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Comme un champignon

par La journaliste IT pink & green

Comme un champignon

Il faut croire qu'au cours des premières semaines, les bébés continuent à pousser presque sur le même rythme de croisière que lorsqu'ils évoluaient in utero. La vitesse de croissance est hallucinante, les changements quotidiens, les évolutions fascinantes.

Mon petit Maître zen aura deux mois dans trois petits jours. Deux mois, c'est peu dans une vie, deux mois , c'est énorme à l'échelle d'une petite vie qui vient de démarrer.

La tête a dû prendre quelques centimètres de circonférence, les cils se sont déployés et ont poussé, le grain de peau s'est affiné, le regard est devenu observateur et insistant, les sourires, les rires, les mimiques et les tentatives de areuh se sont multipliés.

Les petits doigts ne ressemblent plus à des crevettes roses et fripées, ils sont devenus diaphanes, doux, presque potelés.

Les cuisses se sont rembourrées, le ventre s'est arrondi, les bras se sont allongés et le menton s'est dédoublé.

Les jambes se sont musclées et appuient fort fort fort pour déjà faire des bonds de zébulon quand il est dans mes bras.

Les pieds semblent si minuscules même s'ils sont longs, mais ils ont dû grossir sans qu'on s'en aperçoive, ils remplissent désormais chaussettes et collants.

Même le nez semble plus grand, pourtant un peu perdu entre les deux joues rondes comme deux petites pommes.

Les gestes sont plus sûrs, le caractère se dessine de jour en jour et les relations se tissent avec chacun des membres de la famille, maman indispensable qui sent le lait, papa câlin aux grandes mains, soeur aînée qui porte beaucoup, grande soeur qui rigole et qui lui a inventé une chanson (comme elle l'avait fait pour le Petit Roi), grand frère si attentionné et si doux.

On a changé les vêtements, évidemment. Le naissance, le un mois sont remisés au placard depuis longtemps. Le trois mois se fait étroit. Déjà. D'ailleurs le big fail de ces derniers jours c'est de lui avoir fait les soldes en trois mois et de m'apercevoir que tout est beaucoup trop juste. Il a fallu tout échanger.

C'est la période champignon atomique, une période pas très rentable au niveau des vêtements, mais tellement fascinante à observer.

Comme un champignon
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Emplâtrée

par La journaliste IT pink & green

Emplâtrée

Enceinte de mon troisième enfant, j'avais un ventre impressionnant. Mais vraiment, du genre hors norme. Si j'avais réclamé un euro à chaque fois qu'on m'a demandé "et vous êtes sûre qu'il n'y en a qu'un ?", je serais riche.

J'ai aussi entendu à plusieurs reprises que je devrais immortaliser ce ventre gigantesque qui avait servi de maison à mes enfants. Façon statue ou buste.

Oui mais.

A l'époque je ne voyais pas trop comment. L'idée de patouiller dans le plâtre sans certitude sur le résultat (plâtre qui dégouline, durcit mal ou qui met trois plombes à commencer à se figer sur mon corps) ne me tentait pas plus que ça, alors j'ai laissé tomber l'affaire sans creuser davantage.

Pour ma quatrième grossesse, je suis tombée sur My first Belly Print, un kit de moulage spécial grossesse en vente sur le site de Maman Naturelle, et je me suis dit que c'était le moment ou jamais d'immortaliser ce ventre qui avait abrité mes quatre enfants.

J'avais quelques appréhensions quant à l'usage du kit (j'avais peur d'en mettre partout, que ça coule, que ça ne prenne pas assez vite...) mais en réalité j'ai été très agréablement surprise : pas de plâtre à tartiner comme je le craignais, mais des bandes de tissu (un peu comme des pansements) pré-imbibées qu'il suffit de plonger brièvement dans l'eau avant de les disposer sur le ventre.

J'ai donc procédé comme indiqué sur le mode d'emploi : j'ai enfilé des gants et j'ai d'abord découpé des bandes plus ou moins longues (en fonction de leur destination, plus longues au niveau de la pointe du ventre, plus courtes sous les seins) dans les rouleaux à ma disposition. Je les ai ensuite rapidement trempées dans de l'eau tiède avant de les coller sur ma poitrine et mon ventre. Tellement easy que je l'ai fait complètement seule ! Je n'ai pratiquement rien sali, en plus une protection est fournie dans le kit. Seules quelques gouttes blanches ont un peu tâché le sol (pile à l'endroit où mon fils est né, hasard ?) mais elles se retirent facilement avec une éponge et un peu d'eau chaude.

Le plâtre se met à durcir assez vite, il ne faut pas traîner pour appliquer les bandes. Puis le buste se "décolle" facilement. Il est fini. Ou presque. Il faut encore le laisser sécher quelques heures mais sa forme est acquise, elle ne bouge plus.

Quelques jours après, je l'ai légèrement poncé avec le petit grillage fourni dans le kit et je l'ai peint en bleu. Il n'est pas fini d'ailleurs, j'aimerais dessiner autre chose dessus, sans doute un arbre de vie ou un mandala, mais je ne suis pas encore fixée, alors je laisse l'idée mûrir.

Et puis j'ai écrit à l'intérieur le prénom de mes quatre enfants. Tout un symbole, non ?

