, dans tes yeux devant ta glace

J'écoutais cette chanson quand j'étais toute jeune, enfant, ado, jeune fille.

C'est la vie Lily, quand tu vas dans les rues de la ville, tout le monde t'admire, et tes sourires, et ta jeunesse font rêver les soldats.

Tourne tourne le temps passe, dans tes yeux devant ta glace, mais toi tu ne le vois pas passer

(C'est du Joe Dassin comme l'an dernier) (pardon)

Je me disais que ça arriverait mais que c'était loin. Je me disais que j'y repenserai dans 15, 20, 30 ans en regardant en arrière, en repensant à cette blonde qui avait les cheveux jusqu'aux reins, des sandales blanches et des étoiles bleues accrochées à ses boucles d'oreille.

Ca passe vite. Je n'aime pas ce temps qui passe et finira bien par apporter son lot de rides, mais j'aime bien ce temps qui passe et qui apporte la paix.

Bon anniversaire à mon frère jumeau !

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 09:03
Treasure Map 2o14

La treasure map 2o14 (voir infos en bas de billet) c'était à partir du 30 mars au soir, et durant trois quatre jours, mais je vous partage la mienne (en partie) seulement aujourd'hui.

Comme il y a deux ans et comme l'an dernier, je n'avais pas envie de suivre les instructions mais plutôt de me laisser guider par mon intuition et mes envies.

Pas de grille quadrillée, donc, ni de photos, mais des ronds découpés dans des chutes de tissu en tâchant de trouver les couleurs des sept chakras (et de l'arc-en-ciel aussi d'ailleurs, sauf qu'ici c'était les chakras qui m'intéressaient). Je les ai cousues sur une feuille de papier jaune (je suis dans une période jaune depuis deux ans) les uns sur les autres, comme le long d'une couleur vertébrale, en prenant soin de laisser une ouverture en haut, de manière à former sept petites poches.

J'ai ensuite découpé des étiquettes sur lesquelles j'ai noté mes voeux / souhaits / orientations. Certaines personnes partagent leurs TM comme ça, brutes, avec les images et les mots. Moi je considère ça comme étant trop personnel pour être dévoilé totalement. Je dirai juste que la tempête, mon mot totem de l'année, en fait forcément partie (dans le sens se laisser porter par le courant, changement vers un nouvel équilibre) et que je me suis basée sur la signification de chaque chakra pour noter des mots sur mes étiquettes.

Voilà, à l'année prochaine pour une autre TM !

Treasure Map 2o14

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 14:13
Et laisser les émotions circuler

Je suis tombée sur ce texte ce matin en checkant mon flux Facebook et j'avais envie de le partager ici plutôt que sur mon mur, parce qu'il me parle dans ma tête, mon coeur et même mon corps. Il me parle aussi dans mes mots totems successifs, circulation, rouge, tempête.

"Le jour où vous vous laisserez toucher par l'émotion et que vous lui permettrez de voyager à l'intérieur de vous sans offrir de résistance ni chercher à la retenir...

Ce jour où vous ne chercherez plus à contracter les zones de votre corps visitées par cette émotion et que vous vous laisserez porter par ce flot avec la confiance du kayakiste qui descend les rapides d'une rivière sauvage...

Ce moment où vous sentirez que votre coeur ne peut que s'ouvrir face au puissant passage de cette émotion qui vous traverse comme une comète traverse le ciel...

Ce jour- là vous aurez goûté au bonheur et à la bénédiction de la libération émotionnelle"

(Lise Côté)

C'est tellement vrai, c'est tellement ça.

Quand on est traversé par une émotion négative, colère, frustration, tristesse, haine, on a tellement le réflexe de répercuter cette émotion dans notre corps, de l'y garder, de l'y emprisonner, de la cultiver. Serrer les dents, la mâchoire, froncer les sourcils, raidir la nuque, crisper les poings, comprimer le thorax et respirer seulement par le haut des poumons, pincer les narines, contracter des muscles dont on ne soupçonnait même pas l'existence... Mais que va-t-on donc faire là ? N'est-on pas en train d'emprisonner dans nos cellules une forme d'énergie négative qui va s'y loger pour se réveiller ensuite à chaque fois que la même émotion nous traverse, empruntant les mêmes chemins, provoquant les mêmes réactions fiévreuses et automatiques, balayant de rouge notre visage, nos yeux, notre coeur, notre âme, notre paix ?

