Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Et puis l'orage a éclaté

par La journaliste IT pink & green

publié dans Boum boum

Et puis l'orage a éclaté

Il y a onze ans à cette heure ci je téléphonais à la maternité, prise d'un doute sur l'origine du liquide que je perdais en très très petite quantité. La maternité m'enjoignait, évidemment, de venir faire un tour, histoire de vérifier. 

Alors on est partis, sans stress, dans la chaleur étouffante de juin.

La vérification était positive, poche légèrement fissurée. En raison de la présence d'un vilain streptocoque B récalcitrant, mon gynéco obs prenait la décision de déclencher l'accouchement, en dépit de l'absence totale de conditions favorables à une naissance (col fermé, zéro contraction).

Le bougre me quittait vers midi, alors qu'on m'installait en chambre, en me disant "ça sera long et probablement douloureux car vous n'êtes absolument pas sur le point d'accoucher" (merci docteur). Avant de partir sur un tonitruant "à demain !" .

AHA.

Je t'ai fait une sacrée blagounette hein toubib ?

Je me suis regardée une dernière fois dans le miroir en pensant que la prochaine fois que je serais dans cette chambre, ce serait avec ma deuxième fille.

On m'a posé la perf de déclenchement à 13 h 30. 

Pendant une heure, RIEN.

A 14 h 30 j'envoie un sms à une amie chargée de suivre les événements (y avait pas Facebook ma pauv'dame, et pas d'Internet sur les téléphone évidemment) "Toujours pas de contraction, j'ai faim". Et je demande à la sage-femme d'augmenter un peu la dose.

Et là Jésus-Marie-Joseph vas-y que ça envoie. Contraction sur contraction, j'ai la sensation qu'un crochet de feu m'ouvre le col à chaque fois un peu plus. Je pourrais presque dire où j'en suis sans vérifier. L'anesthésiste arrive, je m'asseois et je sens un gros VROUUUUUF vers le bas (non je n'arrive pas à le décrire autrement).

Je crie "ça pouuuuuuusse !".

La sage-femme me regarde d'un oeil dubitatif "meuh non ça pousse pas, c'est pas possible".

Un peu circonspecte tout de même, elle me demande de m'allonger et là "OHMONDIEU ON VOIT LA TETE ELLE SORT VITE APPELEZ L'OBSTETRICIEN DE GARDE". Une main retenant la tête (mais lâche moi !) elle saisit le téléphone de l'autre pour appeler mon gynéco (c'est une clinique privée) "oui c'est pour madame N mais je pense que vous n'aurez pas le temps de venir, je tiens la tête !".

Pas de poussée, elle sort toute seule, propulsée par cette force de vie surprenante et puissante dont mon corps est capable.

Je la saisis.

Je la pose sur mon coeur.

Il était 15 H 03 (oui 30 minutes de contractions, coucou gygy).

Et l'orage éclate.

Un orage impressionnant, avec des gouttes de pluie énorme suivies de grêlons gros comme des balles de ping pong.

Tandis qu'elle rampait seule vers mon sein pour s'y accrocher avec force, le soleil est revenu.

Evidemment il y avait un arc-en-ciel.

Evidemment elle s'appelle Iris, la déesse de l'arc-en-ciel dans la mythologie grecque.

Et le gynéco de garde ? Il n'a pas eu le temps de venir. Tandis que je saisissais ma fille pour la poser sur moi, il était dans l'entrée, tentant maladroitement d'enfiler son pantalon vert (il a failli se casser la figure !).

Je suis sortie de la salle de naissance une heure après, ma fille dans mes bras. Une famille était là, attendant une naissance dans la chambre d'à côté. Ils étaient là à mon arrivée d'ailleurs. L'un d'entre eux m'a regardée avec surprise et presque consternation en murmurant à la sage-femme "Mais... c'est pas juste, elle est arrivée bien après !" (j'en rigole encore).

Evidemment je m'en souviendrai toute ma vie.

Une naissance pliée en 30 minutes.

 

Happy 11 mon ouragan ensoleillé, mon boulet de canon, mon arc-en-ciel coloré !

 

Commenter cet article

Julycocoon 23/06/2016 11:46

J'en ai des frissons, tellement beau !

pauline 23/06/2016 11:17

tes récits d'accouchement me donne systématiquement les larmes aux yeux.
Merci :)