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Faut-il cesser d'écrire sur certains sujets pour éviter de culpabiliser les mères ?

par La journaliste IT pink & green

publié dans Frappée par...

Faut-il cesser d'écrire sur certains sujets pour éviter de culpabiliser les mères ?

A chaque fois c'est la même rengaine. Si on relaie un article parlant d'un énième bienfait de l'allaitement, les mères qui n'ont pas allaité s'insurgent qu'on cherche à les faire culpabiliser. Si on publie un billet sur l'accouchement respecté ou à domicile, les mamans qui ont eu le combo maternité, péridurale et parfois forceps ou césarienne avancent le même reproche. Si on parle de portage, les mamans qui ont des poussettes se sentent visées. Si on parle d'éducation bienveillante, les parents qui crient ou donnent des fessées se sentent pointés du doigt.

Encore récemment, sur un de mes billets les plus lus et les plus relayés (La théorie du réservoir) une maman a commenté en me disant que mon billet faisait sûrement culpabiliser d'autres mères. Rien que ça. Alors que je ne parle absolument pas de ce qu'il faut faire (j'en sais fichtre rien de ce qu'il faut faire, je n'ai pas la formule magique de la maternité idéale, d'ailleurs elle n'existe pas, la maternité idéale) mais uniquement de MON vécu. Parmi des milliards d'autres. Pas mieux, pas pire.

Mais ça m'interroge cette réflexion.

Faut-il donc cesser de parler de ses expériences positives pour éviter d'éventuellement faire culpabiliser d'autres mamans ? Non, bien-sûr. Et ce, pour trois raisons selon moi.

Déjà parce que je suis, comme vous le savez peut-être, partisane du positivisme. Le négatif envahit bien suffisamment les réseaux sociaux (Twitter en tête) pour ne pas prendre le parti de se concentrer sur le positif. C'est, en tout cas, ma philosphie depuis le début de mon blog et depuis quelques années dans ma vie (avant je n'étais pas comme ça et croyez moi c'était beaucoup plus difficile à vivre. Car seul le positif attire le positif). C'est mon prisme, celui que je préfère, et je n'ai pas envie de le laisser de côté.

Je trouve, d'autre part, important de partager les expériences positives pas seulement pour soi mais aussi pour les autres. Histoire de dire que tout n'est pas noir et aussi, peut-être, parfois, allumer une petite lueur ou encourager d'autres parents sur telle ou telle voie. Qui sait ce que nous semons ? Oui l'allaitement qui marche bien, ça existe. Oui les accouchements idylliques, c'est possible. Oui éduquer sans taper, ça peut être une philosophie de vie qui porte ses fruits avec des enfants non pas "tyrans" mais épanouis et sereins. Il y a suffisamment de récits d'accouchements catastrophiques et d'allaitements ratés pour ne pas, aussi, "oser" partager ce qui fonctionne. Non ? Ce serait bien triste et bien déprimant sinon.

Et puis, dernier point, je suis persuadée que si on culpabilise au sujet de telle ou telle thématique, ce n'est finalement pas la personne qui écrit qui nous fait culpabiliser mais... nous-mêmes. Tant qu'on est en accord avec ses choix, peu importe ce que untel ou unetelle écrit : ça nous passe par dessus la tête. Si ça nous titille, c'est que finalement le choix n'était pas si clair que ça, ni si déterminé. Un truc nous chiffonne inconsciemment... En tout cas moi je fonctionne comme ça (je ne parle évidemment pas des billets qui sont ostensiblement critiques vis à vis de telle ou telle pratique, mais de simples partages d'expérience ou de faits scientifiques).

Un exemple. Si vous m'avez lue au court des dernières semaines, vous avez pu lire que j'ai décidé, de moi-même, de sevrer ma petite Pastèque peu après ses 16 mois. J'ai hésité dès ses quatorze mois mais je n'étais pas prête, lui non plus. A 16 mois, ma décision était mûrement réfléchie et posée. Si aujourd'hui je devais lire un billet sur les bienfaits de l'allaitement jusqu'à deux ou trois ans, eh bien je ne ressentirais pas une once de culpabilité. Parce que je suis pleinement en paix avec mon choix. 

C'est ça qui est important. Etre en paix avec ses choix, et pouvoir faire ces choix de manière éclairée. Le reste ma foi, c'est le vécu des autres. C'est intéressant à lire, mais ça ne devrait pas nous blesser.

