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Mes cheveux et moi

par La journaliste IT pink & green

Mes cheveux et moi

Quand j'étais petite, jusqu'à quatre ou cinq ans (oui je m'en rappelle), mes parents me coupaient les cheveux courts. À ma sœur aussi. Que voulez-vous, quatre enfants (dont des jumeaux) en cinq ans, c'est pas fastoche fastoche tous les jours à habiller, coiffer, baigner, sortir, nourrir. Donc autant se débarrasser des corvées inutiles. Comme le démêlage par exemple.

Donc de cheveux longs, point.

Dès que ça poussait un peu trop, schkouik schkouik, ciseaux.

Si j'étais frustrée ? Oh que oui.

Si je le disais ? Bien-sûr que non. J'étais bien trop timide et délicate pour imposer à mes parents mes états d'âme capillaires.

Avant que je n'entre à l'école, en CP (je ne suis pas allée à la maternelle), mes parents ont laissé mes cheveux pousser. Je suis entrée avec mon cartable dans la classe et j'avais les cheveux aux épaules. J'étais JOUASSE.

C'est mon père qui nous coiffait tous les matins, ma sœur et moi. Et il le faisait bien. Je me rappelle de ses gestes délicats pour démêler mes cheveux, les remonter, en faire une queue de cheval, les tresser ou mettre des barettes colorées autour de mon front.

Depuis, je n'ai jamais coupé mes cheveux. Enfin si. Pour les égaliser. Mais je pleurais à chaque fois (aha la nana de 15 ans qui a les cheveux aux reins et qui PLEURE pour 10 cm de pointes coupées car endommagées. Bref.). À chaque fois je recueillais une mèche coupée, j'enroulais un ruban coloré autour et je la gardais religieusement avec la date dans un petit sachet en tissu, dans un des tiroirs de mon bureau (je ne suis pas folle).

J'ai donc eu les cheveux longs, voire trèès longs, blonds. Le soir je les tressais des deux côtés pour éviter qu'ils ne s'emmêlent, toutes les semaines j'endurais la corvée du lavage sans sourciller, la journée je les bouclais, j'en confectionnais de petites tresses agrémentées de rubans, je portais des bandeaux, des barettes brillantes, des chignons hauts, des fleurs...

Je les ai coupés courts une seule et unique fois. Pourquoi ? Parce que j'ai bêtement voulu tenter un méchage maison qui a viré à la catastrophe. J'avais les cheveux blancs et jaunes. Nan mais BLANCS ET JAUNES. L'horreur. Je suis allée directement chez le coiffeur le lendemain (avec un bonnet sur la tête). La coiffeuse a restauré ma couleur naturelle mais m'a dit que j'avais sacrément amoché mes cheveux. Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais j'ai répondu "ok, coupez tout". De cheveux aux reins je suis passée à une coupe courte, presque celle de mon enfance. Le changement était tellement radicale que lorsque j'ai fait biper mon pass pour entrer dans l'école de journalisme de Lille où j'étudiais, la secrétaire m'a couru après en criant "oh la mais vous êtes qui ? Comme avez-vous eu ce pass ?". Je me suis retournée et elle m'a reconnue.

Ce que j'ai pensé de cette période capillaire ? C'était indéniablement pratique. Le lavage, le séchage, le coiffage hop plié en quelques minutes. Je crois aussi que ça correspondait à une période de ma vie, une période pas facile. Je me suis, en quelque sorte, inconsciemment facilité la vie avec des cheveux courts, comme mes parents l'avaient fait des années auparavant.

Mais ce n'était pas moi.

Depuis, j'ai laissé pousser mes cheveux et je ne les ai jamais coupés plus courts que derrière les épaules. Ça c'est moi. Les cheveux longs.

En plus, cerise sur le gâteau, je me suis mise au low poo sans même savoir que ça existait et que ça portait un nom. En arrivant en 2009 dans ma région montagneuse perchée à 800 m d'altitude, moins polluée, ensoleillée, j'ai peu à peu espacé les shampoings. Parce que je n'en avais pas besoin. A ce jour je les lave environ une fois par mois. Et ils sont en pleine santé, propres, nombreux, doux. Je n'ai plus les racines grasses et les pointes sèches. Avant quand j'allais chez le coiffeur, on me disait systématiquement "oh la la, vous avez les pointes sèches, il faut couper une bonne longueur". Aujourd'hui on ne me dit plus rien, et on coupe exactement les centimètres que je souhaite.

Quant à l'avenir, dans très très longtemps, je ne sais pas ce que je ferai de mes cheveux. Mais je ne pense pas les couper. Je serai sans doute une petite mamie au chignon blanc. Je ne me vois pas opter pour une coupe courte moumoute. S'ils se portent bien, je les garderai toujours longs.

Mes cheveux et moi
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Banoffee 16/03/2016 16:29

J’ai souri. J’ai souri car j’ai lu ton billet juste après avoir coupé mes pointes (8 bons centimètres !).
Mes parents ont respecté mes choix capillaires et de souvenir, je n’ai pas eu les cheveux trop courts, bien que j’eusse la coupe du carré juste en dessous du lobe d’oreille pendant un temps ;) Je me reconnais dans tes écrits car aller chez le coiffeur était le drame, tant pour les centimètres de chevelure laissés là-bas que par le massacre pur et dur de coiffeurs qui ne prenaient jamais en compte la nature de mes cheveux (il est impossible sur des cheveux à hauteur d’épaule de réaliser un brushing en roulant les cheveux à l’intérieur – près du cou – quand ils sont de nature à faire des boucles anglaises qui démarrent en se développant vers l’extérieur ; et très dur de se faire entendre tout court).
Cela fait des années que je n'ai pas mis mes cheveux dans les mains d'un coiffeur. Sur cheveux longs, c'est très facile de se les couper soi-même. Je suis également passée au no-poo pour mon plus grand bonheur (et celui de mes cheveux). J’espère aussi qu’ils seront en forme pour que je puisse les garder longs tout le reste de ma vie.
Ah, et petite anecdote : mon concept de longueur de cheveux est complètement erroné. Je dis toujours que j’ai les cheveux mi-longs puisqu’ils arrivent mi-dos. (constat-à-côté-de-la-plaque-d’une-fille-qui-eût-les-cheveux-très-longs)