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Neuf raisons pour lesquelles c'est plus facile avec six enfants qu'avec un seul

par La journaliste IT pink & green

Neuf raisons pour lesquelles c'est plus facile avec six enfants qu'avec un seul

On me dit souvent que j'ai du courage (ou alors on m'en souhaite), que ça doit être prenant, exigeant, chaud cacao. On me demande si je ne suis pas trop fatiguée, si ce n'est pas trop compliqué à gérer et comment je fais pour rester zen.

Mais la réalité est toute autre, mes bonnes gens.

La réalité, c'est que je trouve ça beaucoup plus facile d'avoir plusieurs enfants que d'en avoir un seul. J'ai beaucoup beaucoup galéré avec ma fille aînée. Beaucoup moins déjà avec ma cadette. Et le temps a ensuite filé en m'apportant des enfants et en me débarrassant de quelques tourments.

Vous ne me croyez pas ?

Voici neuf raisons pour lesquelles je trouve la maternité définitivement plus facile aujourd'hui qu'il y a 14 ans.

1/ on se prend moins la tête

On est beaucoup moins dans la découverte et dans la crainte de la nouveauté. Changer un nourrisson ? Facile. Allaiter et faire autre chose en même temps ? Fingers in the nose. Manger et gérer le moyen qui rechigne, un bébé qui en met partout et une grande qui raconte sa journée au collège ? Appelez moi Shiva.

On a le coup de main, on est rodés, il y a des gestes (pourtant craints il y a quelques années, comme donner le bain) qui sont devenus des automatismes. Comme quand on conduit une voiture ou qu'on tape sur un clavier, au bout d'un moment on ne regarde plus (le clavier hein, pour la voiture les automatismes sont tout autres). On jongle, on est devenus des funambules de la maternité, des experts en puériculture, des virtuoses de la layette, des Lucky Luke du changement de couche remplie.

2/ on se fait davantage confiance

Serai-je capable de m'en occuper ? Vais-je réussir à allaiter ? Vais-je l'aimer autant ? Des jumeaux, mais comment je vais faire ?

Oh ces questions restent évidemment dans un petit coin de la tête, on est humaines tout de même, mais elles ne sont plus aussi envahissantes qu'auparavant. On les balaie d'un geste de la main. On plonge à l'intérieur de son coeur, on regarde un moment et puis on en ressort rassurée. Bien sûr qu'on va gérer. On en a les ressources, l'intuition a parlé et l'intuition ne se trompe jamais. On a fait un joli petit paquet avec la culpabilité et on l'a mis à la poubelle. 

Au fur et à mesure des grossesses, j'ai gagné en sérénité. Je fais confiance à mon instinct, je suis beaucoup moins angoissée (accessoirement je suis persuadée que mon stress jouait énormément sur le sommeil de ma fille aînée). 

3/ on fait davantage confiance à son enfant

Avec ma fille aînée, j'étais particulièrement sur le qui-vive (traduire : angoissée). J'étais persuadée qu'elle n'était absolument pas capable de vivre sans moi (haha), ni pour la sieste, ni pour la nuit, ni pour les phases d'éveil. Et devinez quoi ? Elle répondait parfaitement à cette attente (comme par hasard).

Avec mes autres enfants j'ai dû, par la force des choses, lâcher un peu prise (et leur lâcher la grappe aussi, par la même occasion). Et je me suis tout bonnement aperçue qu'ils le vivaient bien, très bien même. Et que mes nuits ne s'en portaient pas plus mal, mes journées pareil.

Faire confiance à son bébé, c'est essentiel. Poser un bébé apaisé dans un lit en étant persuadée qu'il va bien et qu'il peut dormir en toute quiétude, c'est contagieux. Le bébé le capte et (s'il n'a pas de soucis particuliers, comme un reflux, bien évidemment) il calque son attitude dessus. En tout cas c'est ce que je ressens, ce que je vis.

4/ on n'écoute plus les conseils plus ou moins non avisés

"La tétée c'est toutes les trois heures". "Laisse le pleurer il se fera les poumons". "L'ibuprofène c'est incompatible avec l'allaitement" (entendu de la bouche de ma généraliste. Hum).

Les conseils et avis variés non quémandés, on s'en bat les boobs, si vous me passez l'expression. On s'est fait sa propre idée sur beaucoup de choses, allaitement, sommeil, diversification alimentaire et j'en passe. On sait où trouver les bonnes informations (le Crat est ton meilleur ami pour les médicaments par exemple) et on a développé une formidable capacité à devenir sourde aux conseils non demandés, voir à rembarrer le conseilleur avec fermeté.

On est moins vite destabilisée, on a peaufiné sa répartie, on est devenus des expertes du "cause toujours tu m'intéresses" (hashtag Yeux levés vers le ciel).

5/ on a déjà vécu certaines situations

Certaines situations inattendues sont source de stress, de questionnements, de remises en question très déstabilisantes. Je pense notamment aux soucis liés à l'allaitement mais aussi aux problèmes de sommeil, aux maladies infantiles, aux petits incidents de la vie quotidienne.

