Quand j'étais gamine, le compte à rebours avant les vacances était très important et très fêté. Mon père, prof, entamait ses deux mois de congés en esquissant quelques pas de danse qu'il accompagnait en chantant "je suis en vacance-euuuh ! je suis en vacances-euuuh !". Nous nous empressions d'accompagner son chant de joie à notre tour, en dansant et en sautant dans tous les sens. Cela marquait le début des festivités, le grand départ, l'adieu à la France et aux cahiers pour deux longs mois qui nous semblaient toujours trop courts.
Je crois que ça fait partie des souvenirs les plus joyeux et les plus légers que je garde de mon enfance. Ca avec la purée maison de ma grand-mère paternelle, avec les histoires de Mickey de mon grand-père paternel et avec la confiture d'abricot de ma mère.
Une fois le début des vacances dignement fêté, c'était le grand bal des valises à préparer pour neuf semaines. Mon père descendait le soir remplir la Volvo break (ça fait très cliché mais c'est la vérité), ma mère confectionnait terrine de porc, sandwichs, viande panée et salade de pommes de terre pour la route et nous avions le droit (oh joie de l'exception) de rester devant la télé jusqu'à tard dans la chaleur de la nuit parfumée. On regardait des films en noir et blanc, des Don Camillo et autres marronniers de l'été.
La route était longue, 1700 kilomètres et quatre pays à traverser. On la faisait en deux ou trois jours, avec arrêt à l'hôtel en Autriche, au milieu des vignes, des forêts et des maisons aux balcons qui dégoulinent de fleurs. Evidemment on crevait de chaud, il n'y avait ni la clim ni cette préoccupation aujourd'hui complètement essentielle d'attacher soigneusement chaque enfant. On passait de la banquette arrière au coffre sans cérémonie. Autre époque, autres moeurs...
Je ne sais même pas pourquoi je raconte tout ça. Je ne suis pas guidée par la nostalgie, je me suis juste souvenue de tous ces détails à l'approche de notre départ à nous, au bord de la mer. Ca reste de jolies souvenirs, mais qui sont bien là où ils sont, dans ce passé qui ne m'oppresse plus par ses lacunes ni son absence.
Allez, il reste cinq jours, ensuite à nous les 10 jours de vacances ! Ca semble peu mais je sais que ce seront dix journées remplies comme il faut de joie, de rires, de dodos, de crème solaire, de petits déjeuners dehors, de conversations tardives (et de sable dans les chaussures). Je suis même certaine de ne pas pleurer quand on rentrera, comme je le faisais quand j'étais enfant. Autre époque, autres moeurs, autre regard sans doute !
Photo : we heart it






Bouboulette 02/07/2012
kat 02/07/2012
Kaymet 02/07/2012
Pascale 02/07/2012
Kaymet 04/07/2012