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Ce que le végétarisme m'a appris

par La journaliste IT pink & green

Ce que le végétarisme m'a appris

Supprimer la viande, c'est un peu supprimer l'élément essentiel autour duquel s'articule le repas. Du moins c'était comme ça pour moi. On choisit d'abord la viande et ensuite ce qui va l'accompagner, l'agrémenter. Et pas l'inverse.

Opter pour une alimentation sans viande, ça n'est certainement pas "juste" supprimer la viande, mais c'est revoir absolument toute sa manière de cuisiner, de consommer, de réfléchir. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est loin d'être de la privation ou de l'appauvrissement. Au contraire, on est obligés de fouiller, de chercher, de s'informer... et on découvre des petites merveilles. Au final, ma cuisine est beaucoup plus riche et plus variée maintenant qu'avant !

 

On découvre de nouvelles saveurs, de nouveaux aliments

Eh oui, on arpente les rayons des biocoops et on cherche de nouvelles épices, de nouvelles manières d'assaisonner ou de relever les plats. Les haricots verts, les carottes, le riz, les petits pois, c'est bien joli, mais c'est encore mieux quand c'est cuisiné de manière variée.

Parmi mes découvertes (ou redécouvertes, parce que je connaissais évidemment certains aliments mais je ne les appréciais pas de la même manière) au cours de ces six dernières années, je peux citer, en vrac, le tamari, le tofu (que je pensais dégueu mais une fois bien cuisiné tadaammm, il se transforme en un aliment qui est loin de ressembler à une éponge sans saveur), le gomasio, la levure maltée (à saupoudrer sur la salade), la panisse (à base de pois chiches), les hachis végétaux, le pain d'épeautre, la Kamut (une ancienne variété de blé dur d'origine égyptienne), le boulgour, le quinoa, la spiruline, les graines de chia, la purée d'amande, le tahin (purée de sésame), la protéine de soja...

J'ai des dizaines d'épices dans ma cuisine, je suis capable de cuisiner le même aliment de moult manières possibles. 

Oh bien-sûr me direz-vous, on peut arriver aux mêmes découvertes sans devenir végétarien. C'est évident. Mais il faut avoir une once de curiosité en plus alors que renoncer à la viande nous pousse à chercher plus loin. En tout cas ça s'est passé comme ça pour moi.

 

On multiplie les manières de cuisiner

On découpe les mêmes légumes de mille manières, on varie les casseroles, les poêles, les woks, on change les huiles de cuisson, au saute, on mijote, on cuit à la vapeur, au four, couvert, sans couvercle... On farfouille dans la cuisine du monde, indienne, slave, argentine, on accomode, on détourne, on recommence, on trouve la formule secrète. On fait jouer son imagination et aucun plat ne ressemble au précédent.

 

On apprend à décortiquer les étiquettes

Sans en faire une obsession (les extrêmes ne sont jamais bonnes selon moi) on jette un oeil sur la composition des aliments. Pour exemple, manger bio c'est bien, mais manger bio et local c'est encore mieux. Exit, donc, les pommes de terre bio et égyptiennes qui m'avaient choquée il y a quelques années.

 

On revoit ses priorités

Chez nous on ne mange pas que végétarien mais aussi (essentiellement) bio, local et de saison. On essaie de limiter les déchets (même si c'est pas facile, les emballages jetables restent encore beaucoup trop omniprésents à mon goût, même dans les biocoops), on recycle, on donne beaucoup (je suis trop flemmarde pour vendre et d'expérience j'ai appris que ce qu'on donne nous reviens d'une autre manière. Le recyclage made by The Universe en quelque sorte). Bref, on se positionne différemment pour tout un tas de choses. 

 

On déjoue habilement les risques de carence

Là encore, à bas les préjuges : les végétariens ne sont pas carencés (ou alors rarement). Ce sont (en général) au contraire des personnes qui ont étudié la question des carences et prennent soin d'avoir un apport correct en protéines, en fer, en minéraux. Alors que lorsqu'on mange de tout, on se dit souvent que bah après tout, il n'y a pas de carences avec une alimentation omnivore.

Là encore on scrute les étiquettes, on troque les aliments blancs pour du complet ou du semi-complet, plus riches en protéines (riz, pâtes notamment), on découvre de nouvelles sources de fer (comme la spiruline par exemple).

D'ailleurs je reçois régulièrement des mails ou des messages privés de personnes tentées par le végétarisme ou ayant un enfant qui refuse la viande et qui me demandent des conseils pour éviter les carences. Voilà, quand on arrête la viande en général ça s'accompagne d'une prise de conscience pluri-dimensionnelle et on S'INFORME. On ne fait pas ça à l'aveuglette.