Il faudrait, au contraire, laisser passer ses émotions sans les retenir. Laisser la tempête circuler.

Laisser la tempête circuler.

Pour qu'elle puisse repartir comme elle est venue. Pour qu'elle ne se loge nulle part dans le corps. Pour n'en garder nulle trace, nulle mémoire, nulle douleur.

Accueillir et laisser partir, les mains ouvertes et le corps détendu.

On devrait apprendre cela à nos enfants, au lieu de les pousser à refouler leurs émotions. Ca devrait être enseigné à l'école, au même titre que les maths ou la grammaire. Ou même avant les maths ou la grammaire. C'est comme ça qu'on grandit, c'est comme ça qu'on évolue, c'est comme ça que l'on devient des adultes équilibrés, ancrés, vaillants au soleil comme dans les tempêtes, ployant mais ne cédant pas, le sourire toujours au lèvre et dans le coeur une paix que nul ne saurait nous enlever.

Desserrez les mains. Détendez vos muscles. Ne résistez pas à la vague qui vous traverse. Posez les pieds bien à plat sur notre Terre et demandez lui de reprendre cette énergie négative. Elle le fera, elle le fait toujours si on le lui demande. Mieux : elle saura comment faire pour la transformer en quelque chose de positif.

Photo : Raquel Lopez Chicheri

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 09:19
La fille qui se prenait pour un iPhone

Ou même mieux qu'un iPhone car je suis "multifonctions simultanées", contrairement à un smartphone. Je peux activer plusieurs applications en même temps, coup de fil, cuisine, gamins à surveiller et article à rédiger, je passe de l'un à l'autre, je change de pièce en virevoltant, je réalise mille choses à la fois.

Pratique, la maman iPhone.

Seulement comme tout téléphone portable, j'ai parfois besoin de recharger ma batterie. En dormant, en faisant une pause PC, en m'accordant une sortie shopping, un plaisir manucure, un café bien serré pris seule face à la montagne ou un rooibos amande régressif à souhait, deux grosses heures de lecture les pieds en l'air contre le mur ou que sais-je, mais j'en ai besoin.

Je lis souvent que des mamans ont la conscience qui les titille dans des cas comme ça. Elles n'osent pas faire de pause, elles ont le sentiment de priver leur progéniture et leurs proches si elles ne sont pas là à 100%, 7 jours sur 7, et 24 h sur 24. Mais comment peut-on être présent à 100% si on a la batterie raplapla ? Recharger sa batterie n'a rien d'égoïste, c'est se recharger soit-même pour être là (aussi) pour les autres (mais pas que).

On a tous une bulle vitale autour de nous, une bulle d'énergie qui nous fait vivre et qui nourrit les autres. Une bulle d'amour, de force, de vitalité et de lumière qui communique avec les bulles des autres, en particulier celles de nos enfants, pour les faire grandir et en prendre soin. Mais cette bulle a aussi besoin d'être nourrie.

D'ailleurs je n'hésite pas à dire à mes enfants que s'ils veulent que je sois la maman à 100% dont ils ont besoin, celle que moi aussi je rêve d'être, et bien j'ai juste besoin de me recharger de temps en temps. Je me mets sur pause le temps d'un bain, d'un coup de fil sympa, d'une méditation parfumée ou d'une sortie en solo. Et je repars de plus belle.

Prenez soin de vos batteries, pour vous et pour les autres.

Photo : miss Navy Blue

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 09:16
Bienveillance envers autrui, bienveillance envers soi-même

Je suis tombée par hasard sur cette photo et elle m'a littéralement sauté au visage. Pas seulement en raison du cri muet de la petite fille, ni du rictus de la mère, pas même en raison de cette main cachée dont on sait malheureusement ce qu'elle est en train de faire. Non, elle m'a secouée, choquée pour une raison supplémentaire (peut-être voulue d'ailleurs ?) : la similitude entre le petite fille et l'adulte.

Même coiffure.

Même type de vêtement.

Même dentelle.

Même visage.

Même teint.

Même... personne ?

S'agit-il du même individu ? Tantôt adulte, tantôt petite fille, tantôt victime, tantôt bourreau. Totalement perdu entre ces différents états. Fêlée par son vécu, hantée de souvenirs inconscients, défaillante de souffrance, proie torturée de syndromes (mot cher à mon amoureux) qu'elle a cherchés à étouffer depuis l'enfance ?