Je vous le souhaite en tout cas.

Peace and love.

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Yasmine 10/12/2016 09:23

Tout a fait d'accord! J'ai allaité mon premier 2 ans, comme ça c'etait simple et naturel, petit plat bio cuisinés maison, portage, motricité libre, soins naturels etc... mais pour le second je ne sais pas si je ferai pareil, je ferai surtout comme je peux et comme ça me plaît! J'ai des amis qui sont tout à fait différents dans leur manière de faire et je trouve ça bien de voir cette diversité histoire de ne pas s'enfermer dans des certitudes.

Claire 30/06/2016 22:14

Merci pour cet article, je suis tout à fait d'accord avec toi concernant le fait que les personnes qui critique vivement, généralement s'en veulent à elle-même.
Et puis y en a marre de voir du négatif partout, c'est pas comme ça qu'on va faire avancer le monde. C'est important de positiver sans nier les difficultés!

Joana (BabyFact) 24/06/2016 10:47

Je ne peux qu'appuyer la démarche. Combien de fois ça m'est arrivé, de me prendre le bec avec des pros, des antis... Mince chacun son choix, et si tu as vraiment fais un choix assume-le. Je suis d'accord avec toi et je pense qu'il ne faudrait SURTOUT pas se laisser aller à éviter les sujets qui fâchent. Pour reprendre l'exemple de l'allaitement, je trouve plus que nécessaire de continuer à informer sur les bienfaits du lait maternel pour nos petits ; et si ça te vexe parce que tu as donné le biberon, bah désolée mais je ne vais pas faire de la désinformation juste pour que te conforter dans l'idée que tu as fait le bon choix pour toi et ton enfant. Non, on peut et doit pouvoir parler de ces sujet de manière complètement objective, ou pouvoir partager son humble expérience sans se faire sauter au coup parce qu'on a pris 1000 pincettes et pas 10002. Merci, ça fait du bien de lire ça :)

le 23/06/2016 21:29

Je suis le cauchemar de mères pro-naturel : je n'ai pas allaité, j'ai presque «booké» l'anesthésiste pour la péridurale à chaque accouchement, j'essaye d'écouter ce qu'on a à m'expliquer sur les couches lavables mais ça me lasse très vite... Mais je suis toujours étonnée du nombre des femmes qui ont ces faits en comment avec moi et se plaignent d'avoir été culpabilisées, rabrouées. Et je suis persuadée que si j'ai échappé aux attaques, c'est à 70 pr cent parce que je suis tellement sûre de mes choix que je n'ai jamais l'air d'ouvrir la porte à une quelconque critique de ceux-ci. Pourtant ça m'intéresse, l'allaitement, les accouchements naturels. Je vis au Québec, la plupart de mes amies ont allaité, j'aime bien entendre leur expérience, parce que c'est s'ouvrir à l'autre, comme on le ferait à une autre culture. Mais si le ton prend la tournure d'une morale et d'une remise en cause de mes propres choix, je bloque le truc tout de suite. Au Québec, l'allaitement est considéré comme le mode d'alimentation de bébé numéro 1, au point que certains médecins présentent le biberon comme «un plan B, si jamais l'allaitement ne marche pas». Ce qui fait que toutes celles qui ne le font pas se justifient (j'avais mal aux seins, je n'avais pas de lait...) et ça ouvre la porte aux remarques acerbes du type «on a toujours du lait», «il fallait persévérer». Merciii pour ton article, moi aussi j'aime le beau et le positif :)

Lexie 23/06/2016 21:30

Oups j'ai cliqué sur envoyer un peu trop vite. Belle soirée de l'autre côté de l'Atlantique :)

Anaïs 23/06/2016 15:14

Bonjour,
nous ne nous connaissons pas mais cela fait plusieurs mois que je vous suit ici. En effet, en surfant sur internet de fil en aiguille (je cherchais des explications couture à la base!) je tombé sur un blog qui relayait justement votre billet sur la théorie du réservoir que j'ai adoré! Et depuis je suis là! Je n'ai pas allaité mes deux enfants pour des raisons qui me sont propres (ou très peu, 9 jours et 2 jours) mais j’assume mes choix! Je trouve vos articles très intéressants et en rien culpabilisants!