Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ma petite brise joyeuse, mon petit cristal intense

par La journaliste IT pink & green

publié dans maternité , Prénoms , jumeaux , Enfant

Ma petite brise joyeuse, mon petit cristal intense

Je vais vous parler prénoms, ceux de mes jumeaux, Zéphyr et Béryl. J'ai déjà raconté l'histoire des prénoms de mes quatre premiers enfants sur le site de Jolis prénoms, et j'avais envie de compléter ce témoignage avec l'histoire des prénoms de mes deux derniers enfants.

Les critères n'avaient pas changé par rapport à mes aînés, je voulais des prénoms rares, forts, avec une belle signification. Surtout pas de prénoms à la mode, ni inventés, ni à l'orthographe traficotée.

Il y avait néanmoins un critère de plus à prendre en compte, la gémellité. Non pas pour donner des prénoms similaires (surtout pas, même !), mais pour qu'ils s'accordent un minimum. Etant donné qu'au cours de leur enfance et de leur scolarité ils seront sans doute amenés à les entendre souvent ensemble (ne serait-ce que lorsqu'on me demande les prénoms de mes jumeaux dans la rue), autant les accorder un peu. Pour caricaturer, on verrait mal des prénoms comme Steven et Marie-Antoinette ensemble (je sais, le trait est forcé mais c'est pour expliciter ma pensée).

Au début de ma grossesse, j'ai hésité à demander les sexes des bébés, alors que le papa voulait savoir, sans aucune hésitation. Et puis finalement la curiosité l'a emporté, on a choisi de savoir. Et ça nous forcément facilité la tâche pour les prénoms. D'autant que ce fut assez compliqué, finalement. Le prénom de Béryl n'a été choisi qu'à la 34ème SA, celui de Zéphyr encore plus tard !

Dès le départ, je voulais absolument des prénoms contentant la lettre R. Pourquoi ? Parce que je trouve qu'ils ont du caractère, et aussi parce qu'il y a des R dans dormir. Oui je sais c'est très superstitieux et très bête comme obsession, mais durant toute mes grossesses, je briefe mes bébés au sommeil et le R est un ronronnement que j'associe aux nuits parfaites. Bon ok, je vous semble folle, n'empêche que mes enfants avec des prénoms contenant un R ont toujours extrêmement bien dormi (contre "bien dormi" pour les autres).

Bref, fin du point obsession inexplicable.

Je souhaitais aussi un ou des prénoms avec des B. Là encore, aucune explication rationnelle. Le prénom Brune pour ma fille me plaisait énormément, mais c'est l'anagramme de Ruben. Dommage. J'aimais aussi Abraham pour un garçon, mais après Salomon et Ruben, c'était tout de même fort de café. En tout cas le papa a dit non.

Avec mes critères sous le bras, je suis allée demander conseil à des amies fans de prénoms sur un forum (privé), des amies que je connais depuis 13 ans. Et j'ai posé les mêmes questions sur un autre forum, publique cette fois.

Pour ma fille, dans deux listes qu'on me proposait est apparu le prénom Béryl. J'avoue, je ne connaissais pas plus que ça, mais les sonorités m'ont séduites. Alors j'ai tapé dans l'ami Google "prénom Béryl", et je suis tombée sur des petites pépites. Tout me plaisait. La sonorité, la rareté, les significations (c'est une catégorie de pierres précieuses dont les plus célèbres sont l'émeraude et l'aigue-marine), l'origine grecque, mais aussi sanskrit, et la signification en iranien ("cristal"). Il y avait du B, du R. C'était parfait ! Oui mais le papa ?

Au moment de ma découverte, j'étais hospitalisée à la maternité pour des raisons de col un peu modifié. Mon homme travaillait (le soir) et je lui ai donc envoyé un message en lui proposant Béryl. Et il a dit non, ça fait anglo-saxon. Heeuuuu non pas du tout, l'origine n'est pas du tout anglo-saxonne, mais soit, j'ai laissé couler.

On a continué à chercher, Olympe me faisait de l'oeil mais il manquait ce bougre de R. Scarlett est revenue me faire du charme, mais je l'avais déjà trop envisagé pour Salomon puis pour Ruben s'ils avaient été des filles. Il me semblait désormais un peu usé, un peu étriqué, même s'il me plaisait toujours. Romy m'a titillée un instant mais il y avait le R en commun avec Ruben (pas compliquée la nana).

Bref, on n'avançait pas côté fille. 

Côté garçon, le constat n'était guère plus reluisant. Je proposais (encore, pour le troisième enfant de suite) César, non catégorique du papa. Il me parlait de Ferdinand, mais c'est le fils d'une de mes meilleures amies, et là je bloque. On a parlé Isidore (mais initiale commune avec ma cadette), Aristide (initiale commune avec mon aînée, oui je suis psychorigide) mais nous restions dans une impasse. On a éliminé Lazare (que j'aime beaucoup), Gaspard (trop donné selon moi), Melchior (véto du papa).

Et puis il y a eu Saul. On adore ce prénom, tous les deux. Il convenait presque parfaitement (bon ok il maquait le R), le papa l'avait même quasiment adopté. Mais (oui il y a un mais, attendez ça va pas être si simple tout de même) : à moi il semblait trop proche de Salomon. Déjà la même initiale, hum, je devais faire une sacrée concession à ma psychorigidité. Mais au-delà de l'initiale, il y avait vraiment quelque chose de trop proche entre les deux prénoms. Pour mon chéri, le choix était quasiment plié. Pour moi, j'adorais Saul mais ce détail de ressemblance me chiffonnait décidément trop.

