Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les regarder grandir, et grandir moi aussi

par La journaliste IT pink & green

publié dans Mon nombril

Iris-joue.jpg

 

De mes nouvelles fenêtres je les vois dans la cour de récréation de leur nouvelle école.

 

La Grande est volubile. 

Entourée de deux ou trois copines plus grandes qu'elle en taille et en âge (normal, elle est toujours la plus jeune de sa classe), je la devine qui pépie sa nouvelle vie, sa chambre verte et chocolat, son ancienne école, ses passions, sa famille. Le tout avec forces détails et larges mouvements des bras.

Parfois elle se met à courir et participe aux jeux, mais le pia pia pia reste incontestablement son rayon.

Elle vient dans le fond de la cour, m'aperçoit au loin, lève un bras, puis deux, me fait des signes, puis se tourne vers ses nouvelles copines et se remet à parler, visiblement toute émoustillée de décrire sa maman dans la cuisine, là, au loin, avec son petit frère. 

 

La Petite est guillerette.

Elle joue au loup, court, s'élance avec les autres enfants comme dans une envolée de moineaux.

Elle a toujours deux petites filles accrochées à ses mains. Jamais les mêmes. La Déesse de l'arc-en-ciel, on l'aime à tous les coups. Partout où elle arrive, elle a ce charme qui attire les autres enfants. Elle les aimante, ils lui sourient, ils veulent tous être son ami. Et elle s'installe dans les coeurs comme dans la classe, avec gaieté et légèreté.

Elle lève une petite main et me fait un joli signe discret. Je devine son sourire.

 

Et moi je cesse de m'inquiéter. 

J'avais peur pour elles, peur de leur imposer ce changement, peur de leurs réactions. Leurs réactions ?? Plutôt la mienne, oui. En une fraction de seconde j'ai rajeuni de 30 ans et ma petite tête disait "non non non je ne veux pas. J'ai peur. Je veux rester ici. Je ne veux pas changer. Laissez moi tranquille".

Craintive, fermée, timide, j'ai serré contre moi mon manteau fait de routine pour réchauffer mon coeur appeuré. Ma tête continuait à dire obstinément "non".

 

Mais... 

Elles ne sont pas moi. Pas du tout. Surtout pas le "moi" de leur âge.

Ca m'a demandé des efforts, ça m'en demande encore, mais j'ai arrêté de projeter mes angoisses, mes attentes, mes peurs et ma personnalité chez elles. Je ne "me" protège plus à travers elles. Les aimer vraiment, les aimer "elles", c'est aussi cesser de rassurer la petite fille qui est en moi par des automatismes instaurés avec mes enfants.

J'ai décidé de leur faire confiance, de faire confiance à la vie. De grandir aussi.

 

Je ne suis pas déçue quand je regarde par mes fenêtres.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Commenter cet article

vieillebique 24/02/2012 19:20


superbe photo!


moi c'est hélas l'inverse j'etais un peu un melange de tes deux filles à leur age et j'espère encore maintenant.mais mes enfants sont  plus comme toi a leur age alors dis moi ça gueri????


 


parfois je me dis ils sont tellement pas moi avec les autres ça m'effraye parfois pour leur avenir

isa 24/02/2012 12:04


Quelle belle photo ! 

kat 24/02/2012 10:47


Même si cela mérite adaptation et prise de recul, les laisser apprivoiser la vie à leur(s) façon(s), tout simplement, est sans doute la meilleure façon de les voir s'épanouir ... 

Ilse 24/02/2012 10:35


J'aime vraiment te lire!

Isabelledanslesetoiles 24/02/2012 10:08

J'adore lire tes billets où tu fais état de ton travail sur toi-même pour permettre à tes enfants de grandir au mieux. Je te trouve courageuse et forte et moi qui en ai bavé gamine, qui craint de
"merder" avec ma fille à cause de ça, je suis rassurée de voir qu'avec de la volonté et beaucoup d'amour on s'en sort sans problème. Tu me donnes confiance en l'avenir...