Accoucher bientôt, entre appréhension et excitation

par La journaliste IT pink & green

Accoucher bientôt, entre appréhension et excitation

J'entends d'ici les amies qui me connaissent bien s'exclamer "appréhension ? Keuwaaa ? Toi qui accouches en deux secondes et demi ?".

Oui mais justement. Accoucher vite, ça veut dire accoucher intensément. A chaque minute, chaque seconde, chaque respiration, chaque contraction.

De travail progressif et apprivoisable, point. La gestion de la douleur (what ?), impossible. Compter le temps entre les contractions hahaha. Accoucher pour moi c'est comme un tsunami, un truc qui se fait dans le silence le plus total des profondeurs de la mer, qui grossit en secret et qui, lorsqu'il déboule à la surface, balaie tout sur son passage en l'espace de quelques minutes.

Non je n'ai pas le temps de "gérer la douleur" au fur et à mesure qu'elle s'amplifie, je n'ai pas le temps de me dandiner sur un gros ballon en soufflant, ni de réfléchir si je n'ai rien oublié, ni de téléphoner aux voisins pour venir éventuellement dans une heure ou deux pour garder les enfants.

Je n'ai pas le temps de vérifier les dernières affaires, de mettre en route l'application contractions sur mon iPhone ou cogiter si c'est le moment ou pas d'aller à la maternité (si je me pose la question, go go go, c'est NOW), ni d'attendre l'arrivée de la sage-femme si elle a 1 h 30 de route à faire, comme a pu le montrer la naissance de mon fils. Ca ne se passe pas comme ça pour moi. Moi je lis une histoire à mes filles sur le bord du lit, je m'attable pour manger une lasagne chèvre épinard que je ne termine pas en me disant que je n'ai pas faim ce soir, je surfe un peu sur Internet, j'écris deux trois trucs, je guette l'éclipse de lune. Et puis soudainement je me dis que c'est peut-être, oui sûrement, c'est le bon soir. Et j'accouche. Dans les minutes qui suivent. Oui madame.

La poignée de minutes qui sépare la prise de conscience et la naissance est très intense en revanche. Pour tout dire, je pense que mon cerveau (et en particulier ce fameux néo-cortex sensé s'éteindre durant l'accouchement) n'a absolument pas le temps de se déconnecter tant il est pris au dépourvu. Une partie de mon cerveau continue à travailler à ce moment là et c'est cette partie là qui a inscrit dans mon disque dur cette phrase à laquelle je repense de plus en plus souvent "si jamais tu dois à nouveau accoucher, tu te rappelles comme ça fait mal ? et bien ma chère ton souvenir est un milliard de fois en dessous de la réalité. N'oublie pas : un milliard". Sympa mon cerveau non ?

Heureusement le jour de la naissance mon cerveau a un autre maître, mon corps, et il n'a pas le choix, il doit le laisser faire (en dehors de cette fameuse petite phrase qu'il parvient à inscrire dans mon disque dur, ce qui n'est pas si grave que ça d'ailleurs finalement).

Oui mon corps prend le relais de tout, les choses se mettent en branle toute seule, il sait comment se contracter, se tordre, marcher, pousser, aider la vie à sortir de la mienne. C'est violent mais court et efficace. La nature dans toute sa force, toute son indépendance, toute sa splendeur. Un ouragan. Un tsunami. Une tempête qui balaie tout et qui rétablit un nouvel équilibre. Ca n'est peut-etre pas par hasard finalement que j'ai accouché une fois en pleine tempête de grêle, alors qu'on était en juin, et une autre fois en pleine éclipse de lune. Mon corps se met au diapason du ciel, épouse la symphonie des éléments et puise son énergie dans la puissance de l'univers.

Alors oui je suis aussi super impatiente et super heureuse d'accoucher. J'aime accoucher, j'ai déjà parlé ici de ce moment, "that moment" si unique, si exceptionnel, si fort. Je me sens maître de l'univers, super puissante, louve, lionne et grande Ourse à la fois. J'aime soulever mon enfant pour la première fois, le poser encore humide de moi sur mon coeur et respirer de toutes mes forces ce parfum de jamais, venu des entrailles de la mer, et qu'il ne gardera que quelques heures sur la peau. Cette odeur sauvage, chaude et réconfortante de pain, d'eau et de sel. J'aime cette tempête qui traverse mon corps, j'aime les premières minutes, la découverte de ce nouveau membre de la famille, la mise en route de l'allaitement, les petits bruit de nouveau-né et la chaleur d'un petit corps qui se fond dans mes bras.

