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Les contes et moi : le cas de Barbe Bleu

par La journaliste IT pink & green

Les contes et moi : le cas de Barbe Bleu

Je suis en train de lire un livre qu'on m'a chaudement recommandé à plusieurs reprises. Je suis tombée nez à nez avec lui il y a quelques jours, en allant chez ma libraire préférée pour une toute autre raison. Comme je ne crois pas au hasard, je me suis dit que c'était le moment et je l'ai acheté.

Plusieurs éléments m'ont touchée très intimement dans ce livre, parce qu'ils résonnent avec des choses que j'ai vécues / entendues / vues il y a presque trois ans. Ces choses, je ne les ai pas toutes comprises sur l'instant. Mais j'ai trouvé la clé de certaines énigmes dans ce livre, et c'est assez fascinant. J'en parlerai peut-être ici (au risque de passer définitivement pour une illuminée, si ce n'est déjà fait).

Mais d'autres choses m'ont interpellée dans ce livre. Il y a par exemple cette histoire de Barbe Bleue, que je relis et comprends désormais sous un autre angle. Tout le bouquin propose ça, revisiter les contes à travers un autre prisme, dans le but de comprendre des choses en soi et de guérir certaines blessures. Et j'aime ça d'ailleurs, travailler sur les contes pour travailler sur l'âme. C'est ainsi que fonctionne (entre autres) la thérapie dont se sert la formidable psychiatre que j'ai rencontrée après mon internement à l'HP (croyez moi, c'est exceptionnel chez moi d'associer ces deux mots, psychiatre et formidable).

Les contes ne sont pas seulement des histoires que l'on raconte aux enfants le soir avant de dormir. Je me plais à croire que les auteurs ont sciemment caché dans les contes une quantité infinie de clés destinées à nous ouvrir l'esprit et surtout l'âme. "Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. Que celui qui a des yeux pour voir, voit" a dit Jésus. Ben c'est exactement ça. On peut lire les contes sous une autre lumière.

Dans les contes il y a des personnages et une histoire, mais si on gratte la surface, tous ces personnages sont en réalité des protagonistes présents dans notre tête. Prenons Barbe Bleue par exemple. Il n'y a pas seulement un méchant mari assassin ou une femme naïve et désobéissante qui finit par tuer son bourreau et qui parvient à se libérer. C'est plus que ça. On peut comprendre Barbe Bleue comme notre mental, ce petit vélo dans notre tête façonné par notre éducation, notre religion, notre culture, les tabous et les interdits qu'on nous a inculqués mais aussi cette façon qu'on a de raisonner en confiant tout notre avenir, toutes nos décisions à nos sacro-saints neurones. Hors raisonnement scientifique et cartésien point de salut, en somme. Voilà comment on nous a appris à compter sur notre cervelle.

Quand à l'épouse, elle représente notre esprit, notre coeur, notre âme, notre intuition, notre vrai "Je". Cette partie de nous-mêmes qu'on apprend à refouler, à contrôler et surtout à qui il ne faut donner aucun pouvoir. La fameuse petite voix qui nous dit toujours la vérité et qui nous guide si on prend la peine de l'écouter et de lui faire confiance. Cette épouse est prisonnière de Barbe Bleue. L'intuition est baillonnée par la raison.

"Il faut espérer qu'elle {la prisonnière} finira par ouvrir la porte de la pièce où gît tout ce qui a été détruit de sa vie" est-il écrit dans le livre.

Parce que oui, le mental passe à la moulinette notre vie. Le mental démembre nos rêves, décapite notre âme, assassine notre intuition. Dans le secret de notre inconscient se trouvent toutes ces blessures, tous ces cadavres que le mental nous interdit de regarder.

Mais...

... il y a une clé.

Plusieurs de mes amies sont actuellement en possession de cette fameuse petite clé. Mais elles hésitent à ouvrir la porte. Elles ont peur de ce qu'elles vont découvrir, peur de mettre en clarté ce qui les blesse, peur de déterrer les cadavres enfouis dans leur cervelle, peur de remuer des souvenirs d'enfance. Peur également qu'ouvrir la porte ne les change trop radicalement. Peur de ne plus se reconnaître, peur d'évoluer d'une manière inconnue. Pour toutes ces amies, j'ai envie d'être comme les soeurs de l'épouse de Barbe Bleue. J'ai envie de les encourager à ouvrir la porte. Oui ça nous change. Ca nous change même radicalement. Mais la paix, la lumière, le soulagement et le bonheur qu'on ressent une fois qu'on a poussé cette fameuse porte sont tels qu'on ne se demande qu'une seule chose "pourquoi je ne l'ai pas fait avant ?".

Et ce billet est pour vous, mes chères amies qui vous reconnaîtrez sûrement.

Edit : c'est plus sympa si je vous donne le titre du livre quand même : Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés

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matelas latex 02/04/2014 01:29

C'est très agréable et faits saillants. Créer un contraste très réussi. Vous avez beaucoup de goût

snana 01/08/2013 01:05

Que dire...? Ce livre m'a sauvé plusieurs fois la vie, là, à l'intérieur de mon cerveau en ébullition. Ce livre est un grimoire, qu'il faut lire, relire, et encore relire. J'y trouve à chaque fois de nouvelles choses, au fur et à mesure que j'avance dans ma vie. C'est le livre que j'offre aux femmes que j'aime le plus, je suis heureuse qu'il t'accompagne.

Bouboulette 27/05/2013 07:29

Je note, je note ;)