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"Tu es ma moitié". La bonne blague.

par La journaliste IT pink & green

publié dans Mon nombril

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Ca c'était vraiment quelque chose de fort dans ma vie, un idéal auquel j'ai cru, un but vers lequel j'ai tendu de tout mon coeur, de tout mon être. Trouver l'âme soeur, la moitié de moi-même, celui qui me complèterait, celui qui me comprendrait, qui serait à la fois pareil et différent, qui comblerait mes lacunes et mes carences. Qui me sécuriserait. Qui m'apporterait cet équilibre qui me faisait si défaut (croyais-je). Quelqu'un avec qui je pourrais former un tout, enfin.

 

C'est du à quoi ?

 

Peut-être parce que j'ai vu ce modèle là durant toute mon enfance, et même encore maintenant. Mes parents forment un couple amoureux depuis plus de quarante ans. Ils sont toujours ensemble, ils ne supportent pas l'absence de l'autre, ils ont pratiquement le même avis sur tout, ils n'imaginent pas la vie l'un sans l'autre. Ils se complètent. En un sens, c'est beau. Oui, c'est beau de les voir s'aimer ainsi, avoir des petites attentions l'un pour l'autre. Mais d'un autre côté, ça fait peur. Parce qu'il y a énormément de dépendance dans ce genre de relation.

 

Peut-être aussi parce qu'on nous vend ce modèle là. Partout. Dans les films, dans les séries, dans les reportages, dans les livres, sur Internet, dans les chansons. La recherche de sa moitié, de son âme soeur, de cette moitié de l'âme dont on aurait été, selon une légende, séparée au moment de la création.

 

Mais si on cherche sa moitié, si notre conjoint nous complète, ça veut dire qu'on n'est pas complet, tout seul. Non ?

 

En fait, si on comprend bien le principe, en se mettant en couple on propose son 'incomplétude" à quelqu'un en espérant former un tout. C'est comme si on lui disait : "oh tiens, complétons-nous, neutralisons nos déficiences, soyons la béquille l'un de l'autre et faisons un bout de chemin ensemble". Mais c'est bancal cette histoire là. Et si l'autre meurt ? et s'il nous quitte ? ça veut dire qu'on perd une moitié de soi-même ? on se remet à boiter ? Génial...

 

Et même si ce n'est pas le cas, même si on n'en arrive pas à une telle extrêmité, je suis persuadée qu'à un moment ou à un autre ce type de d'alter dépendance entre deux personnes finit par devenir insuffisante. L'autre ne peut jamais nous compléter correctement et ça finit forcément par générer des agacements, des frustrations, des déceptions. Après avoir formé un tout si fusionnel, si rassurant et si équilibrant, on se retrouve finalement face à soi-même, les bras remplis de déceptions et de l'amertume plein le coeur (évidemment, je ne suis pas en train de dire que dans un couple on n'apporte rien à l'autre, là n'est pas mon propos, je parle d'équilibre dans sa propre vie).

 

Et bien moi je n'en veux pas de ce modèle là. Je veux être complète avec moi-même. Me connaître, être forte, pouvoir compter sur moi-même. Je veux être UN. Et offrir ensuite cette complétude à celui que j'aime. Parce que lui, il est complet. Ca ne fait aucun doute. Moi j'ai encore du boulot, mais je suis en train de trouver les pièces manquantes de mon puzzle. Et elles sont à l'intérieur de moi.

 

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Agnès 08/03/2013 10:04


C'est vrai que tant que l'on croit que l'autre viendra combler une part de vide qui est en nous, on fait fausse route.


Bien sûr on rencontre des "âmes sœurs" soucieuses et pleines de bonne volonté pour ainsi colmater un peu nos brèches, mais la plupart du temps, leurs failles sont tout autant importantes que les
nôtres voire tellement plus douloureuses.


Mais on y croit et on se sert alors de cet autre et on se remplit alors.


Et puis un jour, on décide de regarder cet intérieur fait de bric et de broc, et ça peut faire mal. Comme une sorte de nausée légère qui persiste. Une odeur d'après cuisine qui reste en suspend.


On peut alors réaliser que s'il y a vide, il y a contenant et que ce n'est pas tant l'intérieur qu'il faut remplir mais bien plutôt soigner ce château doré, réorganiser ses pièces, changer les
meubles de place ou les changer tout court.


Et un bel après-midi d'été on rencontre un autre château argenté, et on se rassemble pour créer un village.


Point de vide dans tout cela. De la vie à vivre avec soi-même et si l'autre veut bien prendre un peu de nous, il le fera mais juste pour parfaire son propre château.


La richesse d'un couple est dans cette symbiose de fonctionnement, dans un partage équitable, comme un commerce écologique. C'est une petite entreprise qui ne donne rien sans rien, car c'est un
principe vital pour ne pas dire un théorème de l'existence.


Je pense qu'en amour, il n'y a rien à attendre de l'autre car ce serait déjà exiger de lui qu'il sache parfaitement ce que je suis. Il n'est pas un surhomme, il est l'homme que j'aime et je
m'efforce de l'aimer avec le plus de qualité possible, sans lui faire de mal, sans le heurter, sans le mettre dans des situations difficiles et en acceptant qu'il ait son rôle d'Homme :
protecteur.


Nous sommes des mammifères pensants et notre instinct est vif et incontournable. Nous avons juste un avantage (ou inconvénient ?) nous parlons. Mais souvent, la communication peut prendre des
formes différentes et de savoir les comprendre nous ouvre la porte du bien être.


Car aimer c'est aussi très égoïste, on aime avant tout pour soi. Autant que ce soit dans la forme du plaisir…

La journaliste IT pink & green 17/03/2013 12:33



Merci pour ton commenaire très intéressant.



cbk 06/03/2013 21:13


Moi j'ai souvent en tête une phrase entendue je ne sais plus où (mais dans une chanson ou un livre sans doute): "je ne dis pas "Je ne peux pas vivre sans toi"; je pourrais tout à fait vivre sans
toi. Mais je n'en ai pas envie". C'est un peu dans la même veine non?

La journaliste IT pink & green 17/03/2013 12:34



Exactement !



vieille bique 06/03/2013 19:43


100% d'accord!

La journaliste IT pink & green 17/03/2013 12:34







lialia 06/03/2013 18:17


"To love oneself is the beginning of a long-life romance"Oscar Wilde


Je pense qu'il ne faut pas prendre l'expression "se compléter "au pied de la lettre mais je suis d'accord avec Oscar, il faut avoir une excellente relation avec soi-même d'abord car c'est avec
notre propre peau qu'on va vivre jusqu'à la fin de nos jours et du coup, si on s'entend mal, ouillle, ouille

La journaliste IT pink & green 17/03/2013 12:34



Tout à fait. Merci pour cette citation, je ne la connaissais pas.



DarkGally 06/03/2013 14:13


C'est exactement la réflexion que je me suis faite après mon divorce. L'essentiel c'est avant tout d'être entière avec soi-même

La journaliste IT pink & green 17/03/2013 12:37



Idem, j'ai commencé à voir les choses et l'amour différemment en divorçant.