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Allaitement de jumeaux : pourquoi j'y vais la fleur au fusil

par La journaliste IT pink & green

Allaitement de jumeaux : pourquoi j'y vais la fleur au fusil

"Et pourquoi je comprends parfaitement qu'on puisse être moins confiante, plus craintive", aurais-je pu ajouter à mon titre (mais ça faisait long).

En vérité il n'y a rien d'extraordinaire dans le fait que j'allaite des jumeaux. D'abord parce que l'allaitement fait partie de mon histoire, depuis toujours. L'allaitement et moi, c'est une longue histoire d'amour qui commence non pas à la naissance de mes enfants, mais à ma propre naissance.

Je suis née en 1975, une année en plein milieu de cette décennie au cours de laquelle on a commencé à encourager les jeunes mères à délaisser le sein pour adopter le biberon. Pression d'autant plus forte pour ma mère puisqu'elle venait d'avoir des jumeaux. Faisant fi des recommandations pédiatriques françaises (ma mère n'est pas française, et elle est pédiatre), ma fraîche maman n'en fit qu'à sa tête (et son coeur) et allaita ses jumeaux six mois. Quand j'ai grandi, j'ai vu ma sœur et mon frère allaités à leur tour (longtemps d'ailleurs). Dans ma famille, chez mes amies idem, des mamans allaitantes. Alors disons que l'allaitement maternel fait partie de mon paysage comme une évidence, un acte presque banal sur lequel on ne philosophe pas.

La deuxième chose qui me donne confiance pour cet allaitement gémellaire, c'est que ce n'est pas mon premier coup d'essai. J'ai quatre allaitements à mon actif, dont un (le premier) avec des débuts chaotiques. Ça me conforte dans le fait que rien n'est irréversible, il y a toujours des solutions dans l'allaitement. Mais ça demande parfois à être (très) bien entourée.

Les bons réflexes je les connais. Montrer Béryl et Zéphyr à mon ostéopathe ça a par exemple été une priorité et encore une fois elle a fait des miracles (ils n'ouvraient pas assez la bouche et ne tiraient pas assez la langue - surtout Béryl - coucou les crevasses).

Ne pas me décourager pendant les caps difficiles c'est un des cadeaux que m'ont offert mes allaitements précédents. Parce que je sais que ça passe. Parlons de la montée de lait par exemple, musclée et douloureuse comme d'habitude chez moi. Et des seins en béton armé sollicités par deux petites mâchoires qui ne positionnent pas bien leur langue et tètent avec les gencives, laissez-moi vous dire que c'est pas vraiment le nirvana nichonesque. C'est même flippant et décourageant d'allaiter en serrant à chaque fois les dents, et même doublement lors des cotétées. J'ai tenu parce que je savais que c'était une question de temps, que les seins ramollissent après cette étape, que la lactation se met en route de manière fluide et non douloureuse. Je savais aussi qu'à ma sortie de la maternité l'ostéopathe ferait des prodiges (elle est même venue à la maison vu ma forme olympique post césarienne).

Et les crevasses, ce mot qui fait dresser les cheveux sur la tête de toute maman allaitante. Là encore j'ai dégainé toute l'artillerie, Lanoline, badigeonnage au lait maternel et j'ai même testé les coquillages d'allaitement (hyper confortables à porter). Cette bataille est dure mais on en vient à bout aussi, promis.

Même chose lors des baisses de lait. J'en ai connu une très très forte juste après la montée de lait. Je suis passée de l'état seins en béton armé à l'état seins ballons de baudruche crevés ! C'était très étrange et très déstabilisant. D'autant que je n'en ai jamais eu auparavant. J'avais lu tellement de choses à ce sujet que ça ne m'a pas empêchée de continuer, un brin inquiète et intriguée je dois dire, mais toujours confiante. J'ai essayé de ne pas stresser. Je me suis blindée de tisanes d'allaitement, d'ovomaltine, d'eau, de fenouil et roule ma poule tétées à gogo même si les bébés s'énervaient un peu. Quelques heures après c'était réglé.

Bref quand on SAIT que tout va rentrer dans l'ordre parce qu'on connaît, on l'a déjà vécu, ça change tout ! Quand on est face à l'inconnu et trois milliards de doutes (comme j'ai pu l'être avec ma grande), c'est beaucoup moins évident de faire face contre vents et marées lactées.

Voilà pour la confiance, mais la thématique de l'allaitement gémellaire est tellement riche que vous risquez d'en entendre parler à nouveau sur ce blog !

Belle journée

Milena

Commenter cet article

cindy 17/03/2017 12:14

Comme je me retrouve dans ton article! Maman de jumelles de 5mois 1/2, je suis passée par les même étapes et meme si au début l'allaitement gemellaire était un souhait mais pas une obsession pour moi, je peux dire aujourd'hui que pour rien au monde je regrette et que je suis fière de cet allaitement qui me comble :)

Bulie 16/03/2017 13:48

Comme j'aurais aimé lire ton article il y a 5 ans quand j'ai fini par abandonné l'allaitement de ma fille au bout de 3 semaines, la mort dans l'âme, parce que c'était devenu trop difficile/douloureux/fatigant (ne pas barrer de mentions inutiles).

Allychachoo - Famille en chantier 16/03/2017 11:19

C'est marrant, à la lecture de ton article je me rends compte que justement à l'inverse de toi l'allaitement ne fait pas du tout partie de mon environnement. Et je ne sais toujours pas exactement pourquoi je me suis lancée là dedans avec des jumeaux ! J'en parlerais aussi sur le blog, ça c'est sûr

MumInLearning 16/03/2017 11:07

Merci pour ton témoignage, ça m'encourage dans mon souhait d'allaiter mes twins quand elles seront nées même si je n'ai pas 4 allaitements derrière moi ! :-)