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2015, que retiendra-t-on de toi ?

par La journaliste IT pink & green

2015, que retiendra-t-on de toi ?

2015 douce et dure, mouvementée et calme, silencieuse et bruyante, froide et chaude.

2015, une année toute en contraste.

On se souviendra du calme imperturbable de ce bébé qui grandit si vite et si joyeusement.

On se souviendra de la menthe sauvage qu'on dénichait sous les arbres, des écureuils qu'on croisait en allant jeter les poubelles et des lézards qui grimpaient jusqu'au toit. Il y a aussi eu le potager, des tomates et même des pastèques, comment oublier ce petit bonheur ?

Et puis les oiseaux qu'on a tentés de sauver des griffes de nos chats mais qu'on a fini par enterrer au fond du jardin, avec pierre tombale, fleurs et tout le cérémonial.

Il y a eu de la Vie aussi, des naissances même, trois chatons qui naissent en toute quiétude dans le même foyer que Ruben.

Le froid de l'hiver, le fioul qu'il faut commander deux fois, trois fois, cette habitude de mettre des chaussons qu'on ne parvient pas à prendre, on aime vivre pieds nus, voyez-vous. Et les bonhommes de neige qu'on fabrique à côté des igloos en se disant que tiens des carottes crues c'est bon à manger dehors en guise de goûter (ça c'est Iris). Le thé qui réchauffe et cette fichue habitude de fermer les portes pour garder la chaleur dans les pièces à vivre qu'on n'arrive pas à prendre. Comme pour les chaussons. On aime vivre les portes ouvertes voyez-vous.

Et puis la chaleur de l'été, la piscine, les cris de joie. L'arrosage du soir. Les maillots de bain qui sèchent sur la grille du jardin ou devant la cabane verte.

Le silence durant un mois d'absence, ce silence auquel je ne m'habitue pas, elles loin, lui qui travaille tant, les volets qu'on ferme tôt et le bourdonnement de la clim auquel on finit par s'habituer, qui endort tandis que les feuilles des marronniers dessinent des ombres dans la chambre. L'ombre enfin, la nuit bienvenue et la clémence de la montagne et de sa fraîcheur nocturne.

Un rythme familial à réinventer, comme une partition de musique bien rodée dont il faut transposer la gamme. Je pianote, je cherche ma clé de sol, la mélodie continue mais il nous manque une note.

Je tricote ma symphonie, je n'aime pas les bémols et il y en a trop. Je m'épuise à rajouter des dièses.

Mais j'imagine que même les meilleurs compositeurs griffonnent mille fois leur partition avant de parvenir à achever leur œuvre.

Et puis la surprise, les rendez-vous, les papiers, tellement de papiers, ce vocabulaire et ces acronymes improbables qu'il faut apprivoiser et qui finalement font partie du quotidien.

Les tâtonnements. Les questionnements. Le silence. Les déplacements.

Les aides des copines.

Réfléchir.

Déménager.

Oui, encore.

Et cette fatigue qui s'installe de manière insidieuse. Pas par manque de sommeil non, je dors bien. Mais la fatigue morale de toujours répéter, toujours se battre, toujours découvrir par hasard. La fatigue de porter, un, deux enfants. La fatigue, moi qui ne suis jamais fatiguée, allons donc ! Quelle drôlerie ! Ignorons la. 

Et lui, lui petit oiseau tatoué sur le bras qui s'obstine à ramasser des cailloux qu'il faut garder hein maman tu comprends. Non je ne comprenais pas avant de tomber il y a quelques jours sur cet ancien billet, Les années acidulées.

Mon oiseau tatoué, mon Roi, mon guide, mon architecte.

Les cailloux alourdissent mes poches. Quand j'y plonge les doigts je joue avec et je repense à ce billet.

J'ai une cathédrale à bâtir.

Et cette ado de 13 ans à peine que je découvre si forte et si sûre d'elle. Indépendante comme sa tignasse de feu. Poète, artiste, unique. 13 ans ? Elle semble en avoir dix, vingt de plus dans sa tête joliment faite.

Et ma 10 ans qui ne raisonne que par câlins et que même je devrais la regarder un peu plus et m'inspirer de son innocence et passer plus de temps à répondre à ses questions improbables, "j'aime bien parler avec toi maman".

Le temps, le temps qui manque mais que je vais apprendre à gèrer différemment. Pour la tignasse de feu, pour la Câline fan de maths, pour l'oiseau tatoué, pour le petit moine bouddhiste joyeux, pour l'amoureux si unique.

De 2015, on se souviendra aussi du silence parfumé dans lequel ont poussé les lilas un peu partout autour de la maison, même là où on les attendait pas, mauves, violets, blancs. La neige tombée drue un soir d'hiver en a même brisé deux branches énormes. L'une était irréparable et a fini dans une cheminée. L'autre, la pauvrette, était bien amochée mais point totalement brisée. Je la croyais perdue mais l'amoureux n'a point douté, il l'a tendrement relevée et l'a sanglée au tronc.

Au printemps, la branche brisée nous a offert de bien jolies grappes mauves et parfumées.

L'amoureux à la main verte, ai-je songé en contemplant de la cuisine le lilas pansé de noir mais flamboyant de vie, sans me douter que quelques semaines après l'épuisement aurait raison de moi comme la neige du lilas.

Mais l'amoureux n'a pas que la main verte. Il a la main qui guérit bien des choses. 

Lorsque c'est moi qui me suis brisée, il m'a tendrement relevée comme le lilas et sanglée contre la Vie, contre ma vie. 

Voilà.

En 2015 j'ai appris que les lilas brisés peuvent refleurir.

Que les cailloux sur le chemin sont des cadeaux qui nous permettent de construire des cathédrales.

Et surtout que l'Amour possédait tous les pouvoirs de l'Univers. 

2015, que retiendra-t-on de toi ?
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