Voilà où j'en suis. 36 SA et deux jours aujourd'hui, je compte les jours à profiter encore de mon gros ventre, je compte les jours qui me séparent de ce moment tant attendu.

Voir les commentaires

Socrate et Chi

par La journaliste IT pink & green

Socrate et Chi

Si vous me suivez sur Facebook, Instagram ou Twitter, vous avez pu suivre l'arrivée de Chi dans notre foyer. On ne sait pas quel âge elle a exactement (moi je dirais facile 4 mois vu sa taille, même si ses anciens propriétaires pensent moins - elle est naît pendant les vacances d'été, en leur absence).

Elle appartenait aux anciens locataires de la maison dans laquelle nous venons d'emménager et elle cherchait un foyer. Lors d'une visite de la maison avec les enfants, forcément on a craqué et forcément on a décidé de le lui offrir, ce foyer. D'autant, nous disions-nous, qu'elle connaissait les lieux, la maison, la cave où elle est née, le jardin, les cabanes. L'adaptation ne nous semblait pas difficile, ni pour elle, ni pour nous, ni pour nos deux autres boules de poils, Socrate et Balkis.

Et effectivement, tout s'est déroulé avec la facilité et l'évidence auxquelles je m'attendais. Socrate fut certes, durant un temps, circonspect et même apeuré par l'arrivée de cette nouvelle venue pleine d'énergie et de témérité, mais il en a très vite fait sa nouvelle compagne de jeux (au grand dam de Balkis me semble-t-il parfois).

Ce qui est drôle, c'est de voir à quel point deux chats peuvent être différents (comme les enfants me direz-vous). Bon certes ils n'ont pas connu la même enfance, Socrate a grandi pendant deux mois en maison, avec ses frères et soeurs, un chien avant de rejoindre la sécurité de notre appartement avec une copine de jeux du même âge alors que Chi est née dans une cave et y a grandi dans la plus grande des libertés, suivant sa mère dans le jardin, la maison, le cabanon, le voisinage. Par ailleurs Socrate est un mâle, Chi une jeune femelle. De quoi forger des caractères diamétralement opposés.

Mais quand même. Les différences sont vraiment flagrantes entre ces deux là. Socrate est un félin dans toute la splendeur du pacha paresseux, tranquille, à la fois pépère et classe. Un fauve. On dirait un lion, ou un tigre, ou un guépard. Ca dépend des jours. A côté de ça il est terriblement trouillard, pantouflard même. Il aime son confort, son canapé, ses jeux, sa gamelle. Et nous. Oui il est très attaché à nous, dépendant je dirais.

Il n'a pas super bien vécu les deux premiers jours ici. Déjà il était paniqué par l'arrivée des déménageurs dans cet appartement qu'il connaissait si bien et qui était toujours si calme. Quatre gaillards charpentés comme des armoires, aux gestes sûrs, à la démarche bruyante, aux ordres laconiques et à l'accent polonais pour certains, de quoi chambouler notre fauve pépère. On a finalement "déménagé" Socrate dans un carton entre-ouvert sur le haut, carton qu'il n'a pas voulu quitter une fois arrivé ici (d'ailleurs Chi l'y a rejoint, comme pour le rassurer).

Et quand il a quitté ce carton, il s'est perdu. Durant 24 heures on ne l'a plus vu et j'avoue qu'on était inquiets, il ne connaissait ni les jardins, ni les routes, ni les voitures, ni le voisinage évidemment. On craignait qu'il se fasse écraser ou qu'il rencontre un chat des rues peu enclin à partager son territoire avec ce chat au pelage de luxe. On a même lancé des appels ici et là sur des groupes facebook pour le retrouver et on a reçu divers messages nous confirmant que notre pacha était toujours dans les parages... mais introuvable. Il a fini par regagner le bercail, à notre grand soulagement, une petite cicatrice au dessus de l'oeil en guise de souvenir et surtout (me semble-t-il) l'intention chevillée au corps de ne plus le quitter, ce bercail. Il s'aventure un peu dans le jardin, mais guère longtemps, et guère loin.

Quant à Chi, elle a un caractère vraiment très différent. Elle est casse-cou, intrépide, audacieuse et diablement agile. Elle escalade tout ce qu'elle peut, sous l'oeil perplexe et presque indulgent de Socrate. Elle grimpe aux arbres, elle bondit à toute vitesse de bas en haut des escaliers de la cave alors que Socrate les escalade avec nonchalance et prudence.

