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"Tu peux pas comprendre : t'as pas d'enfants"

par La journaliste IT pink & green

publié dans Enfant

vernis.jpg

 

AH, mais AHHHHHHHHHHHH !!!

Qu'est-ce que j'ai pu la détester cette phrase ! Celle-là et sa copine, "tu verras, c'est pas pareil quand c'est les tiens". 

 

Atta, atta, atta. J'ai des frères et soeurs plus jeunes que moi, des cousins, un filleul dont je me suis beaucoup occupée quand il était tout petit, puis une nièce de 14 ans avec qui je passais énormément de temps quand elle était bébé. Sans compter la ribambelle d'enfants de tous âges que j'ai gardés, surveillés, nourris, changés, couchés, bercés, consolés quand j'étais étudiante.

 

Et tu veux dire que je n'y connais rien ?

 

Ben non.

 

Chère nullipare (je déteste ce mot) de France, de Navarre, du présent et du passé (nullipare que j'étais donc, aussi), en toute amitié, je ne peux pas te raconter des bobards en t'affirmant que tu as raison. Cette phrase est vraie, archi vraie, expérimentée maintes fois, validée, ratifiée, tamponnée.

 

Non, tant qu'on n'a pas d'enfant, on ne "sait pas" ce que c'est que d'en avoir. On se doute de certaines choses, on les devine un peu, mais on ne mesure pas l'ampleur de toute un tas de choses.

 

- La fatigue qu'on surmonte malgré tout (et dire qu'à 18 ans j'étais convaincue que si je n'avais pas mes dix heures de sommeil, je mourrais >> mouhahaha).

 

- Les principes qu'on brandissait comme autant d'étendards ("je veux accoucher sans péri", "ah non, le cododo c'est never, c'est bon ni pour lui ni pour moi", "allaiter oui, mais six mois ça suffit", "il n'aura jamais de tétine", "pas de Oui-Oui ni de Tchoupi chez moi", "mon téléphone il n'y touchera jamais", "que des jouets en bois, sinon rien", "les enfants qui font des caprices dans les magasins, c'est uniquement de la faute des parents", "du vernis sur les orteils avant 18 ans ? JAMAIIIIIS"). Oui tous ces principes sur lesquels on s'asseoit allègrement une fois que l'enfant paraît (et même avant) alors qu'on était PER-SU-A-DES qu'on ne troquerait jamais ses sacro-saintes convictions.

 

- Les concessions qu'on fait jour après jour avec sa conscience / son degré de patience / son homme / son enfant / son seuil de tolérance au bruit / sa fatigue / sa pile de linge / ses envies de sortie / le bain qu'on prend seule / son patron / la nounou / l'école.

 

- Toutes ces choses qu'on s'était promis de faire et que finalement ben bof. Alors on les abandonne sans (trop) culpabiliser : allaiter/biberonner, porter en écharpe, acheter des lavables, ne pas le faire garder avec 18 mois... not for me ? Pas de problème, j'opte pour autre chose.

 

- Ces floppées de petits détails qui nous faisaient hausser un sourcil moqueur, presque répprobateur, et qui désormais nous font danser de joie (quand bébé fait un caca explosif après trois jours de constipation, poke Faithfully), brandir l'appareil photo (une quenotte qui pointe), pousser des Ahhhhh d'admiration (un areuh, un rire, un bisou envoyé avec la main), applaudir à genoux par terre (devant un premier pas), s'extasier devant une petite voiture (retrouvée dans une de ses chaussures) et j'en passe.

 

- Cette compassion et cette empathie qu'on ressent subitement pour tous les parents de la terre, à commencer par les siens, qui ont fait comme ils pouvaient.

 

- Et surtout, surtout, cet amour qui n'est jamais exactement celui qu'on imaginait, qui vient très tôt ou plus tard, qui nous submerge ou qui se fait attendre, qui grandit alors qu'on le pensait déjà énorme. Cet amour qui nous fait tellement évoluer. 

 

Voilà voilà les copines, si vous ne comprenez pas pourquoi une mère est parfois si fatiguée / cernée / ravie de s'affaler sur son canapé ou au contraire de faire la fête en petit comité, un oeil toujours sur le téléphone, heureuse de parler du caca de son bébé ou des bonnes notes de son aînée, contente de s'échapper un weekend mais stressée à l'idée de laisser le bébé, à la bourre aux rendez-vous shopping parce que le petit a siesté plus longtemps que prévu, gaga quand elle poste des photos de son enfant sur Facebook je n'ai que deux gentils petits mots à vous dire : 

 - PROFITEZ bien de cette période d'insouciance

 - et... à dans 4, 5, 10 ans... maybe ? 

 

Et sur le même sujet, j'aime beaucoup ce billet de Je veux un bébé (Sommes-nous prêts à être parents ?) et qui dit qu'être parent c'est "comme le sexe, même si tu es prêt et impatient, quand tu es puceau, tu es puceau".

 

[Edit] : une petite précision encore, quand on devient mère on ne "sait pas tout" comme ça d'un coup d'un seul. Parce qu'on apprend avec son enfant, parce qu'il change, parce qu'on change, parce que le deuxième est différent et le troisième nous oblige une nouvelle fois à nous réinventer, à retricoter une maternité rien que pour lui. On apprend chaque jour la modestie et l'empathie.

 

Photo : We heart it.

 

 

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Lucas Duplan on Google Plus 18/09/2014 06:52

The baby is pretty much adorable and the photography of the above image is astonishing by all the means possible. I would really like to read such sort of posts. Thanks for the share.

snoring aids 30/12/2013 12:13

Parenting is one of the toughest professions of all and unless one face the real situation and experience of parenting, it is impossible to understand the feelings. All I can say is that the article is great and I will visit again.

theodora 30/11/2013 16:55

J ignorais que le fait d avoir des enfants donnait une sorte d intelligence dont seuls les parents heritent.
C est juste une phrase meprisante, visant a rabaisser l autre et a "essayer" de lui prouver que son avis, et meme sa vie de non parent n est pas comparable au bonheur(sic) d avoir pondu un mioche

chemins de Familles 14/08/2013 14:57

Un très bel article. Humour et vérité? Parce que comme on le dit et on l'entend souvent "Êtres parents est le plus beau mais aussi le plus difficile des métiers" et que c'est "le seul métier sans formation".
http://www.cheminsdefamilles.fr/

anonyme 05/01/2013 20:53


Je ne vais pas aller dans le sens des autres commentaires.


Cette phrase, je l'ai entendue, de la part de personnes méprisantes aussi bien que de personnes bien intentionnées et ouvertes.


Et non, maintenant que je suis mère, je ne vois rien de différent que ce que j'imaginais. Mais il est vrai que j'imaginais plusieurs possibles, du bébé qu'on pose et qui dort à l'enfant
hyperactif qui pleure et rit sans milieu.


Alors, les 1ers mois, je me suis dit qu'il fallait attendre. Plus de deux ans après, j'attends encore de voir ce qu'on est censé voir différemment quand on a un enfant.


Une de mes amies partage le même sentiment. Pour nous, les phrases comme : "avant, j'avais des principes, maintenant, j'ai des enfants", et autres pensées semblables, ne se vérifient pas.


Pourtant, je ne pense pas être obtuse, je manque beaucoup de confiance en moi. Mais non, vraiment, je n'ai pas changé d'un iota... J'expérimente juste un des possibles que j'avais imaginés.