Symboliquement aussi, j'ai photographié mon fils âgé de deux jours à côté de ce ventre en plâtre.

Et un mois après, intriguée par sa prise de poids (il n'avait pas été repesé depuis la visite des huit jours chez ma sage-femme), j'ai refait la même photo. On voit bien comme Ruben a grossi, non ? Du coup j'ai prévu de continuer la série. Le moulage de mon ventre servira de repère photographique de la croissance de mon fils (bon peut-être pas jusqu'à ses 18 ans quand même). Une affaire à suivre sur mon compte Instagram, si le coeur vous en dit (@lajournaliste).

Kit offert, merci Maman Naturelle

Emplâtrée
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Le grand frère

par La journaliste IT pink & green

Le grand frère

Le Petit Roi est devenu grand frère il y a un peu plus de six semaines.

Non, je me trompe.

Il l'est devenu bien avant, quand j'étais enceinte. Il avait très bien compris qu'un bébé grandissait dans mon ventre, que c'était un petit garçon et que c'était aussi son petit frère. Il était déjà grand frère, c'était déjà très concret pour lui.

Les amis qui connaissent d'un peu plus près (mais pas tant que ça) mon fils s'inquiétaient pour moi, pour lui, pour nous, de sa réaction. Il était (et il est toujours) si fusionnel avec nous, que ce soit moi, son papa et même ses trois soeurs ! Il est énormément materné depuis sa naissance, oui je n'ai aucune culpabilité à le dire, au contraire, on a cododoté, il a beaucoup été porté, dorloté, protégé, entouré, écouté. Les amis (bien intentionnés certes, mais pas toujours dans le même move que nous) pensaient que l'arrivée d'un petit frère bouleverserait le cocon d'amour qu'on lui avait tous tissé et que ça serait difficile à vivre pour lui qu'un bébé fasse son apparition dans cette famille qui le chérissait tant depuis trois ans et demi (limite on aurait dû l'endurcir un peu).

Et moi ?

Moi non.

Je ne me suis jamais inquiétée, j'étais confiante. J'avais confiance en nous, en lui, en notre vie. J'étais sans aussi fortement confortée dans mes choix de maternage grâce à ce que j'avais vécu avec mes filles, une histoire presque similaire dans le timing et dans la fusion qui pouvait exister avec ma fille aînée. Mêmes prédictions pessimistes aussi ("elle ne va jamais s'y faire", "ça va être dur pour elle de partager ses parents"). Prédictions balayées d'un coup par la facilité déconcertante avec laquelle elle a adopté le nouveau schéma familial.

Au fond de moi je savais qu'il en serait de même avec le Petit Roi.

Quand j'étais enceinte, il faisait énormément de câlins à mon ventre, il parlait à son petit frère et il avait même listé les jouets qu'il lui donnerait.

Il l'appelait Pois Chiche et attendait sa venue avec impatience.

Depuis que Ruben est né, il ne l'appelle plus Pois Chiche mais Patate, ou bébé Patate, ou Bébén, un mélange de bébé et de Ruben. Mais ce qu'il préfère par dessus tout, c'est l'appeler "Bébé à nous", ou mieux, "Bébé à moi. A moi tout seul".

Il est tendre avec lui, il lui parle, caresse délicatement sa tête, ses oreilles ou son nez, il lui prend la main et lui raconte mille choses secrètes. Il le rassure quand il pleure en lui murmurant des "maman arrive Bébén" et des "je suis là Bébé patate".

La seule chose qui le perturbe, c'est la lenteur (toute relative) à laquelle son frère grandit. Il aimerait déjà jouer avec lui, évidemment. Alors il guette chaque jour les changements et me demande de temps en temps si c'est bon maman, Bébén peut aller jouer avec moi dans ma chambre.

Il est émouvant, drôle, doux, prévenant, protecteur, adorable. Une crème de grand frère.

Que je porte, allaite, berce ou dorme contre son petit frère ne le perturbe absolument pas. Je n'ai pas observé la moindre jalousie chez lui depuis la naissance de Ruben. Je crois qu'entre trois ans et demi de fusion il a puisé en moi, en son papa, en lui-même, suffisamment de confiance et d'amour pour savoir que les choses se déroulent comme elles doivent se dérouler, que notre amour pour lui est infaillible et que sa place dans notre coeur est définitivement gravée. Il n'a rien à craindre, après tout, non rien. Alors il berce son petit frère et se colle tendrement à nous quand Ruben tète ou dort contre mon coeur.

La vie dans sa continuité.

La vie dans sa magie aussi.

Car depuis qu'il est grand frère, je trouve qu'il a changé, grandi, mûri. Son vocabulaire s'est enrichi, ses gestes ont pris de l'âge et oui oui, il s'est épanoui, ouvert aux autres, alors qu'il était plutôt farouche et réservé.

Il a déployé un peu plus ses petites ailes.

Des ailes dont il se sert pour voler un peu plus loin de nous. Un peu. Et revenir.

Mais aussi pour protéger son petit frère.

Car ça sert aussi à ça les ailes, n'est-ce pas ? A protéger ceux qu'on aime.

Sur la première photo Ruben a un jour de vie, et on dirait qu'ils se "reconnaissent".