Et si elle était là, la clé ?

Peut-être qu'au lieu de faire des campagnes de pub contre la fessée, montrer du doigt les parents qui la pratiquent ou même envisager une loi qui l'interdirait, peut-être qu'on devrait prendre chaque parent par la main et l'amener à la rencontre de lui-même, de lui-même enfant ? Peut-être qu'il faut aider chaque parent à guérir ses blessures pour pouvoir sortir de ce cercle vicieux, de cette malédiction qui se transmet de génération en génération ? Faire la paix avec le passé, pardonner. "Se" pardonner aussi. Ecouter l'enfant en soi, ses besoins, ses attentes. Le bercer et lui promettre qu'on sera le meilleur des parents possible pour lui. Et, par une sorte de ricochet magique, le devenir aussi pour son enfant.

Peut-être est-ce cela qui m'a toujours préservée d'administrer une fessée ou une gifle à un de mes enfants ? Peut-être parce que je me vois petite fille qui ne veut plus assister à l'administration d'une fessée, même légère, même "méritée" ?

Je suis allée à sa rencontre, je sais maintenant comment la retrouver et si je l'interroge, la petite fille en moi est contente et apaisée. Contente d'elle, de moi, et ça me met le sourire au lèvres. Mais elle reste sévère pour d'autres choses, elle me demande de ne pas crier, de mieux exprimer mes colères pour mieux les canaliser et de cultiver cette bienveillance que j'ai pour mes enfants envers d'autres personnes, mes amis, d'autres mamans, des inconnus, des gens qui croisent et décroisent mon chemin.

Je m'y emplois, je le lui ai promis.

L'enfant en soi tient les clés de beaucoup de choses.

Pour info, j'ai trouvé cette photo en tombant sur une actu concernant le Kansas. Une députée a déposé une proposition de loi qui permettrait aux parents, aux enseignants et aux soignants d'administrer des fessées "laissant traces, rougeurs ou ecchymoses" (comprendre donc, les maltraitances ne laissant aucune trace sont donc parfaitement légales sur les enfants.Hum). Oui je sais, mes deux bras aussi en sont tombés. J'ai du les ramasser pour écrire ce billet.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 09:21
Cousette

En décembre j'ai parlé ici de mes impressions de couturière débutante, aujourd'hui je mets quelques réalisations faites au fil de l'eau, des trousses, des protège carnets de santé, des trousses à feutres, des pochettes d'Ipad, des sacs et même un tablier que j'ai adoré réaliser. J'ai appris du vocabulaire, j'ai fabriqué mon passepoil, posé des fermetures éclair, changé l'ampoule de ma machine à coudre, demandé des conseils aux copines expertes, commandé des étiquettes à mon nom, craqué sur Petit Pan et regardé des dizaines de vidéos sur youtube. On m'a offert du tissu, un mannequin, une deuxième boîte à ouvrage et la machine à coudre prêtée et finalement devenu cadeau. J'ai plein de projets et j'adore ça. Bref, j'ai chopé le virus.

 

Si vous me suivez sur Instagram, (presque) toutes mes cousettes sont retrouvables avec le hashtag  #pinketgreen. Et si vous avez une demande particulière à me faire, mailez-moi ou pokez moi sur les réseaux sociaux.

Cousette
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 08:40
Quand j'étais petite

Je passais mon temps fourrée dans les livres. Toujours perchée sur un bout de canapé, un coin de lit ou un transat avec un bouquin qui sentait le vieux papier déniché à Emmaüs lors d'une virée dominicale en famille. Emmaüs, le Furet du Nord, les collections abandonnées des presbytères sur les pavés des braderies du Nord, c'était les principales sources d'alimentation des bibliothèques qui tapissaient le moindre recoin de notre appartement, jusqu'au plafond et jusqu'aux toilettes.

Quand j'étais petite j'adorais apprendre mais je n'aimais pas la société des autres enfants. Leur présence m'incommodait souvent, elle me faisait peur, je rentrais dans ma coquille, me contentant de l'amitié fidèle d'une copine et de l'inaltérable lien qui existait alors entre mon frère jumeau et moi.

