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Passer de zéro à un enfant, de 1 à 2, de 2 à 3... lequel est le plus dur ?

par La journaliste IT pink & green

Passer de zéro à un enfant, de 1 à 2, de 2 à 3... lequel est le plus dur ?

Je pense qu'il n'y a pas de réponse toute faite à cette question. Tout dépend du type de personne qu'on est, du type de couple sans enfant qu'on a été, du type de parents qu'on devient au fur et à mesure des enfants, et évidemment du type d'enfants et de bébé qu'on a. Beaucoup de paramètres, donc.

Pour moi, sans conteste, le changement le plus radical s'est déroulé à la naissance de ma fille aînée. L'arrivée de ce premier bébé a bouleversé énormément de choses dans ma vie. Déjà parce que j'ai eu une grossesse très compliquée et très risquée. Mais aussi parce que ma fille, née quatre semaines en avance, était très demandeuse. Peut-être, me dis-je avec le recul, que c'est aussi moi qui la rendait ainsi. J'étais très angoissée, cette grossesse passée avec la peur de la perdre, une main sans arrêt sur le ventre pour tenter de la sentir (elle bougeait très peu, la coquine), le soulagement et l'incrédulité de l'avoir enfin contre moi, et cette peur que tout s'arrête parce que c'est trop beau, une main posée cette fois sur son torse à elle pour guetter sa respiration. Oui j'ai sans doute dû lui transmettre mes angoisses et peut-être qu'à sa façon, elle tentait de me rassurer, en se réveillant si souvent. Qui sait... 

Les premiers mois ont été sacrément rudes pour les nerfs. Elle se réveillait si souvent, et le manque de sommeil ça peut rendre dingue, on est d'accord ? Je bénissais les moments de répit, quand son père la prenait quelques heures afin que je puisse grappiller quelques précieux cycles de sommeil, ou lorsque nous retournions dans le Nord le temps d'un weekend et surtout d'un dimanche matin passé à dormir, enfin dormir.

C'est le père de ma fille qui a eu l'idée saugrenue, tandis qu'elle dormait enfin un peu mieux, d'avoir un deuxième enfant. Tant qu'on est dans les couches et les cernes, hein, autant en profiter de notre semi rodage, me dit-il. Après tout, il n'avait pas tort.

Ma cadette a tout de même mis du temps à s'installer dans mon ventre, ma fille aînée avait deux ans et demi à sa naissance. Mais marquée par les incessants réveils nocturnes qui avaient rythmé les huit premiers mois de ma petite grande fille, je m'étais préparée à revivre la même chose. Lit en cododo, veilleuse à proximité, coussins pour se caler lors des tétées et surtout mental d'acier pour tenir encore quelques mois, tout était prêt. Sauf que ma deuxième fille n'était pas du tout comme sa soeur. La demoiselle a trouvé judicieux de faire ses nuits dès la naissance, et même de ne s'endormir que seule, dans son lit (je la dérangeais en cododo, le monde à l'envers). Evidemment ce fut d'abord la surprise et l'incrédulité qui nous animèrent. Mais au bout de quelques jours, il fallut se rendre à la joyeuse évidence : cette enfant déjouait nos pronostics les plus noirs et nous offrait des nuits complètes à peine sortie de mon utérus. La vie est étrange, n'est-ce pas ?

Toujours est-il que passer de un à deux enfants, ce fut EASY. D'autant plus que ma fille aînée, déjouant quant à elle les pronostics les plus funestes des proches, nous prédisant une crise de jalousie du tonnerre, accueillit sa petite soeur avec le plus grand naturel du monde. Elle était heureuse d'avoir un bébé à la maison, et à aucun moment elle n'a montré de signes de jalousie envers elle, même quand elle était dans mes bras ou qu'elle tétait.

Dans mon cas, l'histoire s'est ensuite répétée avec la même facilité : six ans après j'ai eu un fils, puis un deuxième trois ans et demi plus tard, et enfin des jumeaux, quand la petite Pastèque avait un peu plus de deux ans. Il n'y a jamais eu de jalousie ou d'animosité à l'arrivée d'un nouveau bébé. Et quant à moi, disons qu'au fur et à mesure des enfants, j'ai gagné en confiance en moi-même et en mes enfants. C'est une donnée importante, je pense. Il me semble avec le recul que je ne faisais pas suffisamment confiance à ma fille pour la poser, tout simplement. Je me disais (avant même qu'elle ne le fasse) "elle va pleurer. Je vais lui manquer. Elle va s'ennuyer. Elle va avoir besoin de moi à peine posée". Evidemment ça ne manquait pas, elle pleurait aussitôt posée, et je la reprenais immédiatement. Avec mes autres enfants, je n'ai déjà pas eu le choix : quand on en a deux ou plus, si on s'occupe du bain de la grande, on est bien obligée de poser le bébé quelques minutes. Et là je me suis aperçue que finalement la catastrophe cris, pleurs, besoin immédiat de maman ou de papa ne se produisait pas systématiquement. Et même rarement. J'ai appris, avec le temps, à poser ou à coucher mes enfants en ayant confiance en leur capacité à être quelques minutes sans moi, ou à s'endormir sans être collés à moi. Et ça marche. En tout cas chez moi ça fonctionne, je le vérifie chaque jour.

Quant à l'arrivée de jumeaux après quatre enfants, est-ce dur ? Oui bien-sûr, deux bébés demandent beaucoup de temps, de présence, d'investissement. Il faut revoir pas mal de logistique qu'on pensait pourtant bien installée, comme la poussette double, les tétées en duo, les bains à la chaîne, les stocks de vêtements à avoir et les piles de linge à laver qui sont décuplées. C'est logique. Mais après un rodage de quatre enfants, je dirais que c'est tout de même beaucoup plus facile. Mes bébés se sont coulés dans le rythme familial comme une rivière se coule dans un lit mille fois emprunté. Evidemment c'est prenant. Mais ça n'est pas l'horreur, loin de là.

Quand je repense à tout cela, je me dis que j'aurais pu m'arrêter après ma fille aînée, vaccinée par les mauvaises nuits. Je ne l'ai pas fait car, quand bien même c'était difficile, je n'avais pas du tout  envie d'avoir un enfant unique. Et maintenant je me dis que j'ai bien fait. Non seulement parce que l'histoire ne s'est pas répétée, mais aussi parce qu'aujourd'hui, à l'aube de ses 15 ans, ma fille est devenue une délicieuse ado, mâture, facile à vivre, studieuse et adorable grande soeur. Il eût été dommage de rater tout cela. Elle, elles, lui, eux, tous, chacun de mes six enfants.

 

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Minka 04/10/2017 20:11

J'adore te lire et ... je ne sais comment formuler ça sans paraître me rapetisser, mais j'aimerais me sentir les épaules d'une aussi grande famille que toi - ou "juste" de 4 enfants.
Chez nous passer d'un à deux enfants a été beaucoup plus facile que de de venir parents la première fois, mais je sens (nous sentons tous les deux) que nous sommes arrivés à notre maximum, au point d'équilibre familial. Comme toi je constate plus d'autonomie chez ma deuxième que chez ma première, sans doute parce que je n'ai pas réagi pareil au fait de leur accorder du temps non fusionnel (je crois avoir posé mon aînée sans qu'elle dorme ou doive être changée à 3 mois pour la première fois) . Pourtant, un enfant de plus, même s'il s'avérait être le plus tranquille du monde, nous n'en avons pas les épaules ...
C'est joli, du coup, de lire les récits de belles grandes familles heureuses. Nous resterons ce petit carré que j'adore aussi :)
Des bises

Lucile 30/09/2017 20:13

Dis donc ça valait le coût que je passe sur ton blog, arrivee de numero 2 prévue pour mars

GToch 29/09/2017 22:41

Ici je ne sais pas trop...
Je ne peux pas dire que c'était facile. Comme tu le dis un bébé demande du temps, de la présence, de l'organisation, des nuits blanches... Pourtant pour aucun des quatre je n'ai senti de "chamboulement" dans ma vie. Je les ai tellement voulu que je devais être plus que prête à leur arrivée ;) et comme je me pause très **peut-être trop** peu de question, tout s'est toujours très bien enchaîné.
Profite bien de chacun de tes six enfants, une belle famille !

mamine 29/09/2017 12:27

C'est très très intéressant de lire ton expérience de mère.
Pour moi, le plus difficile était de passer de 0 à 1. Difficile de renoncer au sommeil, aux soirées tranquilles, aux sorties ciné ou resto. Avec le 2e puis la 3e, j'étais prête à donner tout mon temps. J'adore m'occuper de mes 3 enfants même si certaines périodes sont un peu rudes.

Anaïs NA 29/09/2017 09:59

Moi je n'ai pas de réponse à cette question : en fait je ne me souviens pas!! Je n'arrive pas à me souvenir comment c'était avant, avant n°1, avant n°2, quand elle étaient bébé...je sais qu'on a passé des moments compliqués mais finalement on l'a fait, on s'en est sorti, et même avec bien je pense. Je n'arrive à garder que le meilleur (et tant mieux) et donc quand j'y repense pour moi il n'y a pas eu de difficultés ni sur le premier cap ni sur le deuxième!
La vie est bien faite, ça donnerai presque envie de recommencer (mais juste presque hein!!). Mais je suis tout à fait d'accord avec toi, on prend confiance avec les enfants, en nous et en eux, ça c'est une force!