Le grand frère
Le grand frère
Le grand frère
Le grand frère
Le grand frère
Le grand frère
Le grand frère
Le grand frère
Le grand frère
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Entre mes mains ~ L'extraordinaire naissance de Ruben

par La journaliste IT pink & green

Entre mes mains ~ L'extraordinaire naissance de Ruben

Je n'ai pas écrit tout de suite le récit de naissance de mon second fils, mon quatrième enfant, Ruben, né le 29 novembre un peu après minuit (récit attendu avec impatience par quelques amies d'ailleurs, coucou les copines).

J'avais besoin de temps. Non pas pour digérer cette naissance, mais pour la savourer.

La revivre.

Repenser à chaque petit détail, chaque sensation, chaque odeur, chaque son.

Bercer cette naissance à l'intérieur de mon corps et de mon coeur comme j'avais bercé Ruben durant 8 mois, 3 semaines et 3 jours.

Remercier la vie, aussi.

Cette naissance, mais quelle naissance, suis-je tentée de m'exclamer avec émotion.

Si intense, si rapide, si bouleversante, si merveilleuse, dont chaque détail est gravé à l'intérieur de mes cellules et de mon coeur de mère.

Une naissance gravée dans mes deux mains aussi. Le creux de ma paume gauche gardera à tout jamais l'impression surréaliste de ce petit crâne dur, mouillé et chevelu qui cheminait si vite vers la vie terrestre.

Inoubliable sensation.

Inoubliable aussi, la journée qui a précédé cette naissance. Elle fut calme pourtant, cette journée. Un peu comme le calme avant le tsunami.

Le vendredi 28 novembre j'avais rendez-vous dans la matinée avec ma sage-femme pour un monito de contrôle. J'aimais me rendre chez elle. Je m'allongeais sur des matelas empilés sur le sol, calée dans un coussin d'allaitement, face à une grande baie vitrée, à la plaine et aux chaines de montagnes enneigées. J'écoutais le boumboum du coeur de mon bébé, seul bruit dans la pièce, en me demandant à chaque fois si c'était la dernière fois que je venais ici, encore ronde de mon fils.

Le monito était normal. Bébé tonique, zéro contraction. Col inchangé. Rien ne laissait présager un accouchement, rien non plus ne disait le contraire. Le champ des possibles était ouvert, je commençais à avoir hâte mais je me sentais sereine. En confiance. J'étais persuadée que les choses se dérouleraient exactement comme elles devaient le faire.

J'ai été active en ce vendredi. Chercher les enfants à l'école, passer à la biocoop prendre de l'huile essentielle de palmarosa (conseil de ma sage-femme), faire quelques courses. Mais je n'étais pas fatiguée. Je suis même restée devant la télévision ce soir là, pour une fois, moi qui suis si peu télévore. J'ai regardé avec mon amoureux un film allemand sur Arte. Un film qui parlait d'amour, de chamanisme, de libellules et de zone de confort.

Je me rappelle aussi de l'odeur de l'huile de palmarosa, de la chaleur des mains de mon amoureux qui me massait le bas du dos et du goût des fruits secs dans mon fromage blanc à la cannelle.

C'est fou comme des petits détails peuvent rester graver dans la mémoire quand ils précédent un événement essentiel dans la vie.

Je suis allée me doucher après le film. J'ai pris une photo, comme tous les soirs, "au cas où ce serait la dernière".

J'ai un peu surfé sur les réseaux sociaux, laissé quelques messages sur facebook et sur un forum, branché la musique comme tous les soirs, même playlist si calme, et je me suis couchée, en me disant que visiblement ce n'était pas pour cette nuit encore.

J-5 demain. Ce bébé aura été celui qui sera resté le plus longtemps en mon sein.

Je me suis endormie paisiblement et très profondément, bercée par la musique.

Il était 23 h 30 environ.

Un peu après minuit, une première contraction m'a brutalement tirée de mon sommeil. Elle était vraiment très intense et très douloureuse. Surprenante, aussi. Sans préavis. Une seule et unique contraction qui me réveillait et me projetait directement dans l'accouchement, me semblait-il.

Tant bien que mal je me suis assise dans le lit, encore à moitié endormie. La position horizontale m'était tout simplement insupportable et c'est comme un ressort, alourdi certes, mais un ressort quand même, que je me suis assise.

C'est drôle, mon unique pensée à ce moment là, assise, le dos aussi courbé que je le pouvais, fut de me dire que si ça devait encore durer ne serait-ce qu'une heure, je demanderais la péridurale (haha). La contraction était vraiment atroce à traverser. Je ne me rappelais même pas avoir consignée cette contraction dans mon téléphone d'ailleurs, j'ai dû le faire machinalement. C'est quelques jours plus tard que j'ai découvert que je l'avais enregistrée dans l'appli que je gardais ouverte depuis quelques jours quand je me couchais.

Il était donc 00 h 07 lorsque j'ai été réveillée.

Consciente que le temps m'était compté entre deux contractions et que la prochaine serait probablement aussi violente, je me suis levée et je suis allée aux toilettes. Je perdais un peu de sang bien rouge, mais je n'ai pas paniqué, je savais que mon col saigne toujours car il se dilate très vite. J'ai vérifié, je crois qu'il était à 5 ou 6 et la tête était engagée.

