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Accoucher bientôt, entre appréhension et excitation

par La journaliste IT pink & green

Accoucher bientôt, entre appréhension et excitation

J'entends d'ici les amies qui me connaissent bien s'exclamer "appréhension ? Keuwaaa ? Toi qui accouches en deux secondes et demi ?".

Oui mais justement. Accoucher vite, ça veut dire accoucher intensément. A chaque minute, chaque seconde, chaque respiration, chaque contraction.

De travail progressif et apprivoisable, point. La gestion de la douleur (what ?), impossible. Compter le temps entre les contractions hahaha. Accoucher pour moi c'est comme un tsunami, un truc qui se fait dans le silence le plus total des profondeurs de la mer, qui grossit en secret et qui, lorsqu'il déboule à la surface, balaie tout sur son passage en l'espace de quelques minutes.

Non je n'ai pas le temps de "gérer la douleur" au fur et à mesure qu'elle s'amplifie, je n'ai pas le temps de me dandiner sur un gros ballon en soufflant, ni de réfléchir si je n'ai rien oublié, ni de téléphoner aux voisins pour venir éventuellement dans une heure ou deux pour garder les enfants.

Je n'ai pas le temps de vérifier les dernières affaires, de mettre en route l'application contractions sur mon iPhone ou cogiter si c'est le moment ou pas d'aller à la maternité (si je me pose la question, go go go, c'est NOW), ni d'attendre l'arrivée de la sage-femme si elle a 1 h 30 de route à faire, comme a pu le montrer la naissance de mon fils. Ca ne se passe pas comme ça pour moi. Moi je lis une histoire à mes filles sur le bord du lit, je m'attable pour manger une lasagne chèvre épinard que je ne termine pas en me disant que je n'ai pas faim ce soir, je surfe un peu sur Internet, j'écris deux trois trucs, je guette l'éclipse de lune. Et puis soudainement je me dis que c'est peut-être, oui sûrement, c'est le bon soir. Et j'accouche. Dans les minutes qui suivent. Oui madame.

La poignée de minutes qui sépare la prise de conscience et la naissance est très intense en revanche. Pour tout dire, je pense que mon cerveau (et en particulier ce fameux néo-cortex sensé s'éteindre durant l'accouchement) n'a absolument pas le temps de se déconnecter tant il est pris au dépourvu. Une partie de mon cerveau continue à travailler à ce moment là et c'est cette partie là qui a inscrit dans mon disque dur cette phrase à laquelle je repense de plus en plus souvent "si jamais tu dois à nouveau accoucher, tu te rappelles comme ça fait mal ? et bien ma chère ton souvenir est un milliard de fois en dessous de la réalité. N'oublie pas : un milliard". Sympa mon cerveau non ?

Heureusement le jour de la naissance mon cerveau a un autre maître, mon corps, et il n'a pas le choix, il doit le laisser faire (en dehors de cette fameuse petite phrase qu'il parvient à inscrire dans mon disque dur, ce qui n'est pas si grave que ça d'ailleurs finalement).

Oui mon corps prend le relais de tout, les choses se mettent en branle toute seule, il sait comment se contracter, se tordre, marcher, pousser, aider la vie à sortir de la mienne. C'est violent mais court et efficace. La nature dans toute sa force, toute son indépendance, toute sa splendeur. Un ouragan. Un tsunami. Une tempête qui balaie tout et qui rétablit un nouvel équilibre. Ca n'est peut-etre pas par hasard finalement que j'ai accouché une fois en pleine tempête de grêle, alors qu'on était en juin, et une autre fois en pleine éclipse de lune. Mon corps se met au diapason du ciel, épouse la symphonie des éléments et puise son énergie dans la puissance de l'univers.

Alors oui je suis aussi super impatiente et super heureuse d'accoucher. J'aime accoucher, j'ai déjà parlé ici de ce moment, "that moment" si unique, si exceptionnel, si fort. Je me sens maître de l'univers, super puissante, louve, lionne et grande Ourse à la fois. J'aime soulever mon enfant pour la première fois, le poser encore humide de moi sur mon coeur et respirer de toutes mes forces ce parfum de jamais, venu des entrailles de la mer, et qu'il ne gardera que quelques heures sur la peau. Cette odeur sauvage, chaude et réconfortante de pain, d'eau et de sel. J'aime cette tempête qui traverse mon corps, j'aime les premières minutes, la découverte de ce nouveau membre de la famille, la mise en route de l'allaitement, les petits bruit de nouveau-né et la chaleur d'un petit corps qui se fond dans mes bras.

Voilà où j'en suis. 36 SA et deux jours aujourd'hui, je compte les jours à profiter encore de mon gros ventre, je compte les jours qui me séparent de ce moment tant attendu.

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amrakchi 16/11/2014 13:48

On en veut encore avec autant d\'humour. Continuez.

trafic 13/11/2014 12:57

On en veut encore avec autant d\'humour. Continuez.

chaglam 01/11/2014 19:10

je te comprends tout à fait, moi aussi j'appréhende... bien qu'ayant déjà l'expérience... ça n'empeche pas.
tiens une video intéressante sur les sage-femmes...
http://api.dmcloud.net/player/pubpage/522497e194a6f650d300002d/531f42e69473997dc0b3b72a/1fc65946c7254cf8b4e97261eff460e5?wmode=direct

Mimilady 01/11/2014 09:25

Aïe la peur de la douleur... Profite-bien de ton accouchement, fais confiance à ton corps! Je pense bien à toi pour ces derniers jours avant le grand jour!