Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quand on accouche de jumeaux, une deuxième paire de bras ne nous pousse pas par miracle

par La journaliste IT pink & green

Quand on accouche de jumeaux, une deuxième paire de bras ne nous pousse pas par miracle

Oui je sais c'est évident et un peu drôle comme phrase, mais c'est ce que je me dis au quotidien quand je gère mes deux bébés, en plus de mes quatre autres enfants.

Deux bébés nous tombent du ciel d'un coup, mais la nature ne nous dote pas pour autant d'une deuxième paire de bras pour les porter, les bercer, les consoler, les nourrir, les laver.

Alors on fait quoi ?

Et bien on s'adapte, ma bonne dame.

On pose davantage, on trouve des techniques d'endormissement inédites, on fait confiance en son bébé pour qu'il arrive à aimer le sommeil sans être accompagné à chaque seconde. Et vous savez quoi ? Ca marche plutôt pas mal.

Côté organisation, on apprend à choper deux bébés en même temps dans les bras. A en poser un à proximité pour changer l'autre, en expliquant au premier ce qui se passe. Et il comprend, le bébé ! Pas toujours, pas tout de suite, mais l'adaptation se fait des deux côtés, côté parents et côté bébés.

On se muscle aussi. Le montage et démontage de la poussette double n'a plus de secrets pour nous, les trottoirs on maîtrise, même avec la planche accrochée à l'arrière pour l'enfant de deux ans. En mode musclor.

On ruse, on utilise des langes, on délègue les biberons aux frères et soeurs ou on les cale dans des coussins et des langes. Un jour au parc une mamie (oui, encore) a regardé dans la nacelle de la poussette et s'est exclamée, indignée "mais ! vous ne lui tenez pas son biberon ?? vous vous contentez de le caler ?" Ce à quoi je lui ai répondu (après lui avoir demandé si elle avait eu des jumeaux) la phrase de mon titre, "quand j'ai accouché de jumeaux chère madame, le ciel ne m'a pas greffé une deuxième paire de bras". Alors je m'adapte et je ruse, oui, je ruse.

Je suis devenue le McGyver de la maternité. Parce que je n'ai pas le choix, parce que ma vie est ainsi faite, et parce que je relève le défi comme je peux. Pas trop mal, j'espère.

Quand je m'attarde deux secondes pour y réfléchir (mais je le fais rarement car à mon sens y réfléchir n'y change pas grand chose, prendre les choses du bon côté par contre, oui !), je me dis que ces deux bébés n'ont décidément pas la même petite enfance que leurs frères et soeurs. Ils sont moins collés serrés à moi. Sans aucun doute. Moins allaités, moins cododotés, moins portés, moins nez à nez avec leur mère. Moins moins moins. N'y a-t-il donc que du moins dans tout cela ?

Que nenni. Et heureusement. Le maternage se décline à l'infini finalement.

Je pense que si j'avais eu ces jumeaux en premier, j'aurais, d'une part, été beaucoup plus dépassée par les événements. Et, d'autre part, sûrement frustrée de devoir diviser le temps.

Diviser le temps ?

Mais le temps, voyez-vous, j'ai déjà appris à le diviser avec mes quatre enfants, en rusant encore une fois. Je le divise en quantité parce que je n'ai pas le choix, mais je le multiplie en qualité. Vous saisissez la différence ? Je ne me transforme pas seulement en McGyver de la maternité, je me la joue Pythagore, Thalès et alchimiste du temps précieux. Du moins j'essaie. Je tâtonne avec mes équations mais j'y mets du coeur. Je n'y arrive pas toujours, mais c'est mon but.

Et oui mes petites pommes adorées, vous êtes deux et je dois partager mon corps entre vous deux. Mon coeur en revanche, comme c'est étrange, a encore une fois doublé de volume. Car d'amour, voyez-vous, personne ne manque. L'amour, quand on le partage, il se multiplie.

Quand on accouche de jumeaux, une deuxième paire de bras ne nous pousse pas par miracle
Commenter cet article

Perrine 30/06/2017 15:22

Tellement vrai! Maman de 4 enfants dont des jumeaux de 1 an et adepte du maternage. On fait du mieux qu'on peut pour tous ces petits bouts mais surtout on les entoure, on les enveloppe d'amour, de calin, de bisous .. et on ne se projette pas trop loin tout en laissant derriere le passé. Le moment présent est notre essentiel!
Merci pour tous ces mots qui me touchent à chaque fois que je vous lis

Lorelei 30/06/2017 09:37

Votre dernière phrase c'est tellement ça quand on a une fratrie!!

PetitDiable 29/06/2017 13:07

Je rêve sur la remarque de la maie au parc, mais euhhh on t'a demandé quelque chose à toi???

caro 27/06/2017 22:19

C'est tellement ça! Merci!
(maman de 3 option jumeaux, l'aîné a 3 ans et les jumeaux ont 9 mois)