Je suis allée dans le salon pour prévenir mon amoureux qu'il fallait partir immédiatement à la maternité. Il n'était pas encore couché, il regardait la télé. Il m'a juste demandé si j'étais sûre de moi et il s'est levé pour s'habiller.

C'est là qu'une deuxième contraction m'a transpercée comme un glaive, entre le salon et la salle à manger. Elle m'a littéralement coupée en deux mais je l'ai trouvée plus supportable que la première car je n'étais pas allongée (quelle hérésie de faire accoucher les femmes allongées, quand j'y pense...).

Dans une sorte de réflexe totalement instinctif, je me suis retrouvée à quatre pattes sur le sol, dans notre salle à manger. La contraction n'en finissait pas et poussait puissamment vers le bas. Avec ma main gauche je suis allée vérifier, toujours de manière complètement intuitive. Il n'y avait plus de col, et j'ai senti un crâne bien dur, bien humide, bien rond, rempli de cheveux doux et mouillés. J'ai alors appelé le papa dans un souffle en lui disant "laisse tomber la maternité, on n'a pas le temps, appelle les pompiers !". Je ne sais plus ce qu'il m'a répondu exactement, un mélange de "mais tu es sûre ? tu rigoles ? t'es sérieuse ?" et il a composé le 18, même pas habillé.

Troisième contraction.

La contraction incroyable. Rien ne pouvait arrêter le petit crâne qui cheminait comme un bouchon de champagne à l'intérieur de mon corps, tendrement guidé par ma main gauche. J'étais accroupie désormais. J'ai une nouvelle fois arrêté mon amoureux en lui disant "laisse tomber les pompiers, il arrive maintenant, MAINTENANT ! Viiiiite va chercher des serviettes !".

J'ai poussé de toutes mes forces. Il n'avait pas besoin de cette poussée pour sortir, la contraction de mon utérus le faisait avancer seule, mais c'était la seule manière que j'avais à ma disposition pour accompagner la douleur.

Et

Tout de suite

Comme un boulet de canon

Il a glissé

Entre mes deux mains.

Tout entier.

De tête qui sort, pivote et précède le corps, point. De quatrième contraction, point encore.

Il est sorti entier, rose, lisse, propre, mouillé, chaud de moi, chaud de nous.

Il est né.

Entre mes mains.

Je l'ai saisi et je l'ai posé contre mon coeur. Il a fait un drôle de bruit de bulles qui pétillent, un gargouillis qui hésite entre la vie aquatique et la vie terrestre. Puis le gargouillis a cessé, il a pris une grande inspiration et il a crié. Crié victoire, crié à la vie, à l'air, à la terre, à l'amour qui l'accueillait. Ca n'a duré que quelques millisecondes mais ce fut un moment magique.

Le toboggan, la glissade vers mes mains, les bulles qui éclatent dans la gorge et la gorgée d'air.

Il était 00 h 14.

Sept minutes se sont écoulées entre mon réveil et sa naissance.

Sept petites minutes.

Et trois contractions.

Dormir profondément et se retrouver mère pour la quatrième fois en sept minutes, quelle aventure époustouflante !

Au téléphone les pompiers qui venaient de décrocher ont entendu le cri de vie de notre fils et ont dit "ah, on l'entend crier, visiblement tout va bien !".

Ils sont quand même venus, quelques minutes après. Je suis restée assise sur le sol, berçant mon fils en peau à peau, mon fils apaisé et apaisant, qui a cessé tout de suite de crier pour s'endormir contre moi. Je me suis enivré de sa petite odeur de moi, de sa chaleur, de sa couleur rose, de la douceur de son petit corps, pendant que son papa le couvrait et le prenait en photo.

Je ne sais pas définir exactement comment je me sentais à ce moment là. Abasourdie par la rapidité de sa naissance, heureuse, paisible, excitée. Euphorique et sereine, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

Fière, aussi, je dois bien le dire. Je me répétais sans cesse "j'ai accouché toute seule ! j'ai accouché toute seule, en osmose avec mon fils ! Et c'était génial !". Je n'en revenais pas et en même temps c'était si naturel, si évident, si facile, si dans la lignée de notre histoire !

On me demande souvent si je n'ai pas paniqué, si tous les deux, mon amoureux et moi, n'avons pas été pris de panique ou d'angoisse. Mais non. Déjà, nous n'en avons absolument pas eu le temps. Tout cela n'aura duré que quelques secondes. Et puis surtout une sorte de mécanisme purement instinctif a totalement pris les rênes. Je n'ai pas réfléchi, j'ai laissé mon corps me guider, je n'avais pas le choix de toute façon, ça allait trop vite pour ma tête et mon corps savait ce qu'il fallait faire. Alors je l'ai suivi. Me mettre à genoux, puis accroupie, toucher la tête de mon fils, l'accompagner, saisir avec confiance et fermeté ce petit corps qui sortait si vite, ce ne sont pas les neurones qui ont guidé mes gestes, mais mon instinct.

Tout était évident.

Tout était facile.

Tout était sans doute écrit dans notre histoire.

Cette naissance s'inscrivait parfaitement dans la lignée de ma grossesse et de ma façon de voir la vie, pourquoi aurais-je paniqué ? Elle correspondait à ce que j'avais souhaité, une naissance rapide, simple, évidente, naturelle, puissante et belle. C'était ce que j'avais commandé à l'univers.