Après plusieurs enfants, on maîtrise. Bon certes pas tout, mais on connaît, on sait comment réagir. On sait en outre que l'angoisse est notre pire ennemi et que la zenitude la meilleure attitude à adopter face à certaines choses. Pas toujours facile à appliquer, certes. Mais quand on sait que ça fonctionne, on bascule beaucoup plus facilement du mode angoissé au mode zen.

6/ les grands gagnent en autonomie

C'est une lapalissade mais oui, un enfant qui grandit gagne en autonomie et c'est un soulagement. De petit bébé dépendant en tout on passe à petit enfant qui se débrouille avec ses vêtements, puis ses lacets, son assiette, son cartable, ses devoirs (si si, ce jour finit par arriver), son trajet vers le collège. Un tout petit bébé minuscule ce n'est pas pareil qu'un enfant qui grandit. Bon ok on écope aussi d'autres types de soucis, les bulletins, les copains, les sorties. Mais à chaque âge ses petits tracas et il est parfois bon de se dire que la période des couches / pas dodo / tétées intempestives ne dure qu'un temps (trop court finalement, paradoxe parental quand tu nous tiens).

7/ tout le monde participe

Une famille nombreuse, c'est comme un grand bateau qui navigue avec à son bord plusieurs personnes. Chacun y met du sien, à sa mesure, en fonction de son âge, de ses capacités, de ses envies aussi. Faire son lit, vider un lave-vaisselle ou mettre la table, chaque petite chose compte. 

Mes filles sont, en outre, à un âge où pouponner de temps en temps est un plaisir. Changer une couche ou bercer un bébé pendant que je prends une douche, ça reste à leur portée et elles le font volontiers (dans le cas contraire je ne les y obligerais pas, mais il se trouve que ça leur plaît). Je ne disposais pas de ce luxe quand j'avais seulement un enfant.

Bref on est nombreux à manger, salir, déranger, mais on est aussi nombreux quand il s'agit de mettre la main à la pâte.

8/ ils s'amusent ensemble

Alors ça, c'est vraiment quelque chose de flagrant dans le quotidien d'une famille nombreuse. Les enfants ne s'ennuient pas. Jamais. Ou presque. Les liens se tissent entre eux et varient en fonctions des âges, mais une constante demeure : ils ne se sentent pas seuls et demandent moins d'attention de la part des parents (je fais partie de ces mères qui n'aiment pas jouer, bouhhouuuu pas bien, mais j'assume). Alors il y a aussi des disputes, des cris, des verres renversés et des jouets qu'on ne veut pas partager, mais tout ce petit monde vit, échange, gigote, rit. Fi à l'ennui, place au partage et aux éclats de rire dont on se souviendra toute la vie.

9/ on sait que tout finit par passer

Comme je le disais plus haut mais je le redis parce que ça me semble essentiel, on sait que tous les petits et grands tracas finissent par passer. Quand on sature, on se répète comme un mantra "ça passe, tout passe" parce que promis, juré, craché, c'est vrai. Et même qu'on sait que ça passe trop vite. Alors on tâche de faire la seule chose qu'il y a à faire : profiter. Parce que ces moments qui nous semblent parfois difficiles ne resteront finalement que de jolis souvenirs dont on se rappellera du meilleur, avec un brin de nostalgie. On l'a déjà vécu, voyez-vous.

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GToch 29/04/2017 12:37

J'adhère complètement :D
Un Pilou en plus ne rajoute pas de difficultés de gestion au quotidien.
Une amie qui vient de découvrir sa quatrième grossesse **imprévue cette fois** m'a posé la question cette semaine. Qu'est-ce que ça fait de passer de 3 à 4 ? **navrée nous n'avons QUE 4 poussins ;)**
Ben pour ma part ça change juste que tu en as 4 au lieu de 3 :D
Ca ne veut pas dire que tout est toujours rose et se fait les doigts dans le nez. C'est juste un petit poussin de plus.
Elles sont trop belles tes petites pommes ! Comme ça sans transition car je ne l'avais encore jamais dis.

arabelle 28/04/2017 09:26

C'est bien vrai, tout ça, tout est plus simple avec le nombre et l'expérience : on est plus sage et philosophe, et on savoure plus intensément. Mais je n'aime pas l'idée d'étaler ses "facilités" qui peuvent blesser ceux qui ont plus de mal (attention, à montrer son côté "superwoman-qui-gère-et-qui-surmonte-tous-les problèmes-dans-la-bonne-humeur-jamais-défaillante-avec-une-famille-en-or", on se place un peu au-dessus des autres, c'est pas très agréable. Peut-être quelques articles sur les fragilités, les inquiétudes, les inconforts, les imperfections dans la famille et la fratrie ... complèteraient objectivement ce tableau idyllique ;) et feraient du bien aux gens qui galèrent un peu ?

Laetitia 28/04/2017 14:19

Je trouve cet article justement plein d'humilité, tout en délicatesse.
Cela fait du bien à lire.
"Les fragilités"? Je les ai senties tout au long de l'article notamment lorsqu'il est question de la plus grande.
C'est un article qui donne du courage, je trouve, qui redonne confiance en ses capacités de parents.

Pour cela merci à Milena.

Quatre Enfants 28/04/2017 07:30

Évidemment je valide tout, tellement vrai. La seule chose plus "difficile" pour moi avec plusieurs enfants qu'avec un seul, c'est de réussir à être à l'heure à l'école et au bureau chaque matin !