 

On apprend la discrétion

Je partage rarement sur les réseaux sociaux des articles sur le végétarisme (à part des tableaux quand je sais que j'ai des amis intéressés) et jamais de vidéos sanglantes. Déjà parce que ce n'est pas la raison pour laquelle j'ai arrêté de manger de la viande (lire Comment je suis devenue végétarienne moi déjà ? ), mais aussi parce que je me suis vite rendue compte que les gens prennent souvent ça pour du prosélytisme. Alors que non. Je me fiche royalement de ce que les autres mettent dans leur assiette. Je partage des informations qui me semblent intéressantes et porteuses de réflexion (ou d'humour), point. Qu'il s'agisse d'allaitement, d'accouchement respecté, de communication non violente, d'éducation ou d'alimentation. Parce que ce sont des choses qui m'intéressent. Ni plus ni moins. Mais quand il s'agit de végétarisme, j'y vais avec des pincettes.

 

On économise

La viande c'est vraiment cher et ça pèserait lourd dans un budget de sept personnes. Je continue d'en acheter occasionnellement pour les enfants, mais même mes filles me disent désormais "mais non, ne prends pas ça, c'est super cher !".

 

On fait des connaissances

Comme partout, dès qu'il y a prise de position, il y a les gens cools... et il y a les ayatollahs (c'est pareil pour l'allaitement, le portage). On apprend à faire le tri, à se concentrer sur les gens passionnés mais ouverts d'esprit. Et on apprend plein de choses.

 

 

PS : la photo date de l'été 2013, les pastèques, les pêches & Co ce sera pour dans quelques semaines !

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mistigriffe 01/05/2016 18:54

Je suis admirative des veggies. Depuis tt un temps, ma réflexion s'alimente sur le fait d'arrêter la viande ou pas. Mais je ne sais pq, qq chose me retiens encore, un peu comme un fumeur qui penserait à arrêter de fumer.
Pourtant ce désir évolue et je crois qu'un jour je me sentirai prête pour le grand saut. Je mange en tous cas de la viande avec parcimonie...

La journaliste IT pink & green 11/05/2016 09:19

Ca peut être une décision radicale... ou un cheminement progressif. Il n'y a pas de règles. Mais je suis persuadée que nos enfants / petits-enfants consommeront beaucoup moins de viande que les générations précédentes.

Cynthia 28/04/2016 10:56

C'est vrai qu'avoir une alimentation végétarienne apporte une richesse culinaire que l'on ne soupçonne même pas avant de s'y attarder. Même mon copain qui était réfractaire à l'idée de se passer de viande aime beaucoup cette nouvelle cuisine qui fait une belle part aux légumes. Sans avoir envie de forcer les gens à arrêter de manger de la viande, je crois que tout le monde gagnerait à faire quelques repas par semaine végétariens !

La journaliste IT pink & green 11/05/2016 09:22

Exactement !

Cynthia 28/04/2016 10:56

C'est vrai qu'avoir une alimentation végétarienne apporte une richesse culinaire que l'on ne soupçonne même pas avant de s'y attarder. Même mon copain qui était réfractaire à l'idée de se passer de viande aime beaucoup cette nouvelle cuisine qui fait une belle part aux légumes. Sans avoir envie de forcer les gens à arrêter de manger de la viande, je crois que tout le monde gagnerait à faire quelques repas par semaine végétariens !

Weena 28/04/2016 09:37

J'aime encore trop la viande pour arrêter complètement, mais avec l'arrivé des enfants, j'avoue, je repense notre mode de consommation : du local, de l'agriculture raisonnée voir bio, des étiquettes décortiquées pour les produits de grande surface, moins de viande mais de meilleurs qualités (ça, c'est dur pour l'homme).
En ce moment, j'aime bien essayer de trouver de nouvelles recettes, dites végétariennes, appétissantes pour convaincre mon mari. Le plus dur étant d'accorder les légumes aux saisons, à cette période de l'année, c'est un peu dur.
Mon regret, c'est que j'ai l'impression de beaucoup remplacer la viande par les oeufs et j'aimerais faire avec encore moins ^^.

La journaliste IT pink & green 11/05/2016 09:23

Je comprends, je consomme aussi des oeufs mais je fais très attention à leur provenance, de préférence je les achète à un petit couple de vieux agriculteurs du marché, parce que je sais qu'ils ont seulement quelques poules et qu'elles vivent en liberté.