Quand j'étais petite, j'aimais ma mère d'un amour assoiffé, inconditionnel et presque douloureux tant son absence était difficile à vivre à chaque fois qu'elle nous déposait à l'école. J'avais hâte de la revoir, j'avais hâte de retrouver mes parents.

Je me rappelle de cette journée grise de CE1 où la douleur de l'absence était trop dure. Ca n'était que pour quelques heures mais il y avait des journées comme ça, où c'était trop insupportable à vivre. J'avais demandé à aller aux toilettes, et je suis restée une demi-heure, une heure peut-être, accrochée à la rambarde des escaliers, hésitant entre le troisième et le deuxième étage, me demandant si je devais dévaler les deux étages et demi qui me restaient et ensuite courir, grimper là-bas derrière dans le lierre et les barreaux, franchir le parc, courir encore pour avaler les deux kilomètres qui me séparaient d'elle. J'imaginais la peur de ma maîtresse en découvrant ma fuite, le coup de fil à ma mère, l'angoisse, les reproches, l'incompréhension. Ca n'est que pour l'après-midi, qu'est-ce qui t'a pris ? On était fous d'inquiétude, ne refais plus jamais ça. Je me repassais tous les films possibles, toujours suspendue à ma rambarde, pleurant toutes les larmes de mon corps, implorant ma mère, maudissant mon âge si traître qui ne me permettait plus de rester dans ses jupons. Je suis remontée finalement, oui je me suis dégonflée, je n'ai voulu peiner personne, mais je me souviens en détail de cette scène, je me rappelle de mes doutes et des larmes qui roulaient sur mes joues avant que je les écrase de désespoir avec mon petit poing. Je ne sais pas à quel âge j'ai finalement grandi de ça, grandi de ma mère. Tard sans aucun doute. Parfois je me demande si les choses n'auraient pas été plus faciles pour moi si on m'avait scolarisée tôt. Quand je vois mes filles, leur appétence pour l'école et leur aisance à se faire des amis je me dis que oui, ça m'aurait peut-être fait grandir un peu plus vite, un peu moins douloureusement.

Quand j'étais petite j'adorais dessiner, peindre, jouer à la pâte à modeler, aux playmobils et aux "gens les plus riches du monde", un jeu inventé par mon frère jumeau. Mais par dessus tout ce que j'aimais c'était ma poupée, mon baigneur que j'emmenais partout avec moi, au parc, dans les magasins, à la messe. Souvent le soir je le serrais contre moi en souhaitant fort fort fort qu'il se transforme en bébé durant la nuit. A l'époque je voulais huit enfants, j'avais même choisi des prénoms, il y avait William, Marie-Alice, Georgina et Chérie. J'ai oublié les autres, ils étaient écrits sur l'un des quinze cahiers que j'ai noircis de 7 à 21 ans et qui ont fini à la poubelle un jour de crise, un jour de dispute, avec les lambeaux d'un mariage qui se terminait. Dommage. Ou pas d'ailleurs. La tempête qui balaie tout, il vaut mieux faire la paix avec elle et recommencer sur de meilleures bases.

Quand j'étais petite j'adorais nos vacances en Slovaquie, les tonnes de glaces qu'on s'enfilait pour cinquante centimes, le ruisseau glacé, les saucisses qu'on grillait en fin de journée, les randonnées qui nous faisaient râler mais dont on garde un si merveilleux souvenirs. On se faisait parfois rattraper par une pluie d'été et on dévalait la vallée en tenant par dessus nos têtes ce qu'on appelait des nénuphars géants, la rhubarbe des marées (petasis officinalis de son petit nom). C'était toujours dur de repartir, on pleurait beaucoup tandis que mon père attachait les valises sur la galerie de la Volvo.

Quand j'étais petite je ne dormais pas très bien, j'observais les lumières et les ombres depuis mon lit. Un jour je suis allée visitée une caserne de pompiers avec l'école. J'avais quoi, huit ou neuf ans ? Ils diffusaient un film dans une salle, une histoire d'incendie dans un hôpital, avec de la fumée et des morts partout. J'en ai fait des cauchemars pendant des années. Je me réveillais bouffie d'angoisse, en rentrant de vacances j'étais persuadée qu'on allait retrouver notre immeuble brûlé. La nuit je réveillais parfois ma mère discrètement, j'enviais mon petit frère qui cododotait encore.