J'ai été exaucée.

Voilà.

"On peut tout demander à l'univers" paraît-il. Je confirme.

Merci la vie, merci mon amoureux, merci Ruben, et merci mes enfants qui m'ont aussi guidée jusque là.

Entre mes mains ~ L'extraordinaire naissance de Ruben
Entre mes mains ~ L'extraordinaire naissance de Ruben

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Un mois

par La journaliste IT pink & green

Un mois

Voilà, il a un mois. Cette nuit à 00 h 14 ça a fait un mois que je l'ai accueilli de mes propres mains, accroupie sur le sol de notre maison, après trois contractions, et pas une de plus.

Un mois.

Lorsque je l'ai mentionné sur les réseaux sociaux hier soir, les commentaires n'ont pas manqué de mentionner la fuite du temps, la nostalgie qui s'installe et les changements trop rapides. "Déjà ?" m'a-t-on demandé à maintes reprises, car c'est bien connu, qu'il s'agisse de grossesse ou de croissances des enfants, ça va toujours plus vite chez les autres.

Déjà oui.

Ou pas. Car je n'ai pas le sentiment que le temps soit passé trop vite. Il est passé comme il faut. Peut-être parce que, connaissant la relativité parfois un peu traître du temps, j'ai pris la résolution, dès la naissance de mon fils, de profiter de chaque instant passé avec lui. Comme durant ma grossesse, d'ailleurs. Faire fi des éventuels soucis d'organisation ou de sommeil, accepter les aléas, me glisser à la suite de mon bébé dans sa manière à lui d'appréhender la vie terrestre et ses changements, chaleur, jour, nuit, dodos, tétées, croissance, câlins, inspirer, expirer, apprendre à sourire et tenter de gazouiller. Je me suis fondue dans ses besoins de nourrisson et j'ai suivi le mouvement à son rythme. Peut-être d'ailleurs est-il si calme aussi pour cette raison ? Il est si zen, si serein, si apaisé et si apaisant ce bébé ! Nous nageons ensemble dans des eaux calmes, les yeux dans les étoiles, nos mouvements parfaitement synchronisés. Voilà l'image que m'inspire ma maternité et notre relation.

De ce mois j'ai profité de chaque instant, en pleine conscience et en plein amour. Je me suis gavée de la couleur de sa peau, de la douceur de ses cheveux et de la profondeur de ses iris. Je connais son odeur de brioche par coeur, je sais comme il respire, sourit en rêvant, déploie ses petits doigts diaphanes durant son sommeil. Je connais les petits plis de son cou et la taille de ses pieds, des petits pieds trop grands pour n'importe quel pyjama. Je peux dessiner de mémoire le tracé de coquillage de ses oreilles et l'ourlet rose de ses lèvres. Donnez moi une palette de peinture et je peux reproduire la couleur pourtant indéfinissable de ses yeux, le gauche étant légèrement plus clair que le droit.

Un mois déjà, oui, mais quel mois riche en émotions, en sensations, en petits et grands événements de la vie. Un très joli mois rempli de paix, de joies, de lait maternel et de doux sommeil. Pour le mois suivant je vais donc appliquer la même formule magique, vivre en osmose, me laisser porter, ouvrir les yeux. Et profiter.

Un mois

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❤️ Ruben ❤️

par La journaliste IT pink & green

❤️ Ruben ❤️

Il est né le 29 novembre 2014 à 00 h 14, à la maison, aussi rapide qu'un bouchon de champagne.

Une naissance extraordinaire, unique, inoubliable !

Il aura trois semaines cette nuit. Trois semaines déjà.

Il a déjà bien grandi, il s'éveille, tente les sourires et mêmes les rires. Il est attentif, observateur, gros dormeur, calme, zen. Je l'appelle Ruben mon maître zen.

Tout le monde est dingue de lui, c'est un magicien de paix et d'amour.

Il tète comme un chef et dort comme une marmotte.

Il fait ses nuits, mais chut, il paraît qu'il ne faut pas le dire trop fort.

Une petite pastèque rose, douce et parfumée, absolument parfaite.

Je reviendrai bientôt raconter sa naissance en détail, dans un long billet. Une naissance que je berce encore en moi pour le moment, et dont je me délecte de chaque petit détail.

(Merci encore pour tous vos petits mots sur les réseaux sociaux, par sms et mails)

❤️ Ruben ❤️
❤️ Ruben ❤️
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Je t'attends

par La journaliste IT pink & green

Je t'attends

La semaine dernière je rédigeais un point pastèque en pensant que c'était probablement le point final de ma grossesse et que notre baby boy naîtrait dans les jours qui suivaient. Mais non, il est toujours bien au chaud et visiblement pas pressé de sortir de sa piscine.

Et moi ? On me demande souvent comment je vais, si je ne suis pas trop impatiente ou agacée de n'avoir pas encore accouché. Agacée non, certainement pas, il prend le temps qu'il lui faut et pas celui que j'ai pu imaginer pour lui en fonction de ce que j'ai déjà vécu. L'impatience n'est pas non plus le mot que j'emploierais. Je commence à avoir hâte. Voilà, c'est le terme. Voilà ce que je pourrais lui dire.

