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En avoir assez. Ou pas. Ou trop

par La journaliste IT pink & green

publié dans Frappée par...

conso

 

De quoi ?

De tout.

 

De la nourriture. Des produits d'entretien. Des cosmétiques. Du linge. Du salé, du sucré, du gros, du petit, du comestible, du jetable.

 

En boîtes, en bouteilles, en flacons, en cartons, dans du plastique, dans des sacs.

 

 

J'ai longtemps entretenu une relation inquiéte avec la possession, l'abondance, la sécurité matérielle et financière. J'avais une grosse tendance à l'accumulation. Entasser les choses autour de moi, comme des barricades, comme un écran de fumée plutôt, me rassurait. Et je ne parle pas de vêtements, de chaussures, de sacs, de bijoux ou d'objets personnels, mais de matériel de première nécessité (ou presque). 

 

Des conserves dans le cagibi. Des compotes. Du sel, des pâtes de toutes les formes, des confitures de l'été dernier, du sucre, du sirop et de la farine dans les placards de la cuisine.

 

Du savon liquide, en pain, en paillettes. Du dentifrice, des brosses à dents souples, dures, médium. De la lessive parfumée à la pêche et de l'adoucissant à l'aloé véra. Du liquide vaisselle. Des rouleaux de sopalin et des paquets de kleenex.

 

Des taies d'oreiller, des nappes, des serviettes, en tissu, en papier, blanches, à motifs. Des enveloppes carrés, rectangulaires, à bulles, vierges, déjà timbrées, colorées, épaisses, fines. Des éponges douces, qui grattent, à dos vert, à dos rouge. Des gants roses taille 7, des gants blancs de chirurgien taille 8. 

 

De la crème hydratante, solaire, capillaire. Dans des tubes, des flacons, des boites rondes. A l'huile, à la lavande, enrichies en vitamine E et A, pour le visage, pour les mains, pour les pieds, pour les lèvres, pour le contour de l'oeil.

 

Des goûters en barre, en biscuits, en flocons, à réchauffer, à congeler.

 

Dans mon ancien appartement, en région parisienne, il y avait des rangements entiers dédiés à rassurer mon côté écureuil. Des étagères pour les conserves et toute une armoire pour les produits d'entretien. Le linge aussi s'accumulait dans les armoires. Qui sait ? On aurait pu manquer de housse de couette si l'une d'entre elles se faisait avaler par la machine à laver !

 

Les piles s'entassaient et moi j'avais l'impression de créer des barrières plus ou moins solides entre moi et la précarité, la pauvreté, l'angoisse du lendemain et du "que va-t-on manger ?". 

 

D'où cela me vient-il ? De mon enfance mélancolique, modeste mais heureuse à sa façon ? De mon caractère ? D'une autre vie ? Je dois être bélier ascendant écureuil, croisé avec une taupe aveugle !

 

C'est seulement depuis un an que j'ai lâché cette angoisse dont je n'avais même pas conscience je pense, j'agissais pas automatisme quand je remplissais religieusement mes placards. J'accepte de ne pas avoir trois rouleaux de sacs poubelle en avance, et tant pis si je tombe en panne de sacs, je trouverai bien autre chose. Les yaourts viennent à manquer ? Pas grave, je fais des flans maison avec du lait. Plus de lait justement ? Alors ce sera tisane au petit déjeuner ce matin, en attendant de faire les courses. Y aura-t-il des sous pour faire les courses justement ? Sûrement, le frigo et mon porte-monnaie sont vides mais la nature n'aime pas le vide, ils se rempliront donc. Forcément.

 

bracelets arc-en-ciel

 

Et en plus ça marche.

 

Je ne dis pas que mon changement est parfait ni que le vide ou le "tomber en panne de quelque chose" ne générent plus d'angoisse chez moi. Mais je progresse. Je suis intimement convaincue que nous ne sommes pas parachutés sur cette terre pour nous faire des montagnes de soucis avec des angoisses matérielles. La vie est comme un fleuve, elle coule et nous ramène ce dont on a besoin, pourvu d'avoir confiance. Aujourd'hui j'ai le coeur léger, je ne sais pas de quoi demain sera fait mais je sais qu'il sera, et je profite du moment présent.

 

bulles

 

Photo {1} : vivat.be

Photo {2} et {3} : we heart it

 

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Marjoliemaman 27/09/2011 14:07



Je ne sais pas d'où cela me vient mais je stocke aussi. Besoin d'avoir de la farine, du sucre, de sboîtes de conserve, de l'eau, comme si une guerre pouvait éclater à tout moment. Pourtant, lors
des pénuries, je ne me rue pas pour me réapprovisionner comme lors du manque d'essence l'an passé... Je fais confiance mais j'ai besoin d'avoir mes "arrières" assurés. Etrange, non ?



La journaliste IT pink & green 28/09/2011 10:43



Non je trouve pas ça étrange, je suis (j'étais) un peu comme toi, maintenant je lâche un peu prise avec ça mais tout cet entassement me rassurait énormément. J'aimerais comprendre pourquoi...



Mooglosaurus 21/09/2011 13:59



Génial ton billet ^^


Moi je vois que la génération de mes parents a accumulé beaucoup parce qu'ils étaient nés en période de guerre et qu'ils recyclaient tout. Du coup rien ne se perdait car tout se réutilisait.
Maintenant on continue à acheter mais on jette tout aussi... ou on garde...


Ce qui m'a aidé, moi c'est l'organisation de la maison. Maintenant je cherche partout comment mieux organiser pour être plus efficace et moins acheter + moins jeter. C'est un bonheur que de se
sentir efficace ^^



Lili la Vipère 19/09/2011 22:32



Je comprends! Moi je n'ai pas réussit à lâcher et je continue d'entasser, d'acheter les compotes par pack de 24, le liquide vaisselle par 4, quand j'hésite pour un produit cosmétique ou un
vetement je l'achète en plusieurs teintes je me dit que ce n'est pas perdu de toutes façons. C'est pareil pour tout. Je pense que ça me vient du manque dans l'enfance que ce soit sur le plan
financier, affectif, nourriture du coup là j'ai peur de manquer et j'entasse. Le plus malheureux c'est que pour la bouffe nous ne sommes que 3 à la maison du coup ça vire au gâchis ce qui me
rends malade et pour les biens non périssable je me lasse et en donnes à mes copines! Bon là au moins je fais des heureuses!



kloklotuc 19/09/2011 16:23



et pkoi tu fait ça?



vieille bique 19/09/2011 15:43



moi j'accumule pas je garde....on sait jamais! c'est d'une parenté proche mais je ne jette que lorsque je suis certaine que c'est fichu et je n'achete que si c'est veritablement obligatoire des
fois par exemple je trouve que je fais triste mine a cote d'autre femme a l'ecole par exemple qui semble toujours avoir de nouvelle choses à porter et moi j'aic e vieux manteau depuis 5 ans j'ai
change mes chaussure quand elles se sont trouées et je n'en ai qu'une paire pareil souvent pour mes vetement j'en ai peu et je me dis mince je porte tout le temps la meme chose  et ça me
fout le bourdon en general


  pas tant  à cause revenu modeste non je suis dans la moyenne a qui on pique tout et on ne donne plus mais juste parce que j 'ai ete eleve comme ça  comme quoi on dit que les
enfants unique sont pourri gaté eh bien loin d'etre malheureuse en ce temps la on m'a juste appris la valeur des choses....brav pour ton travail sur toi pour avancer en tous cas!!! je n'en suis
pas la!