Quand j'étais petite j'étais amoureuse de Jairo, oui le chanteur des Jardins du ciel (à la même époque ma soeur était amoureuse de Dave, donc camembert). Et puis il s'est marié, avec une fille au même prénom que moi d'ailleurs. J'étais désespoir. En cherchant des infos sur lui il y a quelques semaines, j'ai appris qu'il était argentin. Comme mon amoureux. C'est drôle non ? Avec lui j'ai refait ma vie, j'ai eu un petit garçon que je n'ai pas appelé William, j'ai arrêté d'acheter des livres pour remplir de manière compulsive le vide des murs et de mon âme et j'ai appris à dormir sans avoir peur des incendies. Les Jardins du ciel me décochent toujours un sourire, je repense avec beaucoup de tendresse à cette petite fille blonde, sensible et espiègle qui est restée au fond de moi. Je lui ai promis de cultiver l'espièglerie que j'ai étouffée pendant 35 ans.

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 09:21
Alors ce mot totem ?

Oui je sais on est déjà en février et je n'ai toujours pas partagé ici mon mot totem pour 2014. Peut-être qu'inconsciemment je me disais qu'il allait peut-être changer en cours de route, tellement je ne le comprenais pas ? Hypothèse fort peu plausible d'ailleurs vu comme il s'est imposé à maintes reprises à mon esprit et à ma vue. Il suffisait que je l'écarte un instant de ma tête pour que la vie le ramène de manière parfois totalement incongrue sur mon chemin, entendu dans la rue, lu sur un (des) statuts facebook, croisé au détour d'une phrase dans un livre. Il m'a poursuivie, j'ai accepté.

Tempête.

C'est donc lui.

Je ne trouve pas ce mot négatif, juste un peu étrange. La tempête, c'est le bouleversement d'un équilibre vers un autre équilibre. Le big bang. Le changement. Le vent qui balaie tout avant qu'on reconstruise en mieux, en plus fort. La tempête qui ôte le superflu et fait prendre conscience de l'essentiel. Après tout, ça va à la suite de mes mots précédents, circulation, rouge, tempête. Je vois les trois comme autant de résolutions positives dans ma vie, car tout est une question de regard, rappelez-vous.

Ce matin j'ai repensé à un passage de La princesse qui croyait aux contes de fée. Ca faisait trois ans que je n'avais pas ouvert ce livre mais ça m'est venu comme une évidence en allumant mon PC. J'ai donc relu le passage en question, celui où la princesse apprend enfin à nager, en plein coeur de la tempête, avec l'aide de Dolly, un dauphin.

"Si je lâche le bord du bateau, je vais me noyer, je le sais" dit Vicky.

"Voilà des années que tu es en train de te noyer alors que tu n'étais même pas dans l'eau" lui rétorqua Dolly.

Lâcher, plonger et se laisser porter, ne pas lutter contre les tempêtes de la vie ni les tempêtes intérieures, aller avec le courant, accepter, se réconcilier. Et se rendre compte que les tempêtes nous emmène pile là où on devait aller, pour peu qu'on ne se bat pas contre elles mais avec elles.

Photo : National Geographic

Livre : La princesse qui croyait aux contes de fée de Marcia Grad, éditions Ambre

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 09:18
Je suis entrée dans une église et j'ai eu envie de danser

J'ai commencé ce billet il y a plus de deux ans. Et puis je l'ai perdu lors de la mise à jour d'overblog. J'ai un peu ragé, parce que j'y tenais, puis je l'ai repris. Il fait partie des billets que je rédige en cinq, dix, vingt fois. Que je reprends, que je laisse dormir, que je relis, que je corrige, que j'enrichis. Que je ne publie jamais, parfois. Avec lesquels je grandis, aussi.

C'était donc fin décembre 2011. Je suis entrée dans la cathédrale un peu après Noël afin d'y admirer la grande crèche que j'avais vu l'année précédente, alors enceinte de mon fils. Là il avait six mois, et de ses yeux grands ouverts il regardait les lumières, les bougies, les ombres et les guirlandes qui clignotaient.

