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A toutes les petites Géraldine de la terre

par La journaliste IT pink & green

publié dans Mon nombril

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Quand j'étais en CM1, il y avait une Géraldine dans ma classe. Je n'oublierai jamais ni son prénom, ni son nom (un nom de légume), ni son visage, ni son sourire narquois, ni son air sûre d'elle.

 

Géraldine elle était blonde comme moi mais elle avait les yeux marrons. Géraldine, sans que je m'en doute, elle devait pas trop me kiffer je pense. Ou alors elle était jalouse de la relation que j'entretenais avec Bérengère. Je ne sais pas. Toujours est-il qu'elle a tout fait pour décrocher Bérengère de moi. Elle lui a raconté des horreurs. Je crois que mon cerveau a du faire une sélection drastique dans tout ça parce que je ne me rappelle plus exactement ce qui s'est dit sur moi, dans le creux d'une oreille complaisante ou naïve, au fond d'une cour de récréation. C'est peut-être mieux ainsi.

 

Mais ça m'a rendue malade. Physiquement, je veux dire. J'ai été malade pendant deux bonnes semaines. Ensuite j'étais terrifiée à l'idée de retourner à l'école. Parce que j'avais perdu ma meilleure amie. Parce que j'avais désormais deux ennemies qui me détestaient sans que je comprenne pourquoi.

 

Ca peut sembler être une réaction ridicule, exagérée et puérile de ma part. Je le conçois. Mais j'ai un autre regard sur les blessures et mêmes les conflits d'enfants. Je crois que ce sont les pires parce que personne ne les comprend, personne ne les entend et surtout personne ne les prend au sérieux (poke Le Petit Prince) alors que ces événements sont en train de nous labourer l'âme de sillons définitifs

 

 

C'est l'un des souvenirs les plus horribles de ma scolarité. Je crois même que ça a marqué mes relations avec la gente féminine pour une belle paire d'années. A savoir : je n'aimais pas la compagnie des filles en groupe. Une fille oui, une copine avec qui j'entretenais une relation sincère, oui. Mais pas "des copines". Pas de groupes. Pas de bandes pour faire les fofolles, se tenir par les hanches, raconter des ragôts sur les autres et pouffer de rire pour des bêtises, en cachant sa bouche derrière sa main. 

 

Même une fois adulte, j'ai toujours fui la compagnie des femmes. A la fac je choisissais systématiquement un garçon pour binôme pour les expériences à faire en laboratoire. Au moins on me fichait la paix. Je me tenais soigneusement éloignées des petites guéguerres typiquement féminines et si mesquines (ça va peut-être faire hurler les féministes que je colle une telle étiquette, mais peu importe, c'est ainsi que je l'ai vécu). 

 

 

Mais pourquoi je parle de ça ? Parce qu'il y a une Géraldine dans la classe de ma cadette. Enfin, elle ne s'appelle pas Géraldine, mais Olga (ou presque). Elle était déjà dans sa classe l'an dernier, en CP. Ou plutôt en moitié de CP puisque mes filles  ont changé d'école l'an dernier. Dès les premières semaines, ma fille me racontait (sans que la chagrine plus que ça d'ailleurs, elle n'a pas du tout le même caractère que moi à ce niveau, et heureusement. Ouf. Alléluia.) que Olga "empêchait les autres petits enfants de jouer avec elle" et "qu'elle leur avait dit qu'elle les rejetterait de son groupe s'ils désobéissaient à cet interdit". Et là, une alerte rouge s'est aussitôt allumée dans ma tête. J'avais presque repéré une Géraldine.

 

La suite des événements n'a fait que confirmer mon impression. J'ai eu à maintes reprises l'occasion de voir évoluer Olga : c'est la petite cheffe par excellence. Plutôt mignonne, plutôt caractérielle, toujours flanquée de trois ou quatre petites filles qui virvoltent autour d'elles comme des abeilles autour de la reine et qui boivent ses paroles. La reine et sa cour.

 

Seulement voilà. Il se trouve que ma fille exerce (sans vraiment s'en rendre compte pour le moment) un charme assez fascinant sur tous les enfants. C'est comme ça depuis qu'elle est toute petite. Sa maîtresse en petite section me disait qu'elle aimantait les autres enfants et qu'elle devait même (dingue !) les détacher un peu d'elle parce qu'ils l'auraient étouffée de leur affection.

 

Et ça a toujours été comme ça. Dès qu'elle arrive dans une classe, dans la cour, dans une aire de jeux, les enfants sont attirés, captivés, ils veulent tous jouer avec elle, être amis avec elle. Elle ne fait rien de particulier pourtant, elle est juste là, douce, lumineuse, souriante, solaire presque (bon à la maison elle sait aussi très bien montrer son caractère de cochon, avec des nuages sur le visage et des larmes grosses comme des billes dans les yeux. C'est pas pour rien qu'elle porte un prénom qui signifie "Arc-en-ciel", on pouvait pas trouver mieux !).