Nous voilà rendus à la 34ème SA, et aucun prénom n'est décidé, dis donc !

C'est là que je suis de nouveau hospitalisée, pour une cure de fer cette fois, et à nouveau on cogite par messages (décidément je crois que ça nous a réussi côté prénoms ces hospitalisations). Je savais qu'au Cabaret de mon homme une chanteuse prénommée Béryl avait récemment chanté. Je trouve ce hasard tellement dingue que je retente le coup par sms "et Béryl pour une fille ?". Réponse immédiate du chéri "ok, j'adore"

HAHAHA

Je lui ai alors rappelé l'épisode des messages quelques semaines auparavant, évidemment il ne s'en souvenait pas (mais j'ai des preuves vu que c'était par messagerie).

Bref peu importe le passé, là c'était plié, pesé, emballé : notre fille s'appellera Béryl. Et c'est parfait. 

Pour le moment, on reste sur Saul pour son frère, mais moi je reste sur ma faim.

Sur ce, TADAAAM : troisième hospitalisation (quand je vous dis que les hospitalisations ont joué un rôle dans notre cheminement). Cette fois c'est le coeur de ma fille qui fait des blagues, je reste sous surveillance avec trois ou quatre monitos par jour, parfois plus. Et donc les sages-femmes se succèdent à mes côtés, tentant de capter les deux coeurs de mes bébés (croyez-moi, c'est sport, car parfois on pense avoir les deux, sauf que c'est le même bébé sur les deux tracés. Les jumeaux sont des petits farceurs).

Cette surveillance rapprochée me donne l'occasion d'échanger avec beaucoup de sages-femmes différentes, certaines vraiment adorables d'ailleurs. 

Et avec l'une d'entre elles, on cause prénoms. C'est d'ailleurs elle qui lance le thème, en me demandant si on a choisi. Je lui réponds que pour la fille, oui, on est sûrs, mais que pour le garçon, moi j'ai des réserves sur le prénom. Je lui parle des prénoms de mes quatre enfants, et elle me parle des siens, Zéphyr et Célestine. Elle me décrit sa coquine de Célestine, et son rêveur de Zéphyr, en concluant à son sujet, avec un sourire tendre "Zéphyr, ben c'est Zéphyr, et c'est tout, il est unique".

Et là je repense à ce prénom, qui m'a toujours plu, mais pour lequel je me suis toujours dit "j'aime bien, mais il est pas pour moi". J'ignore pourquoi. Et là, soudainement, il me semble appartenir à ma famille depuis toujours. Oh il y a l'initiale commune avec le nom de famille, j'en discute même avec la sage-femme qui hausse les épaules en disant "mais peu importe, c'est pas gênant".

Zéphyr, le petit vent, la petite brise, le petit souffle, s'est frayé une ouverture dans mon coeur et y grandit, grandit.

Le petit souffle, quand j'y pense, c'est aussi assez évident quand on connaît son papa. La respiration. La clé. "L'air est l'élément le plus lourd du monde spirituel et l'élément le plus léger du monde matériel, m'a un jour expliqué une grande dame. Il constitue donc la porte de passage entre ces deux mondes".

Et voilà, une discussion avec une sage-femme et une prise de conscience sur des mots prononcés quelques années auparavant, et soudain Zéphyr s'inscrit dans notre histoire, dans notre vie, dans ce bébé.

Restait à convaincre le papa, mais avec cette signification lié au vent et à l'air, j'avais peu de craintes. J'étais certaine que ça lui parlerait.

Il a dit oui tout de suite. 

On a tout de même gardé Saul en deuxième prénom.

Et ces deux prénoms, choisis si tardivement, leur vont à merveille. Au-delà même de ce que j'aurais pu imaginer. Aurais-je pu deviner que Béryl aurait l'intensité de la pierre précieuse dans son regard ? Aurais-je pu parier que le rire de Zéphyr serait aussi doux et drôle qu'une brise fraîche et folle ? 

Sans aucun doute que non.

Mais mon intuition, elle, le savait.

Et elle ne s'est pas trompée. 

Ma petite brise joyeuse, mon petit cristal intense
Ma petite brise joyeuse, mon petit cristal intense
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Z
Je trouve les prénoms superbe. unique j'avoue.
Répondre
E
Ils sont beaux, tes enfants !

Les prénoms sont un peu space à mon goût, j'avoue (mais je les préfère infiniment aux prénoms anglo-saxons ou inventés ou à l'orthographe traficotée).

Le critère de la rareté était un plus pour nous, mais pas incontournable. Sur les trois enfants, deux prénoms vraiment très peu portés, et un qui est monté en flèche ces dernières années, mais tant pis, le craquage était plus fort. Finalement, j'aime bien avoir un prénom fréquent entre les deux rares, ça nous évite d'être trop catalogués dans les bobos / snobs (je ne dis pas que vous l'êtes : je parle du regard des autres en général, notamment des parents de Timéo et Lilou).
Répondre
M
J'adore. Mais alors là, j'a-dore.
Répondre
J
Encore bravo pour ces merveilleux prénoms choisis avec tant de délicatesse ! Comme quoi, la force de l'intuition... Tous les prénoms en shortlisy étaient très beaux, mais ceux que vous avez finalement retenus sont juste parfaits ! <3
Répondre
G
Pour Nos enfants, Nous n'avions qu'un seul critère : pas plus de deux syllabes.
Donc d'un point de vue psychorigide, on peut mieux faire ;)
Ben ça ne Nous a pas empêcher de Nous mettre d'accord pour le 4ème à seulement une semaine de l'accouchement :D
Tes enfants ont de très jolis prénoms <3
Répondre