Elle est très joueuse aussi, beaucoup plus que Socrate au même âge. Dès qu'elle trouve un petit objet elle joue avec comme si c'était une boule de flipper, ça part dans tous les sens et elle saute, rattrape, relance, jaillit et recommence. Et si elle ne trouve pas d'objet pour jouer, elle s'amuse avec sa propre queue. Chi, ou le chat qui ne s'ennuyait jamais en somme. Elle est très câline aussi, comme Socrate, mais en mode moins farouche. Elle s'est tout de suite laissée apprivoiser par nos caresses et squatterait volontiers nos lits.

Elle sait se défendre aussi. Face aux aboiements et aux coups de patte certes joueurs mais musclés de Balkis, elle ne prend pas l'option fuite et cachette. Elle reste campée sur place, elle affronte, sort les griffes, hérisse le poil, grogne, crache. Jamais elle ne renonce, le terrain gagné lui appartient, aussi fluette puisse-t-elle paraître face à un bouledogue.

Elle a trouvé en Socrate un compagnon qui lui convient bien, ils s'amusent beaucoup ensemble et lorsque les jeux de la cadette semble trop périlleux pour l'aîné, ce dernier prend ses quartiers sur les escaliers ou un bout de jardin pour observer la petite effrontée monter toujours plus haut dans les arbres, secouer les branches, sauter et retomber sur ses pattes.

Le chat fauve et le chat écureuil.

Avoir un animal, c'est sympa. En avoir trois c'est drôle et c'est même plus facile au quotidien.

Comme pour les enfants en quelque sorte, non ?

Socrate et Chi
Socrate et Chi
Socrate et Chi
Socrate et Chi
Socrate et Chi
Socrate et Chi
Socrate et Chi
Socrate et Chi
Socrate et Chi
Socrate et Chi
Socrate et Chi

Voir les commentaires

Refermer la porte une dernière fois et y déposer furtivement un baiser

par La journaliste IT pink & green

Refermer la porte une dernière fois et y déposer furtivement un baiser

Ca n'est jamais facile de quitter un endroit qu'on a aimé et dans lequel on a appris et reçu tant de choses, fut-ce pour meilleur, plus grand, plus confortable et plus en conformité avec les besoins de notre grande famille qui croît encore et encore.

Peut-être que des relents de nostalgie s'accrochent encore à ma personnalité. J'ai été une enfant puis une adolescente et une adulte très nostalgique, mais je n'aime plus la nostalgie, elle nous tire en arrière, nous freine et nous empêche de vivre le moment présent. Pas facile de s'en défaire définitivement apparemment, mais ce n'est pas grave. J'ai décidé de ne pas m'en vouloir, d'accepter mes émotions et de les laisser partir. Je fais la planche voyez-vous. Le torrent et la tempête se chargent de m'emmener là où je dois aller si je ne me débats pas contre ce que je ressens.

Car je l'ai aimé cet appartement, oui je l'avoue, et j'ai eu le coeur un peu gros de le laisser.

Je l'ai aimé, même si j'ai eu un peu de mal à me faire à lui. Il a su me convaincre avec ses couloirs larges, sa cuisine si grande qu'on pouvait y manger à six, sept ou huit, son salon si immense que l'écran géant de la télé nous paraissait minuscule là-bas de l'autre côté. Et sa vue sur la montagne, l'église, le ciel bleu, le parc des religieuses et même sur l'école de mes filles.

Je l'ai aimé, j'y ai passé des moments précieux, d'autres difficiles, mais toujours riches d'enseignement et porteurs de paix finalement.

Je voulais juste lui dire merci. Merci pour sa chaleur sous nos pieds nus et dans nos coeurs, merci pour les enfants qui grandissent, le passage au collège, les tomates du balcon, les mojitos du samedi soir, le monsieur qui sifflait à chaque fois que le soleil brillait et dont on n'a jamais su d'où il venait. Merci pour les arbres, la montagne qui verdissait, rougissait puis blanchissait face à ma cuisine. Merci pour ces matins où je contemplais seule le lever du jour en buvant mon café dans le silence de la maisonnée, et ces autres matins où j'ai appris à saluer le soleil quotidiennement, remplissant mon corps, mon coeur et mon esprit d'une énergie si douce, si forte, si gratuite pourtant.

Merci pour les bruits de fête qui venait de la patinoire les soirs de grands matchs et pour la musique de la Pépinière les jeudis d'été. Merci pour le parfum de l'herbe tondue chez les religieuses d'à côté et pour les odeurs du marché qui parvenaient jusqu'à nous le samedi matin. Merci pour la grande cuisine orange et argent qui sentait tour à tour la fraise et le basilic, la cannelle et le potiron, la raclette et la pomme, la menthe et le citron.

