J'ai entendu cette remarque plusieurs fois au cours de ces derniers mois. Que ce soit ici, sur mon blog, ou sur Facebook, au sujet de billets écrits par moi ou de publications partagées sur mon mur. Je suis d'ailleurs persuadée que (beaucoup) d'autres personnes le pensent en silence, sans le dire. Peut-être même qu'on se pose des questions à mon sujet : elle est dans quelle secte ? c'est qui son gourou ? elle carbure à quoi ? (Pas vrai ?)
Qu'on me trouve "mystique", ça ne me vexe pas, entendons-nous bien là-dessus. Le mot n'est pas péjoratif à mon oreille. Seulement je ne trouve pas qu'il me corresponde.
J'ai évidemment conscience que beaucoup de mes paroles et de mes écrits sont imprégnés de spiritualité. Je parle d'âmes, de Dieu, de foi, de croyances, de l'enfer et du ciel, de la vie, de l'univers... Oui, bien-sûr. Je conçois que ça peut paraître totalement mystique, énigmatique, nébulleux, ésotérique voire même illuminé pour beaucoup de personnes qui me lisent ou qui discutent avec moi.
Mais je n'arrive pas à entrer dans le petit tiroir du mysticisme en fait. Essentiellement pour deux raisons.
La première c'est que je ne suis pas fan du terme "mystique". Il véhicule tout un tas de clichés qui ne me conviennent pas. Comme c'est souvent le cas avec les mots d'ailleurs. J'aime les mots, j'adore les mots. Mais parfois je préfère m'en passer parce que ce qu'ils cherchent à décrire ne peut pas être enfermé dans quelques lettres placées côte à côte. C'est le cas avec le mysticisme. "Mystique", ça enferme la personne dans une catégorie, et la spiritualité (pas la religion hein, ça n'a rien à voir) c'est tout le contraire : ça ouvre l'esprit, ça déploie la conscience, ça rapproche les gens de ce qu'il y a de meilleur en eux.
Un autre exemple de mots qui enferment, c'est le mot "Dieu". Je n'aime pas ce mot parce que derrière lui on imagine une personne (première erreur) avec un caractère (deuxième erreur) et Dieu ça n'est pas ça. Dieu n'est ni bon, ni mauvais. Ni vengeur, ni récompensant. Ni père, ni fils. Ni vieux, ni jeune. Ni barbu, ni imberbe. Ni homme, ni femme. Il n'est rien de tout cela et tout cela à la fois. Quand je parle de Dieu, je préfère remplacer ce mot par d'autres : Vie, Univers, Je, le Tout. Ou par rien d'ailleurs. Juste sentir.
Mais reprenons le terme mystique. Derrière lui, on se représente quelqu'un qui serait toujours en paix et calme (ce que je ne suis pas), toujours bon (idem), toujours détaché du superflu, presque austère (là on n'y est plus du tout). Une sorte de Thérère d'Avila, cloîtrée, stigmatisée, qui passerait son temps à prier. Quelqu'un en dehors du monde et de la réalité, alors que justement, la spiritualité c'est tout le contraire. C'est ressentir le monde et la réalité à la puissance un milliard.
Et puis deuxième raison pour laquelle je ne suis pas fan de ce terme, c'est parce que ça me semble incongru de dire que je "deviens" mystique. Pour moi la spiritualité n'est pas un truc à part. Ni "en plus". Ni qu'on "devient". Ca fait juste partie d'un tout. On l'est depuis toujours, souvent sans le savoir. Le matériel et le spirituel. Le Yin et le Yang. Le blanc et le noir. Le corps et l'âme. L'ombre et la lumière. Aucun des deux n'a moins d'importance que l'autre. Je sais bien que pour la plupart des personnes que je côtoie, parmi mes amis, la partie spiritualité n'est pas importante, ou n'existe pas du tout même. Je le respecte, à chacun ses choix et ses priorités. Mais pour moi c'est aussi essentiel, naturel, basique je dirais même, que de manger, dormir, boire ou respirer. Ni plus, ni moins. C'est l'autre versant de ce qui me fait vivre.
Dire "tu deviens mystique" quand j'écris des billets sur la spiritualité, c'est aussi singulier (pour moi) que si on me disait "tu deviens prosaïque" après avoir écrit une recette de gâteaux ou "tu deviens matérielle" au sujet d'un billet sur mon dernier vernis Yves Saint Laurent. Ce côté spirituel fait autant partie de nous que le côté matériel. Je ne "deviens pas" mystique, je (re)découvre une partie de moi qui a toujours été là, et qui est juste capitale dans ma vie, dans la vie.
Pardon pour la photo, elle arrache la rétine, je sais. Et elle ne correspond d'ailleurs pas du tout à l'image que je me fais de la spiritualité. Je rajoute donc une deuxième photo, qui traduit exactement ce que je ressens à propos de cette réalité : matériel et spirituel co-existent, comme le puits et la source. A chacun de chercher (ou pas) ce qu'il y a dans le plus profond de notre être...






Kaymet 01/08/2012
Les Sens Ciel ♡ 02/08/2012
Coco 02/08/2012
vieillebique 05/08/2012
Clovis Simard 22/09/2012