J'avais pris mon Nikon pour photographier la crèche et le sapin, mais aussi la voûte, les colonnes et l'immense croix suspendue au dessus de l'autel. J'arpentais le sol marbré qui résonnait d'un bruit si familier sous mes talons, le cri de la pierre qui vibre dans la cage thoracique d'une église. Bruit mille fois entendu sous mes souliers de petite fille, de femme, de mère, de chrétienne. L'odeur froide de l'encens, de la cire et du bois vieilli chatouillait mes narines comme un parfum d'enfance un peu mélancolique. L'écho, l'encens, les bougies, les craquements des vieux bancs d'église, l'eau froide dans laquelle j'avais machinalement trempé mes doigts, les couleurs dessinées sur le sol par la lumière qui traversait les vitraux, autant de choses si familières, si connues, si semblables à elles-même à travers mes années de vie, à travers des siècles de chrétienté.

Mais je pris conscience d'une chose très étrange. Au milieu de cet endroit si habituel à mon esprit, je me sentais... différente. Je n'aurais su dire pourquoi ni exactement comment. La cathédrale elle aussi était différente, mais je ne parvenais pas à mettre des mots sur mes impressions ni à expliquer d'où venait ce sentiment. Je regardais mon fils qui m'observait en souriant, mais il ne s'agissait pas uniquement du bonheur de le voir gazouiller là. Je regardais aussi à travers mon objectif. Cadeau de Noël, un fisheye. Je commençais à entrevoir un début d'explication. La voûte, déformée par l'oeil de poisson, prenait des allures d'infini. Ma vision filait dans tous les coins, embrassant d'un seul coup d'oeil le toit, les colonnes, les portes, l'autel, le sol même. Si je bougeais un peu mon objectif, je pouvais même voir mes pieds en même temps que le reste de la cathédrale.

Mes pieds.

Je compris soudain : j'avais envie de danser.

L'image qui me vint immédiatement à l'esprit ce fut celle de John Cage dans Ally McBeal, dansant sans complexe face au miroir des toilettes communes sur My first, my last, my everything de Barry White. Oui, j'avais envie de danser comme John Cage, là, face à l'autel et à la crèche, dans la lumière des vitraux et le silence trop solennel. En vérité, si du Barry White avait retenti à cet instant là dans la cathédrale, je me serais mise à me déhancher avec bonheur. Et croyez moi, cette idée qui germait spontanément et gaiement dans mon crâne était des plus surprenantes venant de moi.

Mais pourquoi ? Quel était donc cette émotion qui m'envahissait alors qu'une autre me quittait définitivement ?

Je n'avais plus peur. Tout simplement. Tout ce que je ressentais auparavant, la crainte de mal faire, la culpabilité d'avoir mal fait, la peur d'être punie ou même damnée, l'obligation de respecter la solennité (triste) d'une église, le recueillement servile, la déférence craintive, tout cela s'était envolé, dissout, pulvérisé. C'était même parti depuis des semaines, mais je n'en prenais conscience qu'au sein de la gigantesque cathédrale que je n'avais pas visitée depuis longtemps.

Le vide laissé par la peur avait été comblé par la joie et par une paix si profondes que je ne pouvais pas en apercevoir le fond dans le puits de mon âme. Croire en Dieu ça fait peur. Savoir Dieu, ça fait danser. I mean really, when you really sit and think about it, isn't it really, really nice. Nobody but you an me comme le chante Barry White.

Quelques semaines après je suis entrée dans l'église des Saintes Maries de la Mer pour y admirer la Vierge noire. Ma fille aînée m'a alors posé une question très étrange, elle m'a demandé "pourquoi c'est toujours triste une église". L'ancien moi, celui qui était prisonnier de tout un tas de croyances qu'on appelle "foi" se serait empressé de lui répondre que non non, ça n'est pas triste une église, c'est beau et toujours joyeux. Mais je n'étais plus la même, et ma fille avait raison. Les églises sont tristes de la culpabilité, de la peur et des ondes négatives qu'on y amène. Les pierres en sont imprégnées, le sol le crie, la lumière elle-même semble avoir été mise en veilleuse de crainte d'éclairer un peu trop violemment les paquets de souffrance, de doutes et de craintes qu'on y déverse. Evidemment je ne lui ai pas dit tout cela de cette manière, je lui ai juste dit que son impression était vraie mais qu'il n'appartenait qu'à elle et à chacun d'entre nous d'y apporter un peu de sa joie et un peu de sa lumière.