Merci pour le parquet, les mandalas au sol, les jeux du chien et des chats dans les ombres du matin, les siestes au soleil, mes filles qui ont tant changé et évolué ici, mon fils qui y a fait ses premiers pas et cet autre fils de nous deux qui grandit sous mon coeur et qui ne connaîtra pas cet endroit, mais en portera la marque à sa façon puisque sa petite vie précieuse a commencé là, un joli jour de mars.

J'ai refermé la porte mercredi matin, seule. Je lui ai dit tout ça, au revoir, adieu, merci, je t'aime. Et j'y ai déposé furtivement un baiser plein de ferveur, de gratitude et d'amour. Un baiser un peu salé. Un baiser apaisé.

Maison, à nous désormais ! Je suis certaine que tu seras un digne successeur de l'appartement joli.

Voir les commentaires

Le point pastèque (et arche de Noé)

par La journaliste IT pink & green

Le point pastèque (et arche de Noé)

Cette grossesse avance, je l'ai bien entendu évoquée à plusieurs reprises ici mais je me rends compte que je n'ai jamais fait de compte-rendu mensuel ni même trimestriel. Comme il n'est jamais trop tard pour bien faire (et qu'il y a pas mal de changements dans l'air) j'en rédige un ce soir.

J'en suis donc (dimanche soir) à 33 SA et 5 jours / ou 7 mois, 1 semaine et 1 jours / ou J-51 (je connais tout par coeur, avec moi sage-femme ou gynéco n'ont pas le temps de dégainer le petit calendrier rond) et le baby boy va bien. A la dernière écho (celle des 32 SA) il était déjà estimé à 2,6 kg. Beau petit gigot, donc (avec le périmètre crânien qui va avec, chouette).

Je vais bien, il s'est retourné dans le bon sens comme je l'avais pressenti, du coup bye bye les remontées acides que me causaient ses coups de tête dans l'estomac. Je suis un peu insomniaque mais ça varie d'un jour à l'autre, je peux dormir deux heures au cours d'une nuit... et roupiller jusqu'à 10 heures du matin deux jours après pour rattraper tout ça. Bref, ça va. En plus (attention info capitale) en dépit de la proéminence de mon ventre je parviens toujours à me vernir les orteils, elle est pas belle la vie ? J'aime la grossesse, et elle me le rend bien, je l'avoue.

Je vois ma sage-femme pour les rendez-vous mensuels mais aussi en groupe, avec d'autres futures mamans pour ce qu'on appelle la préparation à la naissance mais qui correspond plus à un moment de partage, de détente, de relaxation, de massage et de gymnastique douce autour d'une tisane au thym. Elle habite dans un endroit magnifique, un peu sur les hauteurs de la ville et c'est bonheur de déambuler pieds nus sur sa terrasse, au soleil, face aux fleurs et à la montagne. Si les voisins regardent de loin ils peuvent admirer un troupeau de baleines qui s'étirent et exécutent lentement des mouvements de relaxation, lunettes de soleil vissées sur le nez. Ca doit être drôle.

Je me suis remise à la couture. Dingue hein. Je n'avais pas cousu depuis le début de ma grossesse et là j'ai enchaîné, doudou, guirlande, plaid, coussin éléphant, le tout pour le Petit Roi, et vide-poche pour moi. Je vais maintenant coudre pour le bébé, plaid aussi pour lui (en minkee étoilé gris et misti rouge), tour de lit, matelas à langer nomade peut-être. En parlant de lit, on a aussi trouvé son petit lit tel que je l'imaginais, ancien, en fer forgé. Il a besoin d'un bon coup de ponçage et de peinture mais il est parfait.

On déménage mercredi ! Eh oui. On a trouvé une chouette maison qui correspond à nos critères et qui plaît aux enfants, donc banco. Je suis partagée entre joie d'aller vivre dans une maison avec jardin, cour, potager, grandes chambres, plafonds hauts, cabanons et même atelier, et petit pincement au coeur à l'idée de quitter ce grand appartement chaud où nous avons vécu tellement de jolies choses. Quand la tempête émotionnelle qui m'agite se fait trop intense, j'applique mon mantra, je fais la planche et je me laisse porter. La tempête m'emmène toujours dans des endroits surprenants de mon âme et de mon histoire.

