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Changer de rythme, et retricoter le quotidien

par La journaliste IT pink & green

Changer de rythme, et retricoter le quotidien

Depuis six mois, on a progressivement changé de rythme.

"Normal", me dire-vous, "Tu as un bébé !".

Mais non non, il ne s'agit point de cela. Le maître zen s'est coulé dans notre rythme comme une rivière se coulerait dans son lit, avec facilité et aisance, nous laissant, dans sa grande mansuétude de bébé incroyable, des nuits parfaitement complètes de sommeil.

Non non, si on a changé de rythme c'est uniquement parce que mon amoureux a lancé une autre activité, en parallèle de celle qu'il avait déjà, mais qu'il abandonne peu à peu. Pour tout vous dire, il a repris avec une amie ce Cabaret (que je ne peux que chaudement vous recommander si vous passez dans les Hautes-Alpes, on y mange les meilleures tapas de Gap et on y boit les meilleurs mojitos de France - rien que ça, oui oui ! - en écoutant de la bonne musique).

Et qui dit Cabaret, dit aussi musique, cocktails, convivialité, danse, rires, chaleur, découvertes artistiques, fête.

Mais qui dit Cabaret dit aussi vie nocturne.

Aha, tu le vois le changement de rythme ?

Beh oui, mon amoureux ne travaille plus (du tout) aux mêmes horaires qu'avant. Avant il abattait les heures de boulot du matin au soir avec un répit à midi. Aujourd'hui il travaille les midis, les soirs, les débuts de nuit.

Les week-ends aussi.

Surtout.

Ah nos sacro-saints week-ends.

Alors il a fallu s'adapter.

S'ajuster.

Accepter aussi.

Accepter de ne plus passer toutes nos soirées en famille ou en couple.

Puis accepter que même les midis y passent. Nos grandes tablées des midis à six, sept, huit personnes.

Il a fallu renoncer à la présence, aux bruits, aux voix, aux chaussures qui volent dans le couloir, aux assiettes qui s'entre-choquent et aux conversations entre-mêlées. Pas d'amoureux le midi, pas de cadette trois fois par semaine car elle mange au Cabaret, pas d'aînée une fois par semaine. Des midis en tête à tête avec mes deux plus petits.

Mon timing parfait, se lever, ranger, cuisiner, tout est prêt pour tant de monde à midi moins le quart quand les petites arrivent et pour que la grande ait le temps de manger. Pfiiiiiiiiit, envolé le joli timing parfaitement rôdé.

Les recettes qui reviennent, lundi midi légumes et riz, mardi midi conchiglionis farcis, mercredi midi tourtons après le marché... déchirées les habitudes.

Adieu la zone de confort.

Et les soirées hein.

Ah les soirées sans Lui.

Comme ça a été dur.

Comme C'EST dur SANS LUI.

Alors on a bluffé, on a inventé, on a tricoté des moments de bonheur.

On a troqué la routine joyeuse et bruyante contre une autre, un peu moins bruyante, mais qu'on essaie de garder joyeuse.

On a instauré les plateaux repas du jeudi soir et peu importe si le lendemain il y avait école. On a décrété que le vendredi soir c'était nouilles chinoises et samedi pizza ou hamburgers. On a abandonné la salle à manger pour se serrer sur le canapé et manger sur la petite table basse tous ensemble. On a ressorti la Wii, choisi des dessins animés à regarder, rigolé devant des émissions qu'on ne regardait jamais pourtant, Cristina et ses tou é magnifaïk ma chéwi, Mika qui bondit sur le buzzer avec ses pieds.

On se baigne même le soir, tard, sous les étoiles, juste pour le plaisir de faire la planche dans le noir, entre maman et filles.

On a jeté aux orties certains principes pour quelques temps et on a décidé de bidouiller des bouts de bonheur avec ce qu'on avait, sans tenir compte du superflu ni de ce qui encombre inutilement nos têtes.

On a bricolé nos soirées.

On a réussi à leur donner une note positive et à profiter autrement.

Oh non ce n'est pas facile tous les jours.

Ni pour moi, quatre, cinq, six enfants en solo parfois, c'est chronophage.

Ni pour lui, mon petit de quatre ans, surtout pas pour lui d'ailleurs, qui ne comprend toujours pas ce changement mais s'y habitue doucement.

Ni pour elles, les grandes, à qui il manque.

Seul le Maître zen reste zen en toutes circonstances. Il distribue ses sourires à qui veut bien les saisir en profitant du moment présent.

Maître zen, un exemple pour nous tous.

Pour info, la page Facebook du Cabaret Pop'Ulaire à Gap, dans les Hautes-Alpes.

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lexou 26/06/2015 15:32

ca donne envie, du changement un peu, du laisser aller, profiter de la vie...ici on relativise beaucoup plus qu'avant, le vendredi soir c'est dîner sur la table basse et on adore ca!En tout cas cette ambiance me donne envie!et puis les Mojitos...c'est mon péché mignon dommage que je sois si loin alors!!!!