 

Alors forcément l'arrivée de mademoiselle "j'aimante tout sur mon passage" n'a pas du énormément plaire à la reine Olga... Le martélement "tu joues pas avec elle sinon tu vas le regretter !" a continué jour après jour. Au point que je sois obligée d'en parler à la maîtresse, qui n'a fait que confimer mon sentiment. Cette maîtresse - adorable d'ailleurs - a parlé aux deux petites filles et les choses se sont à peu près tassées. Ma fille a même absolument insisté pour inviter Olga à sa fête d'anniversaire, en juin dernier (perso j'admire et j'applaudis, je n'en aurais pas été capable).

 

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Cette année, pour la plus grande joie de ma fille, sa meilleure amie a également changé d'école et se retrouve dans la même classe qu'elle, à côté d'elle même. Les deux se connaissent depuis plus de deux ans, elles se voyaient à l'école mais aussi à la danse et le weekend. Elles s'entendent vraiment très très bien et ont pas mal de points en commun. 

 

Dès le premier jour d'école, Olga, toujours flanquée de sa cour virvoltante, n'a pas manqué de remarquer la complicité évidente qui existe entre ma fille et sa copine. Je l'ai vue à plusieurs reprises passer près de nous, louchant vers la fameuse meilleur amie, évaluant la situation, dédaignant pour un instant ses copines à elle. Peut-être déjà frustrée de voir que son ancienne ennemie semblait avoir une solide copine sur qui vraiment compter ?

 

Je l'ai revue ensuite, venant vers nous, ignorant royalement ma fille mais adressant son plus beau sourire à sa meilleure amie, minaudant des "coucou A. !", "tu viens jouer avec nous A. ?" "ça va A. ?".

 

Donc je sens l'affaire venir gros comme un camion. Elle va tenter de les séparer. Tout faire pour piquer la meilleure amie de ma fille. Mon Elfette a déjà remarqué quelque chose, mais en toute simplicité et en toute générosité. "Olga elle a envie d'être copine avec A. Mais elle a le droit, comme ça on peut être copines toutes les trois !".

 

Mouaich.

Si seulement ça pouvait se passer comme ça... Je ne dis rien, j'attends, je veille. Je tiens la petite Géraldine à l'oeil quand même.

 

PS #1 : ce billet, vous l'aurez compris, ne s'adresse pas aux Géraldine mais à un certain type de personnes

PS #2 : j'en profite pour embrasser une Géraldine que j'apprécie énormément

PS #3 : le prénom de Géraldine est le vrai (27 ans après je pense qu'il y a prescription), celui de la petite fille dans la classe de mon Elfette a été modifié

 

Photo : ma fille et ma petite belle-fille, qui a aussi changé d'école. On verra si Olga tente de mettre le grappin aussi sur elle, ça serait rigolo ma foi !

 

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Commenter cet article

Yokoflo 21/09/2012 08:39


Je n'ai pas changé d'école à cause de ça, hein, je suis passée du collège au lycée et j'ai changé d'établissement : je me suis fait d'autres copines et c'était bien mieux comme ça ;-) .

La journaliste IT pink & green 21/09/2012 15:18



Ah ok (ouf !!). Et tant mieux qu'ensuite tu as pu te faire des amies ! C'est tellement important à cet âge là, ça marque pour longtemps...



vieillebique 06/09/2012 22:14


oups touche verr num...20 ans plus tard ben oui

vieillebique 06/09/2012 22:13


oh les geraldine je bosse dans un milieu exclusivement feminin les histoire de geraldine ça me connait je les fuis comme la peste!!!!


moi c'etait aussi une geraldine jeme ouviens meme de son nom de famille et puis une blandine aussipfff quelle horreure la blandine jel'ai recroisée et tres naivement je lui ai dit bonjour comment
tuvas que deviens tu etcenfin voilà  ans plus tars mais j'ai vite compris que Blandine avait qu'une hate me fuire ......


ça fait peur quand memelol quelle idiotes les geraldine blandine enfin quelque soit le prenom qu'elles portent

La journaliste IT pink & green 20/09/2012 09:20



Oui peu importe le prénom, on en a toutes croisé au moins une j'ai l'impression...



Yokoflo 06/09/2012 21:52


Il m'est arrivé la même histoire que toi : un jour, je n'ai pas compris pourquoi mes amies s'étaient liguées contre moi...


J'ai tenu 2 ans puis changé d'école! 


Surveille, pour ton elfette, ça aide d'avoir des parents vigilants ;-) .

La journaliste IT pink & green 20/09/2012 09:19



Ah oui carrément changé d'école ?? C'est rude... 


Je veille, merci Yoko !



MissBrownie 06/09/2012 13:57


Dis donc, ta fille a l'air plutôt cool! Finalement, il vaut mieux pour elle :)


J'aime pas les pestes. J'appelle ça des Nelly Olson moi ;)