On a adopté un chat, oui un autre, oui juste avant de déménager, et oui, juste avant la naissance du bébé (là tu comprends le titre arche de Noé et tu te dis qu'on est un peu dingues quand même). C'est la famille qui quittait la maison où on va vivre qui cherchait un foyer pour trois chatons. C'était comme un signe non ? alors on en a pris un. C'est une femelle et mon fils l'a baptisée Chi (avec la bénédiction de ses soeurs), comme dans le dessin animé. Elle a les mêmes couleurs et elle est très joueuse, très câline. Elle a déjà été adoptée par Socrate, ils ne se quittent plus. J'en reparlerai certainement tout bientôt.

Voilà. L'été indien est encore bien là, la montagne n'a pas encore vraiment rougi, les arbres portent toujours leurs feuilles ici et je n'ai pas encore lancé la saison des soupes. En vérité, on ne sent même pas que les journées raccourcissent. Mais elles vont s'accélérer je pense. Entre les cartons à faire puis défaire, la maison à apprivoiser, les marques de chacun à prendre dans une nouvelle maison, le temps va passer vite, et viendra vite aussi celui de la naissance, de la découverte d'un nouvel être dans notre famille, avec le retour de l'allaitement, des bruits de nouveau-né et du rythme qui change encore une fois avant de se stabiliser, comme les marées.

Ca va passer vite, alors tâchons d'en savourer tous les instants.

Le point pastèque (et arche de Noé)
Le point pastèque (et arche de Noé)
Le point pastèque (et arche de Noé)
Le point pastèque (et arche de Noé)

Voir les commentaires

Le bola de grossesse

par La journaliste IT pink & green

Le bola de grossesse

Depuis une quinzaine de jours, je porte un bola de grossesse, vous savez ce petit bijou porté long sur le ventre et qui produit un petit bruit léger et agréable entendu par le bébé in utero.

C'est plus précisément sur le bola Axe Etoile / Lune que mon choix s'est spontanément dirigé quand Maman Naturelle m'a proposé de tester l'un des bolas proposés sur son site. La lune et moi, c'est une grande histoire d'amour, sans doute aussi en partie parce que ma cadette est née un lendemain de pleine lune et que mon fils, lui a cumulé : il est né un soir de pleine lune, et en pleine éclipse, qui plus est ! C'est aussi ce petit garçon qui ne peut pas s'empêcher de me dire qu'il a "croqué la lune" à chaque fois qu'il mange quelque chose de rond et clair, babybel, rondelle de pomme ou biscuit breton. Comment ne pas y voir un signe ?

Bref, je le porte depuis deux semaines et je l'adore. J'aime sa forme, j'aime le bruit qu'il diffuse (très différent de ce que j'imaginais, on dirait un tintement lointain alors qu'il est tout proche, c'est rigolo), je le porte même la nuit et quand je me retourne il accompagne joliment mes mouvements (de baleine). Je l'ai juste personnalisé un peu en remplaçant le cordon noir par un cordon Petit Pan.

Mon fils aussi se l'est approprié, il joue avec avant de s'endormir contre moi même s'il sait que c'est aussi "pour le bébé". Quant au bébé justement, je suis curieuse de voir comment il réagira quand il entendra ce tintement une fois né. Est-ce que ça lui rappellera sa vie aquatique ? A moi en tout cas pas de doute, je ne pourrai plus entendre ce joli son sans penser aux mois durant lesquels je l'ai porté contre mon coeur.

Bola offert par Maman Naturelle, merci.

Le bola de grossesse
Le bola de grossesse
Le bola de grossesse
Le bola de grossesse
Le bola de grossesse

Voir les commentaires

Le ventre qui s'arrondit, le coeur qui grandit

par La journaliste IT pink & green

Le ventre qui s'arrondit, le coeur qui grandit

Ce petit bébé a une façon bien à lui de bouger. Vigoureux comme son frère, discret à ses heures comme mon aînée, en berceau comme ma cadette, voilà pour les ressemblances.


A côté de ça, il est si réceptif.

Il interagit toujours.

Il répond aux tocs tocs de son frère.

Je joue avec son genou ou son pied, là en bas à droite, toujours au même endroit.

Il vient systématiquement se lover sous ma paume. Petite bosse angulaire qui passe et disparaît pour revenir, comme s'il jouait.

Je le sens qui glisse, je l'imagine qui profite lui aussi de ce moment.

Il est déjà là, présent.


Il ne me réveille jamais la nuit. Mais quand j'ouvre les yeux en pleine nuit ou le matin, je sais que dans les cinq minutes il me fera un petit coucou, comme ça, comme pour accompagner mon réveil ou mon insomnie, coucou maman, regarde, moi je suis là avec toi, tu n'es pas seulement dans la nuit noire et la maisonnée endormie.