Voilà, ça fait deux ans que j'ai écrit ce billet et aujourd'hui je me dis que ce n'est peut-être pas un hasard si je l'ai perdu dans les méandres d'Overblog avant de le ressusciter. Ca peut paraître bête ou enfantin, mais tant pis : ce billet résonne chez moi avec certaines scènes que j'ai vues dans La reine des Neiges. Oui certains passages m'ont vraiment émue parce qu'ils parlaient de tout ça et de tout ce que j'ai appris au cours de ces quatre dernières années. "Mon âme s'exprime en dessinant et sculptant dans la glace et mes pensées sont des fleurs de cristal gelé. Je ne reviendrai pas, le passé est passé" chante Elsa en fabriquant une cathédrale magnifique grâce à ses pensées.

Une cathédrale ? Seriously ?

Non décidément, ça ne peut pas être un hasard.

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 10:24
Vivre avec eux

Avoir un animal ça change la vie ? Et bien oui et non. Oui parce que ça demande forcément des petits aménagements du quotidien, à fortiori s'ils sont deux à avoir rejoint notre famille, un chat, un chien. Non parce que j'ai le sentiment qu'ils se sont fondus à notre foyer comme s'ils avaient toujours été là. Je ne sais pas si c'est leurs caractères respectifs ou si c'est l'énergie de notre famille qui déteint sur eux, je ne sais pas si ça se passe toujours comme ça, mais ils sont à l'image de notre chez nous. Zen, drôles, câlins.

J'avais une crainte concernant le chaton, l'écraser par mégarde. Oui je sais ça peut paraître bête mais il était si petit quand il est arrivé ici, il pesait 250 grammes. Une barquette de beurre ! J'étais sans doute encore assez traumatisée par un incident survenu dans mon enfance. Durant les vacances, ma jeune soeur avait malencontreusement marché sur un chaton de la ferme voisine et lui avait écrasé le museau. Loin de se démonter, le fermier avait saisi le chaton pour le noyer quasiment sous nos yeux. On est d'accord : ça marque. Donc j'avais peur d'écraser mon minuscule Socrate si d'aventure il se faufilait en silence entre mes jambes pendant que je suis occupée dans la cuisine. On lui a même noué ruban et grelot, mais il les retirait sans cesse. On lui a acheté un petit collier mais même le plus petit des colliers de chat était trop grand pour son cou minuscule.

Mais finalement je n'ai jamais écrasé Socrate. Il se glisse habilement entre mes pieds, je sens rapidement sa présence et je bouge dans la cuisine sans crainte, avec un chaton qui déambule au même rythme que moi. J'ai parfois le sentiment de danser avec lui.

Quant au chiot, ma crainte concernait le sommeil (pour le chat évidemment ça n'a jamais été un souci). Elle aussi elle était si petite quand elle est arrivée, elle vivait avec ses deux parents et son frère, difficile de faire comprendre à cette petite boule de poils que désormais elle dormirait seule. Les premières nuits elle a dormi à nos côtés et de temps en temps il fallait la caresser pour la rassurer. Mais j'ai rapidement eu le sentiment qu'elle s'habituait à tout ce rituel : notre chambre, les bruits, la chaleur et puis ces mains qui la caressent quand elle en a besoin ou envie. Ca n'est pas évident de savoir ce qu'il est bon de faire, j'étais tiraillée entre l'image du bébé chien demandeur et l'image du chien de 10 ans qui continue à squatter notre chambre. Bref, il a fallu trancher. On a testé une nuit, je me suis levée au moins dix fois (pire que pour un enfant) pour la rassurer et la recoucher sur son coussin, dans le salon.

Mais Balkis est intelligente et aussi très réceptive. Elle a vite compris. La nuit suivante j'ai du me lever deux fois seulement. Et depuis... elle dort sans nous et il n'y a aucun souci. En plus maintenant Socrate et Balkis se sont bien habitués l'un à l'autre, ils dorment ensemble (ça fera l'objet d'un autre billet).

Il reste le souci de la propreté. Pour Socrate pas de souci, il va dans sa litière. Pour Balkis il y a encore du boulot. Mais chaque chose en son temps. En attendant je suis devenue la reine de la serpillière et pour un temps j'ai abandonné ma manie de marcher pieds nus, je porte des tongs. Quand vous me reverrez pieds nus, vous saurez que Balkis a tout compris.

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