J'ai hâte.

Je t'attends.

Bébé d'amour, oui j'ai hâte de voir ta petite bouille.

De prononcer ton nom et vérifier s'il te va bien.

Hâte de voir si tu ressembles à ton papa.

Ou à ton frère à la naissance.

J'ai hâte de découvrir tes petits cheveux sans doute bien noirs comme ceux de ton papa et de ton frère.

Ou clairs comme tes deux soeurs ? Ce serait rigolo comme surprise. Un chevelu clair.

J'ai hâte de découvrir tes petits doigts repliés comme de minuscules crevettes roses, tes orteils peut-être aussi longs que les miens et que ceux de ton frère et de tes soeurs.

J'ai hâte de pouvoir dessiner du bout de mon doigts la courbe de tes narines, de tes sourcils et de ton menton.

J'ai hâte de contempler le rose de ta petite bouche et de guetter ton regard dans tes petits yeux fraîchement ouverts.

J'ai hâte de sentir ton poids au creux de mon bras et d'inspirer ton odeur de bébé encore frais de liquide amniotique.

Je t'attends tu sais.

On t'attend tous.

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Le point pastèque (mûre)

par La journaliste IT pink & green

Le point pastèque (mûre)

Aujourd'hui j'en suis à 39 SA et un jour, le baby boy peut arriver à tout instant même si pour le moment rien ne laisse penser qu'il soit prêt à sortir. Un petit point avant le grand jour qui approche.

- A J-15 (soit pile le terme auquel j'ai accouché pour ma cadette et pour mon fils) je me sens plutôt bien, très bien même, en dépit des insomnies qui viennent systématiquement me titiller à partir de 1 heure du matin et qui durent parfois jusqu'au petit matin. Pour contrebalancer j'essaie de me coucher tôt tout en bénissant le ciel de ne pas être une grosse dormeuse et de pouvoir me contenter de cinq ou six heures du sommeil. Easy.

- Je suis partagée entre envie de voir mon deuxième fils et envie de profiter de lui encore un peu in utero. Je sais comme le temps passe vite, comme les premiers jours, les premières semaines, les premiers mois filent filent filent alors je prends l'option "savourer à fond" pour ne pas avoir de regrets, pour ne pas me dire ensuite que c'était trop bien et que je n'ai pas assez profité. Il est encore en moi et chaque seconde est précieuse, chaque petit mouvement est savouré à sa juste valeur. Immense.

- J'ai le ventre énorme, oui je sais, mais il ne craque pas (merci à l'ancêtre qui m'a légué sa peau) et non, ça n'est pas "trop lourd" ni "trop encombrant" (on me pose souvent la question). Un peu pas pratique pour lacer des chaussures (vives les grossesses d'été pour ça), un peu gênant pour se retourner la nuit, mais c'est tout.

- On me dit que mon ventre est bas, mais je n'en ai pas l'impression, la photo (un peu de biais) est trompeuse, je ne le sens pas descendu pour le moment. Mais je sais aussi que ça peut changer en une fraction de seconde.

- J'ai passé toutes mes visites médicales, il ne reste plus que la sage-femme pour la routine, si j'en ai envie, si j'en ai besoin. Je peux l'appeler n'importe quand et c'est rassurant.

- La chambre des garçons (c'est émouvant n'est-ce pas ? de dire ces trois mots ensemble, c'est nouveau pour moi) est presque finie, il manque un petit bureau, des casiers de rangement, une petite bibliothèque. Mais l'essentiel est là, les deux lits, un petit en fer forgé gris, un grand en bois blanc. Du gris, du blanc, du bleu turquoise, du rose fluo et du rouge. Ma machine à coudre a aussi oeuvré pour cette chambre et je suis assez contente du résultat.

- A propos de chambre, on m'a demandé à plusieurs reprises ce dont on avait besoin pour un quatrième enfant, alors pour la première fois j'ai fait une liste de naissance. Si le coeur vous en dit, cette liste Ookoodoo est ici . On peut acheter un article ou juste participer pour un cadeau plus gros. Ou, tout simplement, s'en inspirer pour les couleurs, les besoins, les thèmes. On y retrouve notamment Maman Naturelle et Le Pingouin de l'Espace, des marques chères à mon coeur pour diverses raisons (je ne cite pas souvent de marques comme vous avez pu le remarquer mais ça en vaut la peine).

- En parlant de Maman Naturelle, je me suis faite emplâtrer grâce à elle. Je vous en dis plus très bientôt.

Voilà, je voulais aussi vous remercier vous les ami(e)s intimes, de longue date, de passage, de grossesse, ici, sur facebook, twitter, instagram ou chez les DTDR pour vos petits mots, votre fidélité, l'attente que vous partagez avec moi. Et je vous laisse avec quelques photos de la chambre.

Rendez-vous la semaine prochaine pour un autre point pastèque... à moins que la pastèque ne se décide à éclore ?

Le point pastèque (mûre)
Le point pastèque (mûre)
Le point pastèque (mûre)
Le point pastèque (mûre)
Le point pastèque (mûre)
Le point pastèque (mûre)
Le point pastèque (mûre)

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Accoucher bientôt, entre appréhension et excitation

par La journaliste IT pink & green

Accoucher bientôt, entre appréhension et excitation

J'entends d'ici les amies qui me connaissent bien s'exclamer "appréhension ? Keuwaaa ? Toi qui accouches en deux secondes et demi ?".