Il a sa façon bien à lui d'onduler, de déformer mon ventre et de me signaler sa grande petite présence joyeuse et forte.


Et moi je l'aime déjà tel qu'il est.

Voir les commentaires

Quatrième grossesse, les questions cultes

par La journaliste IT pink & green

Quatrième grossesse, les questions cultes

"Ah mais c'est pour bientôt ce bébé !"

Cette phrase n'est même pas formulée sous forme de question, c'est toujours une affirmation dans la bouche des gens, comme s'il semblait évident que je suis sur le point d'accoucher.

Bon ok, je les comprends un peu, j'ai un ventre vraiment immense, tout devant, inratable. On me sort cette phrase depuis (hum) le mois de juillet. Je n'ose presque pas répondre que c'est pour tout début décembre alors je triche un peu, je parle vaguement de fin novembre (sinon ils ont peur que j'explose, les gens sont choupis).

"Vous êtes sûre qu'il n'y en a qu'un ?"

Cette question suit presque invariablement la première phrase et oui je l'avoue à force de l'avoir entendue trois milliards de fois elle ne me fait plus vraiment rire , elle m'agace même un tantinet. Je sais que les personnes qui la posent pensent que c'est rigolo, qu'on ne me l'a jamais faite mais ils n'imaginent pas combien de fois j'ai dû réprimer un ricanement en répondant poliment que non non il n'y en a qu'un seul, on en est sûrs chère madame (ou alors son jumeau est parfaitement planqué derrière son cordon ombilical, EASY quoi).

"C'était voulu ou c'est un accident ?"

J'en ai déjà parlé plus longuement ici, je ne m'offusque guère de l'incongruité (pour moi) ni de l'indélicatesse de cette question bien curieuse, je pars du principe que les gens parlent surtout de leur propre histoire et de leurs propres peurs quand ils sont curieux, envahissants (mais aussi agressifs, critiques ou méchants). Merci les Quatre accords toltèques. Je ne suis que zénitude et empathie.

"Vous en avez du courage"

Là non plus ce n'est pas une question mais une affirmation. Parfois je me demande si les gens ne pensent pas en secret "ou alors vous êtes folle".

Mais non non, je ne suis pas courageuse, je ne fais que suivre mon chemin de vie et pour moi ça rime avec enfants et famille. Du courage, il m'en aurait fallu si je n'avais pas pu avoir ces enfants. Du courage, il m'en a fallu pour surmonter les fausses couches et les espoirs déçus, pas plus tard que l'an dernier. Mais courageuse d'avoir des enfants, non vraiment je ne vois pas (hashtag happy).

"Un garçon ? Mais c'est super ça !"

J'ai presque le sentiment qu'on m'attribuerait sans problème le prix Nobel de mathématiques quand je confirme que ça me fera bien deux filles et deux garçons. Symétrie parfaite, paraît-il. Je réponds inlassablement que oui, bon, j'ai juste copié ma mère. Les jumeaux en moins.

"C'est le petit dernier alors ?"

Ah ça. Dieu seul le sait (oui je suis très branchée Saint esprit depuis que j'ai eu deux bébés couette après être passée par les piqûres).

En vrai, je n'en sais strictement rien. Et pour le moment je me contente de profiter de cette quatrième grossesse si chouette

Voir les commentaires

La grossesse jolie

par La journaliste IT pink & green

La grossesse jolie

Elle est bien jolie cette grossesse qui se déroule comme un fleuve calme et joyeux capable de traverser des petites tempêtes et de retrouver aussitôt sa quiétude.

Inutile de parler des quelques contractions auxquelles je me suis habituée au bout de quatre enfants et que je sais inoffensives même si elles sont bien présentes. Mon utérus se muscle, s'entraîne, voilà tout. Sans doute pour préparer en secret une naissance éclair, encore une fois.

De nausées en début de grossesse, point. Alors oui certes j'en ai quelques unes maintenant. Mon fils ayant la tête en haut, son crâne chatouille généreusement mon estomac à qui ça ne plaît pas beaucoup (vive le bicarbonate de soude).

La fatigue me gagne un peu, je l'avoue, à 30 semaines je suis essoufflée comme après un marathon dès que je dois parcourir quelques dizaines de mètres, et les insomnies me tiennent éveillée presque tous les jours vers 3 heures du matin. Mon aînée me trouve parfois le matin dans la cuisine, devant un chocolat chaud, quand elle se lève en catimini pour le collège. Je partage son petit déjeuner puis je l'embrasse sur le front, bonne matinée ma grande, je retourne me coucher, je n'ai pas dormi de la nuit.

