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Bienveillance envers autrui, bienveillance envers soi-même

par La journaliste IT pink & green

Bienveillance envers autrui, bienveillance envers soi-même

Je suis tombée par hasard sur cette photo et elle m'a littéralement sauté au visage. Pas seulement en raison du cri muet de la petite fille, ni du rictus de la mère, pas même en raison de cette main cachée dont on sait malheureusement ce qu'elle est en train de faire. Non, elle m'a secouée, choquée pour une raison supplémentaire (peut-être voulue d'ailleurs ?) : la similitude entre le petite fille et l'adulte.

Même coiffure.

Même type de vêtement.

Même dentelle.

Même visage.

Même teint.

Même... personne ?

S'agit-il du même individu ? Tantôt adulte, tantôt petite fille, tantôt victime, tantôt bourreau. Totalement perdu entre ces différents états. Fêlée par son vécu, hantée de souvenirs inconscients, défaillante de souffrance, proie torturée de syndromes (mot cher à mon amoureux) qu'elle a cherchés à étouffer depuis l'enfance ?

Et si elle était là, la clé ?

Peut-être qu'au lieu de faire des campagnes de pub contre la fessée, montrer du doigt les parents qui la pratiquent ou même envisager une loi qui l'interdirait, peut-être qu'on devrait prendre chaque parent par la main et l'amener à la rencontre de lui-même, de lui-même enfant ? Peut-être qu'il faut aider chaque parent à guérir ses blessures pour pouvoir sortir de ce cercle vicieux, de cette malédiction qui se transmet de génération en génération ? Faire la paix avec le passé, pardonner. "Se" pardonner aussi. Ecouter l'enfant en soi, ses besoins, ses attentes. Le bercer et lui promettre qu'on sera le meilleur des parents possible pour lui. Et, par une sorte de ricochet magique, le devenir aussi pour son enfant.

Peut-être est-ce cela qui m'a toujours préservée d'administrer une fessée ou une gifle à un de mes enfants ? Peut-être parce que je me vois petite fille qui ne veut plus assister à l'administration d'une fessée, même légère, même "méritée" ?

Je suis allée à sa rencontre, je sais maintenant comment la retrouver et si je l'interroge, la petite fille en moi est contente et apaisée. Contente d'elle, de moi, et ça me met le sourire au lèvres. Mais elle reste sévère pour d'autres choses, elle me demande de ne pas crier, de mieux exprimer mes colères pour mieux les canaliser et de cultiver cette bienveillance que j'ai pour mes enfants envers d'autres personnes, mes amis, d'autres mamans, des inconnus, des gens qui croisent et décroisent mon chemin.

Je m'y emplois, je le lui ai promis.

L'enfant en soi tient les clés de beaucoup de choses.

Pour info, j'ai trouvé cette photo en tombant sur une actu concernant le Kansas. Une députée a déposé une proposition de loi qui permettrait aux parents, aux enseignants et aux soignants d'administrer des fessées "laissant traces, rougeurs ou ecchymoses" (comprendre donc, les maltraitances ne laissant aucune trace sont donc parfaitement légales sur les enfants.Hum). Oui je sais, mes deux bras aussi en sont tombés. J'ai du les ramasser pour écrire ce billet.

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Elena 09/09/2014 12:08

Un grand merci pour cet article. Il y a en lui une beauté et une délicatesse qui m'ont amener des larmes aux yeux. Oui, la bienveillance se cultive tous les jours envers soi et envers les autres. J'ai aussi l'impression que notre petit enfant intérieur a grandement besoin de douceur et que l'adulte ne sais pas toujours comment la lui apporter. Je me pose les mêmes questions que vous : nos enfants sont-ils une prolongation de nous ? En les respectant, arrivons-nous à plus de respect et d'amour pour nous-même ? Bravo.

Mamie Renée 08/03/2014 15:59

En voilà une "vrai" vérité, bravo !

samsung galaxy 01/03/2014 17:49

Un petit merci pour les efforts que vous avez mis dans l’écriture de cet article. Je l’ai trouvé d’utilité.

lizana 26/02/2014 10:48

décidement dans les états du sud des states ce sont des malades mentaux ! je ne suis pas entrain de dire qu'on doit faire comme en Suéde où une petite tape peut séparer parents et enfants, car il y des nuances, nos chers petits peuvent être très difficiles et quelquefois on ne sait plus quoi faire, mais on ne peut pas les abandonner au milieu d'un trottoir s'ils font des grosses coléres pour un refus des parents. Heureusement les miens ont trente ans mais je repasserais pas par là : ne juger pas par une photo, rictus ou grimace, certaines fillettes sont souvent difficiles, et chacun sait que les enfants font tout pour voir jusqu'où ils peuvent aller..

Mamie Renée 08/03/2014 16:00

C'est tout à fait vrai aussi !

Diane 22/02/2014 15:35

C'est très exactement l'idée de La dernière campagne de pub passée sur les écran il y a peu ( enfin peut être un an ?)

Maria 22/02/2014 17:30

Personnellement j'ai subi des violences psychologiques de la part de ma mère, et bien je peux vous dire que j'aurais préféré une bonne fessée, car la souffrance physique n'est que ponctuelle, alors que la mienne est à vie, j'ai 60 ans et il n'y a pas longtemps que j'ai fait la paix avec ma mère.