Oui mais justement. Accoucher vite, ça veut dire accoucher intensément. A chaque minute, chaque seconde, chaque respiration, chaque contraction.

De travail progressif et apprivoisable, point. La gestion de la douleur (what ?), impossible. Compter le temps entre les contractions hahaha. Accoucher pour moi c'est comme un tsunami, un truc qui se fait dans le silence le plus total des profondeurs de la mer, qui grossit en secret et qui, lorsqu'il déboule à la surface, balaie tout sur son passage en l'espace de quelques minutes.

Non je n'ai pas le temps de "gérer la douleur" au fur et à mesure qu'elle s'amplifie, je n'ai pas le temps de me dandiner sur un gros ballon en soufflant, ni de réfléchir si je n'ai rien oublié, ni de téléphoner aux voisins pour venir éventuellement dans une heure ou deux pour garder les enfants.

Je n'ai pas le temps de vérifier les dernières affaires, de mettre en route l'application contractions sur mon iPhone ou cogiter si c'est le moment ou pas d'aller à la maternité (si je me pose la question, go go go, c'est NOW), ni d'attendre l'arrivée de la sage-femme si elle a 1 h 30 de route à faire, comme a pu le montrer la naissance de mon fils. Ca ne se passe pas comme ça pour moi. Moi je lis une histoire à mes filles sur le bord du lit, je m'attable pour manger une lasagne chèvre épinard que je ne termine pas en me disant que je n'ai pas faim ce soir, je surfe un peu sur Internet, j'écris deux trois trucs, je guette l'éclipse de lune. Et puis soudainement je me dis que c'est peut-être, oui sûrement, c'est le bon soir. Et j'accouche. Dans les minutes qui suivent. Oui madame.

La poignée de minutes qui sépare la prise de conscience et la naissance est très intense en revanche. Pour tout dire, je pense que mon cerveau (et en particulier ce fameux néo-cortex sensé s'éteindre durant l'accouchement) n'a absolument pas le temps de se déconnecter tant il est pris au dépourvu. Une partie de mon cerveau continue à travailler à ce moment là et c'est cette partie là qui a inscrit dans mon disque dur cette phrase à laquelle je repense de plus en plus souvent "si jamais tu dois à nouveau accoucher, tu te rappelles comme ça fait mal ? et bien ma chère ton souvenir est un milliard de fois en dessous de la réalité. N'oublie pas : un milliard". Sympa mon cerveau non ?

Heureusement le jour de la naissance mon cerveau a un autre maître, mon corps, et il n'a pas le choix, il doit le laisser faire (en dehors de cette fameuse petite phrase qu'il parvient à inscrire dans mon disque dur, ce qui n'est pas si grave que ça d'ailleurs finalement).

Oui mon corps prend le relais de tout, les choses se mettent en branle toute seule, il sait comment se contracter, se tordre, marcher, pousser, aider la vie à sortir de la mienne. C'est violent mais court et efficace. La nature dans toute sa force, toute son indépendance, toute sa splendeur. Un ouragan. Un tsunami. Une tempête qui balaie tout et qui rétablit un nouvel équilibre. Ca n'est peut-etre pas par hasard finalement que j'ai accouché une fois en pleine tempête de grêle, alors qu'on était en juin, et une autre fois en pleine éclipse de lune. Mon corps se met au diapason du ciel, épouse la symphonie des éléments et puise son énergie dans la puissance de l'univers.

Alors oui je suis aussi super impatiente et super heureuse d'accoucher. J'aime accoucher, j'ai déjà parlé ici de ce moment, "that moment" si unique, si exceptionnel, si fort. Je me sens maître de l'univers, super puissante, louve, lionne et grande Ourse à la fois. J'aime soulever mon enfant pour la première fois, le poser encore humide de moi sur mon coeur et respirer de toutes mes forces ce parfum de jamais, venu des entrailles de la mer, et qu'il ne gardera que quelques heures sur la peau. Cette odeur sauvage, chaude et réconfortante de pain, d'eau et de sel. J'aime cette tempête qui traverse mon corps, j'aime les premières minutes, la découverte de ce nouveau membre de la famille, la mise en route de l'allaitement, les petits bruit de nouveau-né et la chaleur d'un petit corps qui se fond dans mes bras.

Voilà où j'en suis. 36 SA et deux jours aujourd'hui, je compte les jours à profiter encore de mon gros ventre, je compte les jours qui me séparent de ce moment tant attendu.

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Socrate et Chi

par La journaliste IT pink & green

Socrate et Chi

Si vous me suivez sur Facebook, Instagram ou Twitter, vous avez pu suivre l'arrivée de Chi dans notre foyer. On ne sait pas quel âge elle a exactement (moi je dirais facile 4 mois vu sa taille, même si ses anciens propriétaires pensent moins - elle est naît pendant les vacances d'été, en leur absence).