Je retourne sommeiller aux côtés de mon fils jusqu'à son réveil, grappillant quelques minutes de sommeil en plus.

Mais qu'est-ce que tout cela à côté des compensations ?

Je me réveille le matin et je réalise que non ce n'était pas un rêve, un petit coup de pied en bas à droite, toujours au même endroit et toujours à mon réveil, vient me rappeler la réalité de ce petit grand bonheur qui grandit là, tout contre moi.

Miracle.

Oui elle est bien jolie cette grossesse.

D'ailleurs pour la première fois, je suis partie en vacances enceinte. Deux fois. J'ai avalé des kilomètres en voiture sans crainte. J'ai marché, beaucoup. J'ai nagé dans la mer, à la piscine, j'ai lézardé à l'abri de mon chapeau en écoutant les cigales. Je ne l'avais jamais fait enceinte. Étonnant non ? Pour mon aînée j'étais alitée, au repos strict. Les deux suivants sont nés en juin, avant l'été et ses parfums iodés ou chlorés.

Autant dire que j'ai savouré chaque route, chaque matin ensoleillé, chaque brasse, chaque pas dans le sable, chaque marché, chaque sortie. Même les courses et les contraintes du quotidien ont un goût délicieux quand on se dit que c'est une chance de pouvoir les accomplir.

Je suis d'autant plus heureuse d'en avoir profité que la fatigue me gagne désormais. Je dois m'écouter, écouter mon corps m'a dit la sage-femme. En faire un peu moins, déléguer, me reposer, prendre soin de moi.

Ca m'a paru assez frustrant pendant un instant. Mais j'ai décidé de laisser couler le fleuve comme il doit couler. Il ralentit, il prend des petites routes ondulantes. Il a élargi sa course en diminuant le débit.

Et bien soit.

La grossesse jolie s'élargit et ralentit à l'approche de l'automne.

Et moi je vais suivre son rythme.

Voir les commentaires

Et le goût du sel sur mon épaule

par La journaliste IT pink & green

Et le goût du sel sur mon épaule

De cet été on retiendra l'odeur du premier tube de crème solaire, puis du deuxième car le premier a vite été vidé, des cyprès de la piscine et des figues qu'on vient de couper.

On se rappellera du parfum du mimosa qui fleurit étonnamment en plein mois d'août, des algues qui sèchent sur les rochers et des frites qu'on mange avec les doigts face à la mer.

Les tomates, le basilic, le café frais sur la terrasse, le melon à s'en éclater le ventre et les mûres qui tâchent, on n'oubliera aucun de ces goûts joyeux et réconfortants.

Le carré au fruits maintes fois décliné, à la fraises, aux prunes, aux groseilles, à la cerise. On va le prolonger ce gâteau, à la poire et à la pomme très bientôt.

De cet été on se souviendra des marques de bronzage de la forme des bikinis sur les hanches et autour du cou et de l'angle des birkenstocks et des tongs sur les pieds.

On gardera encore un peu la sensation du sable entre les orteils, du carrelage qui reste chaud le soir et des lattes de teck sous les fesses.

Le bleu du ciel, le turquoise de la mer, le rose et le blanc des fleurs de lauriers, le blanc laiteux de mon ventre et le bronze des pieds de mon fils, autant de souvenirs colorés qui feront peu à peu place aux couleurs de l'automne.

Et puis tous ces bruits qui ont accompagné nos mois d'été, les matins, les soirées, les siestes dans la chaleur.

Le chant des cigales.

Et les cris des enfants à la piscine.

Et les grenouilles de Camargue qui se taisent vers deux heures du matin.

Et les grillons.

Et le bruit des glaçons.

De cet été je n'oublierai pas mes longueurs face au soleil, dans les vagues iodées de la méditerranée ou le turquoise chloré de la piscine. Sensations différentes, parfums différents, mais un point commun : mon deuxième fils qui ondulait dans mon ventre alors que je fendais l'eau de mes bras dorés.

On reste en tong, on garde la crème solaire sous la main pour l'été indien, les maillots de bain sèchent et serviront encore un peu. Pas grave si les cartables sont à nouveau sortis et les matins plus frais, on a encore la tête un peu en vacances.

C'était un bel été.

Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule
Et le goût du sel sur mon épaule

Voir les commentaires

Et c'était voulu ou... ?

par La journaliste IT pink & green

Et c'était voulu ou... ?

Cette question, je l'ai entendue pour le première fois samedi dernier, entre les mirabelles et le fromage frais du marché. Oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, on ne me l'a jamais posée avant, ni pour mon fils ni pour ce bébé que j'attends.

C'était une femme, de mon âge je dirais, qui me la posait en fixant mon ventre des yeux tandis que mes enfants caressaient les biquettes et le petit bébé cochon noir qu'elle exhibait avec son mari en vendant des bonbons à la menthe.

La question ne m'a pas heurtée. Je l'ai trouvée indiscrète en vérité, mais au niveau des émotions elle m'a juste surprise. Le non désir, la grossesse inattendue, le dilemme, le choix. Ce sont des choses si éloignées de mon histoire voyez-vous. Mais comment aurait-elle pu le deviner, cette femme aux longs cheveux châtains délavés sur les pointes, à la dégaine un peu gitane et à la voix rauque ? Elle me regardait de ses yeux mordorés en arborant un air vraiment sincère et intrigué. Oui elle était intriguée par ma réponse.

Evidemment je n'avais pas envie de lui raconter mon histoire, mes blessures, mes espoirs et les chemins que j'empruntais depuis quatre ans d'un pas hésitant, puis assuré, puis joyeux.

Je ne la connaissais pas. Et puis sa question ne semblait pas attendre de longues explications. Juste un oui ou un non. Peut-être pour conjurer ses propres peurs ou ses propres espoirs. Qui sait ?

Je me suis contentée de baisser mes paupières sur mes secrets de femme et d'esquisser un sourire en murmurant un "oui, très".

J'ai repensé aux tempêtes de l'an dernier, au flux contre lequel je me suis un peu révoltée avant de me laisser porter, à cette étrange visite chez une gynécologue aussi obsolète que sa moquette sur les murs et à ce deuxième fils qui grandissait dans le creux et la colline de mon ventre, à la vue de tous, sans complexes.

Sa question ne m'a probablement pas blessée ni touchée parce que mon histoire est aux antipodes de ce type d'interrogation. Je ne me suis jamais demandée si je voulais de cet enfant ou pas, j'ai le sentiment de l'avoir désiré depuis toujours. J'ai l'impression qu'il a toujours été là, près de mon coeur, attendant le bon moment pour s'accrocher à moi. Oui même l'an dernier tandis que je faisais une fausse couche, j'ai la conviction qu'il faisait déjà partie de mon histoire dans le secret de mon coeur et de mon corps.

Je n'ai jamais eu peur de tomber enceinte, je n'ai jamais de sueurs froides à l'idée d'avoir du retard ou de découvrir une petite barre rose inattendue.

Mais si ça avait été le cas, comment aurais-je perçu une telle question ? Certaines interrogations sont comme des coups de poignard quand on n'est pas tout à fait dans l'acceptation de ce qui se passe dans sa vie, qu'il s'agisse de maternité qui se fait attendre, qui se pointe sans crier gare ou de toute autre chose. Mais je pense que les questions liées à la maternité peuvent se révéler particulièrement douloureuses. Elle nous parlent d'entrailles, de rêves et de transmission, ça ne peut guère laisser indifférent.

J'ai repensé à mes amies, celles à qui on a posé ce type de question parce que c'était le troisième ou le quatrième enfant, ou parce que c'était seulement le deuxième enfant mais rapproché du premier. Sur facebook et twitter les messages affluaient dans ce sens quand j'ai partagé mon expérience. Premier bébé, deuxième, cinquième... les gens ont toujours quelque chose à redire après tout !

J'ai surtout repensé à celles qui n'avaient pas de problème de fertilité - au contraire - et pour qui, oui, cette forme de maternité non planifiée, non rêvée, non attendue de longs mois pouvait représenter une forme de souffrance. Comme celle qui m'a un jour dit "Tu as de la chance, tes enfants tu les as attendus". Comment une telle question résonnerait-elle dans son cœur ?

Le compagnon de cette femme m'a ensuite expliqué qu'ils ont eu deux fils puis une fille et que c'était particulièrement difficiles en ce moment. D'où la question.

Comme quoi, cette jolie jeune femme faisait vraiment référence à sa propre histoire et à ses propres interrogations. Peut-être que sans le savoir je l'ai confortée dans sa décision. Ou au contraire ai-je ouvert une brèche qui ne demandait qu'à être ouverte.

Et c'était voulu ou... ?

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 > >>
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog