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La méditation de la mangrove

par La journaliste IT pink & green

La méditation de la mangrove

Il y a quatre ans j'ignorais en quoi consistait la méditation. Ou plutôt, j'avais une idée totalement erronée de sa vraie nature, aux antipodes de ce qu'elle est réellement. Je pensais que méditer consistait à lire, à se concentrer, à réfléchir, à penser, à analyser. Beaucoup. Pourquoi ? Parce que j'entendais mon père et mon grand-père dire "je vais méditer" avant de se pencher avec application et volonté sur un texte religieux ou philosophique afin de le décortiquer, de le déchiffrer, de le comprendre. Une activité purement cérébrale en somme. Les neurones qui chauffent, l'attention dirigée sur un point bien précis par le cerveau.

Et j'ai découvert que c'était tout le contraire : faire taire la cervelle, lâcher prise, lâcher les rênes de la pensée, s'en remettre à quelque chose d'autre. Avant je ne comprenais pas qu'on puisse associer méditation et relaxation (tu m'étonnes) vu que j'en avais une idée très liée à un effort cérébrale. Maintenant je sais. Je découvre et j'écoute régulièrement des médiations guidées, certaines sont tellement relaxantes qu'elles ont le don de me faire sombrer dans le sommeil en cinq minutes chrono. Le lâcher prise est total.

Mais j'aime de plus en plus créer mes propres méditations. Attention, quand je parle de créer je ne parle pas d'un effort cérébral ni de concentration. Je parle encore et toujours de lâcher prise. J'ai appris, grâce à différentes techniques (sophrologie, rêve éveillé, rebirth) à me reconnecter à une autre partie de moi-même. La meilleure partie. Celle qui sait, celle qui guide. On peut lui donner le nom qu'on veut (ou pas de nom du tout d'ailleurs), la petite voix, l'intuition, l'âme, l'enfant intérieur, le Soi, Dieu, la Source. Peu importe. C'est quelque chose qui est là et qui nous guide toujours là où il faut si on prend la peine de l'écouter. Parce que la petite voix nous parle en permanence, elle nous envoie même des images. Malheureusement depuis l'enfance on nous apprend à ne pas écouter, à ne pas voir, à ne pas croire cette voix (sacro saint cerveau cartésien). C'est presque pécher que de l'écouter. D'ailleurs je me suis toujours demandé si les enfants qui ont un ami imaginaire ne sont pas en réalité connectés avec leur intuition de manière si forte qu'ils la personnalisent. Mais les adultes tuent les amis imaginaires, et les enfants les oublient.

Bref, maintenant je sais me reconnecter et la petite voix me guide toujours là où j'en ai besoin. Y compris dans la méditation.

Il y a deux jours, le soir, j'avais envie de prendre un bain. J'étais fatiguée, un peu cassée d'avoir tant rangé (ça doit être mes racines slovaques qui se réveillent à l'approche des fêtes, les slovaques se mettent à briquer le foyer de haut en bas avant Noël et avant Pâques). Seulement c'était presque l'heure du coucher pour mes enfants et mon amoureux n'était pas rentré. Un bain me semblait pourtant indispensable là tout de suite, même court. J'ai plongé dans l'eau brûlante et la mousse parfumée à la fleur d'oranger en me disant qu'il fallait que ce bain soit le plus efficace possible : court mais délassant et régénérant à 200%. Qu'ai-je fait ? J'ai demandé à mon intuition de me guider. Les images (ce ne sont pas vraiment des pensées mais plus des images, de la visualisation) me sont venues aussitôt que j'ai fermé les yeux, la tête appuyée contre le bord de la baignoire. Je vous les livre telles qu'elles me sont venues. J'ai d'abord ressenti le besoin de replier légèrement mes jambes de manière à ce que mes pieds soient bien à plat dans le fond de mon bain. Connectés à la terre en quelque sorte. La force et le relâchement (oui oui ça va bien ensemble) me sont venus par la plante des pieds et sont remontés le long de mes jambes en tournoyant autour d'elles, comme des lianes vertes et grises. Comme si la terre se réappropriait mon corps pour le nourrir. J'étais à la fois enlacée et enracinée, je puisais de l'énergie directement dans la terre à travers mes pieds. Une image m'est venue, une mangrove. Je n'étais pas dans la mangrove, j'étais la mangrove. C'est difficile à décrire car ce n'est pas quelque chose de l'ordre de la pensée, mais réellement de la sensation. La force remontait en moi comme la sève dans un arbre. L'image s'est ensuite déplacé vers ma tête, vers le ciel, vers les feuilles, vers ma respiration. A chaque inspiration j'avalais de la lumière et de la paix, à chaque expiration je recrachais la fatigue et la crispation. L'air de la mangrove était bleu et doux, l'eau en était chaude et caressante. J'étais à la fois ancrée dans la terre et voltigeant dans l'univers, me servant ici et là des forces dont j'avais besoin, de l'exacte énergie qu'il me fallait à ce moment là.

Combien de temps suis-je restée ainsi ? Des heures, vu le délassement et le bien-être qui m'ont envahie. Quelques minutes tout au plus m'a répondu l'horloge. Mais la mission était accomplie, bain court mais absolument régénérant, bénéfique, apaisant, réconfortant et énergisant. Tout ça à la fois. Demandez et vous recevrez. Ben voilà.

Merci la petite voix.

Crédit photo 1 : www.mangrove.at

La méditation de la mangrove
Commenter cet article

elodie erdmann dulac 18/02/2014 20:55

Sublime !
J'adore vos articles, qu'ils sont agréables a lire.
Et leurs sujets sont inspirants :)
Merci, je ne regrette qu'une chose ce soir, ne pas avoir de baignoire ^^

La Journaliste IT Pink & Green 19/02/2014 13:51

Merci pour ce gentil commentaire. Je compatis pour la baignoire, je n'en ai pas eu pendant quelques années et ça m'a manqué.