Elle appartenait aux anciens locataires de la maison dans laquelle nous venons d'emménager et elle cherchait un foyer. Lors d'une visite de la maison avec les enfants, forcément on a craqué et forcément on a décidé de le lui offrir, ce foyer. D'autant, nous disions-nous, qu'elle connaissait les lieux, la maison, la cave où elle est née, le jardin, les cabanes. L'adaptation ne nous semblait pas difficile, ni pour elle, ni pour nous, ni pour nos deux autres boules de poils, Socrate et Balkis.

Et effectivement, tout s'est déroulé avec la facilité et l'évidence auxquelles je m'attendais. Socrate fut certes, durant un temps, circonspect et même apeuré par l'arrivée de cette nouvelle venue pleine d'énergie et de témérité, mais il en a très vite fait sa nouvelle compagne de jeux (au grand dam de Balkis me semble-t-il parfois).

Ce qui est drôle, c'est de voir à quel point deux chats peuvent être différents (comme les enfants me direz-vous). Bon certes ils n'ont pas connu la même enfance, Socrate a grandi pendant deux mois en maison, avec ses frères et soeurs, un chien avant de rejoindre la sécurité de notre appartement avec une copine de jeux du même âge alors que Chi est née dans une cave et y a grandi dans la plus grande des libertés, suivant sa mère dans le jardin, la maison, le cabanon, le voisinage. Par ailleurs Socrate est un mâle, Chi une jeune femelle. De quoi forger des caractères diamétralement opposés.

Mais quand même. Les différences sont vraiment flagrantes entre ces deux là. Socrate est un félin dans toute la splendeur du pacha paresseux, tranquille, à la fois pépère et classe. Un fauve. On dirait un lion, ou un tigre, ou un guépard. Ca dépend des jours. A côté de ça il est terriblement trouillard, pantouflard même. Il aime son confort, son canapé, ses jeux, sa gamelle. Et nous. Oui il est très attaché à nous, dépendant je dirais.

Il n'a pas super bien vécu les deux premiers jours ici. Déjà il était paniqué par l'arrivée des déménageurs dans cet appartement qu'il connaissait si bien et qui était toujours si calme. Quatre gaillards charpentés comme des armoires, aux gestes sûrs, à la démarche bruyante, aux ordres laconiques et à l'accent polonais pour certains, de quoi chambouler notre fauve pépère. On a finalement "déménagé" Socrate dans un carton entre-ouvert sur le haut, carton qu'il n'a pas voulu quitter une fois arrivé ici (d'ailleurs Chi l'y a rejoint, comme pour le rassurer).

Et quand il a quitté ce carton, il s'est perdu. Durant 24 heures on ne l'a plus vu et j'avoue qu'on était inquiets, il ne connaissait ni les jardins, ni les routes, ni les voitures, ni le voisinage évidemment. On craignait qu'il se fasse écraser ou qu'il rencontre un chat des rues peu enclin à partager son territoire avec ce chat au pelage de luxe. On a même lancé des appels ici et là sur des groupes facebook pour le retrouver et on a reçu divers messages nous confirmant que notre pacha était toujours dans les parages... mais introuvable. Il a fini par regagner le bercail, à notre grand soulagement, une petite cicatrice au dessus de l'oeil en guise de souvenir et surtout (me semble-t-il) l'intention chevillée au corps de ne plus le quitter, ce bercail. Il s'aventure un peu dans le jardin, mais guère longtemps, et guère loin.

Quant à Chi, elle a un caractère vraiment très différent. Elle est casse-cou, intrépide, audacieuse et diablement agile. Elle escalade tout ce qu'elle peut, sous l'oeil perplexe et presque indulgent de Socrate. Elle grimpe aux arbres, elle bondit à toute vitesse de bas en haut des escaliers de la cave alors que Socrate les escalade avec nonchalance et prudence.

Elle est très joueuse aussi, beaucoup plus que Socrate au même âge. Dès qu'elle trouve un petit objet elle joue avec comme si c'était une boule de flipper, ça part dans tous les sens et elle saute, rattrape, relance, jaillit et recommence. Et si elle ne trouve pas d'objet pour jouer, elle s'amuse avec sa propre queue. Chi, ou le chat qui ne s'ennuyait jamais en somme. Elle est très câline aussi, comme Socrate, mais en mode moins farouche. Elle s'est tout de suite laissée apprivoiser par nos caresses et squatterait volontiers nos lits.

Elle sait se défendre aussi. Face aux aboiements et aux coups de patte certes joueurs mais musclés de Balkis, elle ne prend pas l'option fuite et cachette. Elle reste campée sur place, elle affronte, sort les griffes, hérisse le poil, grogne, crache. Jamais elle ne renonce, le terrain gagné lui appartient, aussi fluette puisse-t-elle paraître face à un bouledogue.

Elle a trouvé en Socrate un compagnon qui lui convient bien, ils s'amusent beaucoup ensemble et lorsque les jeux de la cadette semble trop périlleux pour l'aîné, ce dernier prend ses quartiers sur les escaliers ou un bout de jardin pour observer la petite effrontée monter toujours plus haut dans les arbres, secouer les branches, sauter et retomber sur ses pattes.

Le chat fauve et le chat écureuil.

Avoir un animal, c'est sympa. En avoir trois c'est drôle et c'est même plus facile au quotidien.

Comme pour les enfants en quelque sorte, non ?

Socrate et Chi
Socrate et Chi
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